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Rhodia planche sur la récupération assistée de pétrole

Sonia Pignet

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Le groupe de chimie a débuté des travaux de recherche en microfluidique visant à optimiser l'extraction du pétrole.

C'est dans le tout nouveau Pôle innovation Pierre- Gilles de Gennes, inauguré en décembre 2007 et destiné à héberger des projets de recherche innovants, que Rhodia travaille sur la récupération assistée du pétrole. Actuellement l'extraction est réalisée en deux étapes : creuser pour faire jaillir le pétrole par différence de pression, puis injecter un fluide dans le puits pour faire remonter ce qui reste. Mais cette méthode ne permet pas de récupérer plus de 35 % du pétrole d'un réservoir.

« Une augmentation de 1 % de ce taux offrirait une quantité de pétrole équivalente à deux années de consommation mondiale », note Guillaume Degré, ingénieur de recherche chez Rhodia. Le groupe s'est donc lancé dans l'aventure. Piste explorée : ajouter des produits dans l'eau, polymères ou surfactants, pour améliorer respectivement la viscosité du fluide poussant le pétrole à travers les réseaux rocheux poreux ou la mobilité des gouttes de pétrole.

Deux axes : robotique et microfluidique

Ce premier "projet de rupture" du Pôle innovation bénéficie de la présence du Laboratoire du futur (UMR Rhodia, CNRS, université de Bordeaux-1) où sont développées des technologies améliorant la productivité des recherches en chimie. Deux axes y sont étudiés : la microfluidique et la robotisation dans les laboratoires. Grâce à la microfluidique, les chercheurs reproduisent sur des puces en plastique la porosité des roches abritant le pétrole. Dans un réseau de canaux d'environ 40 µm de diamètre gravé dans la puce et rempli d'huile pour mimer l'hydrocarbure, un chercheur y introduit la solution et observe son efficacité à extraire l'huile des canaux. « Cela permet de mieux comprendre les mécanismes de diffusion du pétrole dans les roches et de tester l'efficacité des formulations », explique Guillaume Degré.

L'approche robotique est, quant à elle, utilisée en amont pour réaliser les formulations "eau + surfactant" et étudier leur réaction au contact du pétrole. Le robot assure la formulation, ajoute l'huile ou le pétrole et prend une image de l'éventuelle microémulsion formée à l'interface des deux liquides. « L'appareil réalise 1 000 formulations par mois, alors qu'un expérimentateur à la paillasse n'en ferait que 10 », souligne Bertrand Pavageau, lui aussi ingénieur de recherche.

L'équipe espère débuter d'ici trois ans les essais en champ, pour une exploitation à l'horizon 2015.

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