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Rester au plus près des demandes du marché"

Propos recueillis par Stéphanie Cohen
- Spécialiste français des ingrédients alimentaires naturels, Diana-Ingrédients vient de réaliser un repositionnement important de ses activités, regroupées au sein de cinq filiales distinctes. Un challenge réussi notamment grâce à la R&D, moteur de ces innovations. Sur sa lancée, Diana, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 162 millions d'euros en 2003, souhaite consacrer à la R&D une place de plus en plus importante.

Industrie et Technologies : Avec cinq filiales aux compétences variées, comment la R&D s'organise globalement ?

Frédéric Lejard : Chaque filiale dispose de sa propre équipe de R&D destinée aux projets courts et aux mises au point axées sur les demandes des clients. La gestion des projets à plus long terme est confiée à une structure en holding, Diana Tech. Le rôle de ce laboratoire est de faire remonter les idées des filiales, de leur donner une dimension plus importante et globale et ainsi de mutualiser les risques. Ces projets sont le plus souvent menés par un doctorant d'un laboratoire académique et soutenus par l'Anvar ou la Région Bretagne. Tout au long du projet, les filiales impliquées s'approprient les résultats de ces recherches. Voilà pourquoi chaque projet se décline au final en un éventail d'outils et de solutions nouvelles pour nos unités.

I. T. : En 1999, Diana a ajouté les biotechnologies à sa palette de savoir-faire. Pour quelle raison ?

F. L. : À sa création, Diana valorisait des coproduits issus d'abattoirs de volailles. Aujourd'hui, l'évolution de notre métier nous amène à nous affranchir de certaines contraintes liées aux matières premières agricoles et animales. C'est pourquoi les bioprocédés sont devenus un axe majeur de notre stratégie de R&D. Nous avons monté un laboratoire de biotechnologies pour utiliser bioréacteurs, micro-organismes ou encore cultures de cellules.

I. T. : Avec la filiale SPF (Pet Food), un projet d'envergure basé sur des bioprocédés a été lancé. Où en est-il aujourd'hui ?

F. L. : Ce projet visait à remplacer un facteur d'appétence [NDLR. produit qui suscite l'appétit], issu purement d'abats, par des composés d'origines plus variées, aussi performants. Ce projet de cinq ans, qui s'achève cette année, a eu et va avoir de nombreuses retombées industrielles pour nos filiales. Tout d'abord, des méthodes analytiques pour évaluer l'appétence ont été développées. Celles-ci ont été corrélées à l'analyse sensorielle grâce au développement d'outils statistiques analysant le comportement de chiens et chats "goûteurs". Ensuite, les équipes de SPF ont réalisé un bioprocédé aujourd'hui en fonctionnement pour la fabrication de facteurs d'appétence. Enfin, ces mêmes équipes ont développé un procédé plus sophistiqué dans lequel le métabolisme particulier de certains micro-organismes est exploité. Nous étudions, avec une société spécialisée, une ligne de fabrication pilote pour évaluer les problèmes inhérents à ce procédé et développer notre propre savoir-faire.

I. T. : Loin des biotechnologies, vous souhaitez vous lancer dans l'intelligence artificielle pour améliorer votre production. Pourquoi cette orientation ?

F. L. : Nous souhaitons améliorer la conduite de certains procédés et essayer les technologies basées sur des réseaux de neurones pour réduire le développement de certains produits à quelques semaines au lieu d'un an et demi. Depuis le début de l'année, nous travaillons sur le développement d'un procédé pour la fabrication d'une nouvelle ligne de produits et pensons y associer un réseau de neurones pour analyser les corrélations reliant les paramètres d'entrée et de sortie du processus et ainsi modéliser le phénomène. Si cette application fait ses preuves, nous transférerons ce travail vers les autres filiales et développerons des outils de simulation pour chacune d'elles.

I. T. : En dehors de ces projets menés en interne, vous participez à des programmes européens inscrits notamment dans le cadre du 6e PCRD. Quels sont-ils ?

F. L. : L'équipe de Diana Végétal travaille depuis un an sur le projet Seahealth qui vise à développer de nouveaux antioxydants issus des algues. Leur savoir-faire dans le domaine de l'extraction aqueuse nous a amenés à participer à ce projet qui consolide notre implication dans le domaine de la santé. Par ailleurs, toujours dans le cadre du PCRD, un projet nommé Adohealth est en cours de dépôt. Il s'agit cette fois d'exploiter les propriétés de la phloridzine, un antioxydant caractéristique de la pomme dont nous avons breveté un extrait alimentaire l'année dernière et qui s'avère inhiber le transport du glucose dans les cellules. L'idée est d'exploiter cette substance dans la lutte contre l'obésité chez les adolescents. Le secteur de la santé génère de plus en plus de projets de ce genre.

I. T. : Quels sont les axes d'amélioration de votre stratégie R&D ?

F. L. : Nous voulons éviter que la R&D ne développe des projets sans lien avec le marché. Ainsi, une équipe spécialisée entretient un réseau de veille et d'information dans les domaines économiques et réglementaires. Par ailleurs, nous lançons cette année un programme pour accélérer le passage au stade commercial. L'idée est d'impliquer le plus tôt possible, dans les projets d'innovation, toutes les structures de l'entreprise concernée, du marketing au financier en passant par l'industriel, pour que des prototypes commerciaux soient testés précocement auprès des clients. Ceci est essentiel pour le succès des produits innovants.

LES CHIFFRES CLÉS

La R&D chez Diana-Ingrédients - 8 % de l'effectif total soit 70 personnes - 2,5 % du chiffre d'affaires - 10 brevets sur les cinq dernières années

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0857

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