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RENCONTRE AVEC GÉRARD BILLARD

Propos recueillis par Mirel Scherer

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Fondé en 1987 à Mâcon (Saône-et-Loire), Sescoi s'est imposé sur le marché avec des solutions logicielles pour la CFAO, un ERP métier et un outil de gestion de projets. Gérard Billard, concepteur de son produit phare - le logiciel WorkNC - et responsable recherches et innovations CFAO, retrace l'évolution de la FAO. Et dessine les voies de son développement futur, insistant notamment sur les besoins d'automatisation de l'usinage 5 axes.

Industrie et Technologies : Le logiciel WorkNC aura 20 ans en 2008, racontez-nous vos débuts.

Gérard Billard : Quand j'ai commencé mon activité CFAO [conception - fabrication assistées par ordinateur] au milieu des années 1980, l'usinage des pièces complexes était très difficile. Les solutions existantes n'étaient pas simples à utiliser, la préparation était très longue, l'automatisation et la fiabilité inexistantes. Les moulistes et autres fabricants d'outillages cherchaient une solution pour programmer plus vite et sans risque. C'est à ce moment-là qu'a germé l'idée d'un nouveau type de logiciel de FAO qui pourrait automatiser ces opérations. L'acte de naissance de WorkNC était signé et en 1987, Bruno Marko (PDG de l'entreprise) et moi avons posé les fondements de Sescoi, qui a très vite pris son envol.

I & T : Quelles sont les grandes étapes technologiques qu'a traversées la FAO pendant ces vingt ans ?

G. B. : Au début, il fallait calculer les parcours d'usinage rapidement, avec un temps de préparation considérablement réduit et en toute fiabilité afin d'usiner directement dans un matériau dur. Sans passer par des étapes de validation sur maquette et sur des modèles CAO de plus en plus complexes. Ensuite, le développement a été axé sur l'amélioration des temps d'usinage avec le développement de parcours d'ébauche, de reprise, d'outils de forme, l'adaptation des trajectoires à la technologie UGV (usinage à grande vitesse) et aux machines de grande précision. Le monde Unix/Dos disparaissait pour laisser place aux interfaces Windows.

Savoir gérer le brut pour gagner du temps sur la machine et élargir l'usinage aux pièces de fonderie ont été également des moments importants. Les systèmes de FAO sont devenus plus simples à utiliser ce qui a transféré des compétences du bureau d'études aux méthodes voire même à l'atelier. Cette évolution a entraîné une demande d'outils de CAO orientés méthodes pour la préparation des outillages ainsi que la création de gammes d'usinage afin de capitaliser le savoir-faire utilisateur. Des ordinateurs puissants ont aussi permis une gestion dynamique de la matière à usiner. Cela a ouvert la voie à l'utilisation des outils très courts, réduisant sensiblement les temps de fabrication.

I & T : Comment l'usinage 5 axes évolue-t-il ?

G. B. : Apparus depuis quelques années, les besoins en parcours 5 axes continus et positionnés ont entraîné le développement d'outils de simulation, de contrôle de collision, de gestion de porte-outils, de postprocesseurs performants. Des outils indispensables pour un usinage 5 axes fiable. Mais attention, il faut le considérer comme un projet à long terme. Nous avons commencé les développements en 2001, l'objectif étant, avant tout, de fournir un produit à notre image, à savoir « simple, rapide et fiable ». En effet, il était indispensable de proposer une suite complète d'outils garantissant à l'utilisateur un parcours sans risque : simulation de la machine, éditeur de parcours et postprocesseurs. Après la mise en place de ces premières briques indispensables, nous avons évolué vers un système encore plus automatique et innovant. WorkNC Auto 5 permet ainsi la conversion des parcours 3 axes en parcours 5 axes. L'un des intérêts principaux de cette approche étant de pouvoir limiter la longueur des outils de coupe utilisés et de rendre l'usinage 5 axes accessible à tous les utilisateurs.

Et ce n'est pas fini, car les besoins d'automatisation de l'usinage 5 axes restent toujours très importants. Par ailleurs, le faible pourcentage des entreprises équipées de machines 5 axes offre aux fournisseurs de solutions un champ d'investissement intéressant.

I & T : Quels sont les besoins des usineurs ?

G. B. : L'effort R&D des éditeurs s'oriente tout naturellement vers des solutions capables de réduire les temps de programmation, tout en améliorant la qualité des usinages. Notre dernier-né, la version G3 de WorkNC, illustre cette tendance avec une nouvelle interface utilisateur qui intègre la préparation, le calcul, la simulation et toute notre technologie. Cette interface va permettre aux utilisateurs d'améliorer leur productivité et la qualité d'usinage. Associée au noyau hybride du logiciel, elle facilite la communication avec tous les systèmes CAO du marché et permet de récupérer des technologies de conception pour la fabrication. Une évolution qui ouvre de nouveaux marchés d'application comme l'aéronautique et la mécanique générale.

I & T : Quelles sont les futures voies de développement de la FAO ?

G. B. : Le développement en FAO a un grand avenir devant lui. L'évolution des technologies (CAO, machines, outils, matières) oblige à une remise en question permanente des processus de fabrication. Rien n'est acquis et l'évolution impose aux équipes de développement de faire avancer en permanence leur recherche vers de nouvelles stratégies et algorithmes de calcul. L'objectif : améliorer des éléments aussi différents que la tolérance, les temps, la gestion du savoir-faire, la masse d'informations à gérer... La FAO est aussi un domaine spécifique où la relation développeur-utilisateur nécessite proximité et réactivité. Assurer la fiabilité parfaite du logiciel reste enfin un défi permanent...

Réduire les temps de programmation

LES CHIFFRES CLÉS

La R&D CFAO chez Sescoi - 2,5 millions d'euros investis en 2006 (soit 12,5 % des 20 millions d'euros de chiffre d'affaires que réalise la société) - 41 personnes (sur un total de 200 salariés à travers le monde) - 4 plates-formes de développement R&D (deux en France, une en Allemagne, une au Japon)

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