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Rencontre avec Jacques Brissot : « Tirer plus de profit de l’analyse de surface »

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Jacques Brissot, fondateur et Pdg de Science et Surface, explique les bénéfices que peuvent tirer les industriels des analyses physico-chimiques des surfaces de matériaux.

Beaucoup de malfaçons industrielles trouvent leur origine dans un phénomène de surface : peintures qui se décollent ou cloquent, colles qui n’assurent pas leur fonction, traitement de surface insuffisant, corrosions etc.

Pour connaître précisément la raison d’une défaillance et apporter une vraie réponse pour remédier au phénomène il faut s’intéresser bien souvent à l’extrême surface c’est à dire les premières couches atomiques d’un solide ou d’un revêtement.

Là il s’agit de détecter quelles espèces (atomes et molécules) sont présentes, sous quelle forme, en quelle concentration si possible ; des renseignements qui intéressent tout autant la recherche-développement que la production et en cas de défaillance, l’expertise.

C’est ce que fait Science et Surface depuis 1985, émanation de l’Ecole Centrale de Lyon mais aujourd’hui société privée.

 Jacques Brissot son fondateur est catégorique : «Ce genre d’analyses, réalisées avec des méthodes comme l’Esca (Electron spectroscopy for chemical analysis), le Sims (secondary ion mass spectrometry), l’AES (Auger electron spectroscopy) le SDL (Spectrométrie à décharge luminescente) permet d’obtenir des renseignements uniques et la plupart du temps de résoudre le problème. Mais il faut pour cela disposer de machines performantes (0,8 à 1 M€) et de personnel de haut niveau : toutes nos analyses sont réalisées par des docteurs ingénieurs. »

A voir, sur le site internet de la société, la variété des cas résolus dans toutes sortes de domaines (métaux, semi-conducteurs, composites, peintures, verres…) on se dit qu’il faut effectivement avoir une ouverture d’esprit certaine pour comprendre le problème posé et se mettre dans les meilleures conditions pour le résoudre.

 «Nous disposons en interne d’un éventail de méthodes ce qui nous permet de choisir la mieux adaptée à un problème donné. Ce n’est pas le cas lorsqu’un industriel s’adresse à un laboratoire moins bien équipé voire à un laboratoire de recherche qui ne disposera que d’un moyen d’analyse.» Disposant d’un seul moyen d’étude, ils sont plus en position de vendre de l’heure machine que de réellement résoudre le problème posé.

Cela dit, «s’il nous arrive de ne pas disposer d’un moyen d’analyse, nous avons des accords de partenariat avec des laboratoires qui nous permettent d’accéder à leurs moyens, et dans certains cas de travailler directement dessus» précise Jacques brissot

Outre la qualité du résultat fourni, il insiste également sur la vitesse de rendu des résultats. L’industriel n’a pas de temps à perdre, d’autant moins qu’il n’est pas bon qu’un échantillon traîne avant analyse car il peut se dégrader. «Nous rendons deux tiers de nos résultats en moins de quatre jours, d’ailleurs nous sommes sous assurance qualité avec la certification ISO 9001 obtenue fin 2003.»

Le coût d’une analyse est relativement élevé (à moins de 500 € rien à attendre) mais d’une part il se justifie par le niveau de l’équipement et la qualification du personnel et d’autre part son prix unitaire baisse en cas d’analyses en série (les réglages sont trouvés).

De plus il faut prévoir le renouvellement du matériel à peu près tous les quatre à cinq ans et payer le personnel. De tels soucis d’investissements avec amortissement ne sont pas dans les préoccupations des laboratoires d’université ou d’école ce qui fait dire à J. Brissot que leur concurrence à prix bien souvent cassés n’est pas très loyale. L’important est que le rôle de chacun soit bien clair, il n’est pas question de se faire la guerre.

Au niveau européen, Jacques Brissot constate que dans les principaux pays (Allemagne, Grande Bretagne) il retrouve des sociétés comparables à la sienne (entre cinq et dix personnes), mais pas toujours sur les mêmes créneaux, parfois avec des méthodes complémentaires. Ce qui prouve les besoins d’analyse, mais aussi la relative modestie du marché.

Pourtant la maturité de ces méthodes lui fait dire qu’elles pourraient être utilisées de manière plus importante plus systématique et pourquoi pas sur une base européenne, ce qui simplifierait la démarche des entreprises.

Christian Guyard

Site de l’entreprise
- www.science-et-surface.fr

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