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Rigetti Computing, la start-up qui veut percer dans l’informatique quantique

Rigetti Computing, la start-up qui veut percer dans l’informatique quantique

Une puce informatique quantique de Rigetti Computing composée de trois bits quantiques.

© Rigetti Computing

Basée en Californie, la start-up Rigetti Computing expérimente une architecture qui permettrait d'augmenter le nombre de qubits sur une puce. Pour accélérer ses recherches, la jeune pousse utilise un logiciel maison qui permet de réduire le nombre de prototypes nécessaires à la fabrication d'une version finale. Elle assure pouvoir mettre au point un processeur comprenant 40 qubits dès 2017 et compte, à terme, proposer un service d'informatique quantique dans le cloud. 

Google, IBM, Microsoft, le MIT, la NSA… Tous planchent sur l’informatique quantique. A côté de ces mastodontes, la start-up Rigetti Computing compte bien tirer son épingle du jeu. Fondée, il y a deux ans, par un ancien chercheur d’IBM, Chad Rigetti, la jeune pousse entend faire basculer l’informatique quantique dans le domaine marchand. Elle prétend être capable de mettre au point un premier prototype à l’horizon 2017.

Présentée cette semaine dans la MIT Technology Review, l’entreprise basée en Californie et initialement accompagnée par le Y Combinator assure que ses processeurs quantiques pourront résoudre des problèmes en physique et en chimie d’une très grande complexité. Chad Rigetti cite notamment le procédé chimique Haber Bosch, à très forte consommation énergétique, utilisé pour la fabrication de l’ammoniac dédié notamment à la production d’engrais.  

Une puce de 40 qubits en 2017

En informatique quantique, le principal défi consiste désormais à augmenter le nombre de qubits (bits quantiques) sur une puce pour les faire travailler en réseau. Contrairement aux bits classiques, les qubits peuvent avoir à la fois une valeur de « 0 » et de « 1 ». C’est cette particularité qui permet de booster la puissance de calcul par rapport à l’informatique traditionnelle. Toutefois, les qubits sont très sensibles à des perturbations comme la variation de la chaleur ou encore les champs magnétiques, ce qui génère des erreurs. Les plus courantes sont connues sous le nom de bit flip et de phase flip.

Rigetti Computing assure avoir trouvé une architecture suffisamment stable pour augmenter le nombre de qubits sur une puce. Mieux encore, cette conception pourrait être réalisée grâce aux techniques actuellement utilisées pour la fabrication de puces classiques. Pour l’heure, la start-up expérimente une puce composée de 3 qubits, fabriquée à partir de circuits en aluminium sur un wafer en silicium. L’objectif est d’obtenir une puce rassemblant 40 quibits dès l'année prochaine. La start-up compte relever ce défi grâce à l’utilisation d’un logiciel maison qui lui permet de réduire significativement le nombre de prototypes nécessaires à la réalisation de la version finale.   

Un service d'informatique quantique dans le cloud

La jeune pousse a d’ores et déjà imaginé un modèle économique qui consiste à proposer un service d’informatique quantique dans le cloud. Concrètement, les entreprises clientes paieraient la jeune pousse pour exécuter leurs algorithmes sur ses processeurs. Rigetti Computing planche également sur l’élaboration d’un logiciel pour permettre aux autres sociétés d’écrire plus facilement le code dédié à leur matériel quantique.

Malgré les ambitions de la start-up, il est encore difficile de savoir quand de tels processeurs pourront être utilisés à grande échelle tant les coûts de fabrication restent élevés. Sur ce point, Google a bien  une longueur d’avance grâce aux bénéfices XXL qu’il dégage via son modèle économique basé sur la publicité. L’été dernier, la firme de Mountain View a ouvert un nouveau laboratoire de recherche, piloté par John Martinis, en partenariat avec l’université de Santa Barbara, en Californie. Grâce à cette collaboration, Google entend développer une machine quantique générique.

5 millions de dollars et 15 collaborateurs pour challenger D-Wave... 

Pour l’heure, le géant de la Silicon Valley mène une série d’expérimentations sur l’ordinateur D-Wave 2X, mis au point par l’entreprise canadienne D-Wave, basée en Colombie-Britannique. La machine compte plus de 1000 qubits mais ses performances ont pendant longtemps été mises en doute par la communauté scientifique. Toutefois, Google a récemment publié une étude comparative dans laquelle il affirme qu’un calcul exécuté par cette machine aurait été effectué 100 millions de fois plus vite qu’avec un ordinateur traditionnel. Côté ressources, la start-up canadienne compte une centaine de collaborateurs et bénéficie d’un important soutien financier. Elle a levé 120 millions de dollars, notamment auprès de Jeff Bezos (le fondateur d’Amazon) et de la CIA.

Rigetti Computing, elle, ne regroupe qu’une quinzaine de collaborateurs et a levé 5 millions de dollars. La jeune entreprise assure toutefois que ses ressources limitées lui confèrent un environnement propice pour se concentrer sur l’essentiel et relever les challenges technologiques de l’informatique quantique. 

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