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Reportage : poussez les portes de l'usine qui fabrique les moteurs électriques de la Renault Zoe

Jean-François Preveraud
Reportage : poussez les portes de l'usine qui fabrique les moteurs électriques de la Renault Zoe

Le Groupe Moto-Propulseur R240 qui équipe la Zoe

© JF Prevéraud

Dans la planète Renault, le site de Cléon (76) est synonyme de moteurs et de boites de vitesses. Et cela ne va pas changer avec l’arrivée de véhicules électriques. En effet, c’est cette usine qui a été choisie pour produire le groupe motopropulseur électrique R240, qui équipe entre autres la Zoe. Petite visite en images du site, où la ligne de production monte en cadence.

L’usine Renault de Cléon a été créée en 1958 dans un des méandres de la Seine, au sud de Rouen. L’objectif était alors de doter la ‘‘Régie’’ d’une usine de mécanique permettant de désengorger l’usine historique de Billancourt où il n’était plus possible de ‘‘pousser les murs’’. La production a tout d’abord concerné des boîtes de vitesses destinées aux 4 CV, Dauphine, Dauphinoise et Frégate.

Mais dès 1960, la construction d’un second bâtiment a permis de lancer la fabrication de la gamme de moteurs Sierra, plus connue sous le nom de ‘‘Cléon Fonte’’, un 4 cylindres en ligne à carter fonte et culasse aluminium qui sera fabriqué à plus de 27 millions d’exemplaires en de multiples déclinaisons jusqu’en 2004. Il débutera sa carrière avec la Floride et la R8 pour la finir avec la Twingo, en ayant au passage animé les Alpine A110, R4, R5, R12, R9/R11, R15, R18, R19, Clio 1, entre autres, ainsi que quelques utilitaires Estafette, Trafic 1, Express, et même des Dacia. Dotée d’une fonderie d’aluminium en 1964, l’usine de Cléon produira aussi des moteurs à carter en aluminium.

Aujourd’hui, l’usine Renault de Cléon fabrique toujours des boîtes de vitesses et des moteurs, tant essence que diesel, qui alimentent 39 sites clients dans le monde. Elle produit tous les ans 450 000 boites de vitesses et 600 000 moteurs pour le compte de l’Alliance Renault/Nissan, mais aussi pour Daimler/Mercedes et GM. Plus de 50 % de sa production est exportée. Plus de 3 800 salariés y travaillent.

Du Cléon Fonte au moteur électrique synchrone

Renault a décidé d’utiliser tout ce savoir-faire pour confier à l’usine de Cléon la fabrication de son groupe motopropulseur électrique R240 (GMPE), qui va dorénavant équiper la Zoe. C’est le premier moteur électrique de traction fabriqué par Renault, puisque le constructeur automobile se fournissait jusque-là chez un fabricant de moteurs électriques tiers.

« Pour mettre au point tous les nouveaux process de fabrication nécessités par la chaine de production de ces GMPE, nous avons bénéficié du savoir-faire de l’Alliance, notamment de ceux de l’usine de Yokohama qui produit le moteur électrique qui équipe la Nissan Leaf », explique Mendi Ammad, directeur de l’usine Renault de Cléon.

Ce projet a demandé les efforts d’industrialisation de 200 personnes à temps plein pendant près de deux ans, pour concevoir et mettre au point les 6 lignes d’assemblage, ce qui représente un investissement global de 50,4 M€. Si la fonderie sous pression et l’usinage des différents carters en aluminium, ainsi que l’usinage des pièces mécaniques en acier (axe, pignons…) utilisent les mêmes machines et chaînes de fabrication que les moteurs thermiques avec des outillages spécifiques, la partie bobinage électrique et l’assemblage proprement dit du GMPE a demandé la mise au point de chaînes totalement nouvelles.

La chaîne de production est prévue pour assembler 50 000 GMPE par an (200 unités/jour), mais il a été prévu de pouvoir la doubler très rapidement afin de faire face à l’essor espéré du véhicule électrique. Actuellement, la chaîne est en phase de montée en cadence (ramp-up), et produit entre 50 et 80 GMPE/jour.

Un puzzle de plus de 100 pièces

Le groupe motopropulseur électrique R240 (GMPE) est constitué de trois sous-ensembles : la machine électrique (le moteur) proprement dite, qui comporte un stator et un rotor tous deux bobinés, le réducteur mono-étage avec différentiel et l’ensemble électronique de contrôle du moteur et de la charge des batteries.

C’est bien évidemment la partie électrique, nouvelle pour Renault, qui a demandé le plus de mise au point, notamment pour insérer les bobinages dans le stator. Il faut en effet faire passer en trois opérations les 1 900 m de fil électrique isolé par un vernis, regroupés en 12 bobines, dans les 48 encoches du stator préalablement garnies d’un carton isolant. C’est le cœur du process. Autre point important : la réalisation des 4 bobinages du rotor. Mais là, enrouler les 400 m de fil électrique isolé est presque un jeu d’enfant ! Le reste est très proche d’une ligne d’assemblage classique.

Texte et photos : Jean-François Prevéraud

 

En route pour la visite en images.

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