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Rencontre avec Carlo Fichera, pdg de Siveco Group

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Siveco est éditeur du progiciel de gestion des actifs et de la maintenance Coswin. Son pdg a la dent dure pour les gros ERP centralisés…

I&T : Comment analysez vous la situation économique et industrielle en France et celle du domaine de la maintenance ?

Carlo Fichera : La situation de l’année 2004 a été mitigée car les industriels ont continué à différer en partie leurs investissements productifs et à améliorer leurs trésoreries. Le fait que les entreprises ont payé plus d’impôt à l’Etat en 2004 le démontre.

Cette logique purement financière ne peut pas, pour des raisons de compétitivité,  être poursuivie indéfiniment. Les entreprises ont pour mission de créer de la valeur et pour assurer cet objectif dans le temps les investissements sont essentiels. Je crois donc à une reprise en 2005.

I&T : Les directions générales ont un mot à dire dans ce domaine…

CF : Effectivement, je crois que les directions générales se retournent actuellement de plus en plus vers le métier de leur entreprise ce qui est une bonne chose. Cette implication, nous permet plus facilement de construire des projets avec des objectifs clairs, partagés par tous.

I&T : Comment percevez vous les projets informatiques dans les entreprises industrielles ?

CF : Si on fait une analyse de projets de gestion dans les entreprises on s’aperçoit très vite qu’ils sont devenus de plus en plus complexes. Même les PME  sont atteintes.

Les grands projets ERP multisites ont le grand défaut d’avoir une vision monolithique d’un Groupe et de vouloir imposer un même schéma de fonctionnement à des réalités différentes.

Le tout ERP a prouvé ses limites, ses lacunes et même ses aberrations. Il faut sûrement  centraliser et standardiser les fonctions qui doivent l’être par leur nature : finance, comptabilité.., et en parallèle utiliser des solutions  adaptées aux métiers et dont les utilisateurs en ont la maîtrise fonctionnelle et la responsabilité de mise en place en coordination avec leurs services informatiques. C’est le meilleur moyen de s’assurer d’un réel retour sur investissement.

Combien de filiales de multinationales ont vu un jour débarquer une armée de consultants envoyée du siège, mais évidemment à leur charge, pour mettre en place  des systèmes non adaptés à leurs taille ou à leur situation spécifique ?

 Comment faire évoluer dans le temps un système ERP qui couvrirait toutes les fonctions de l’entreprise, sans en bloquer, par la force des choses son fonctionnement le jour d’une mise à jour majeure ?

Dans un monde qui va de plus en plus vite, je crois profondément aux organisations légères,  flexibles et évolutives.

I&T : On présente la maintenance préventive comme une source d’économies importantes. Et pourtant elle n’est pas si prisée que cela dans les entreprises. Pourquoi ?

CF : Je crois qu’il reste un effort pédagogique important à faire dans ce domaine. Regardez notre accord avec Idtect qui fournit un moyen exceptionnel pour détecter les pannes avant qu’elles se produisent. Relié avec notre progiciel de GMAO Coswin, ce système est une arme très efficace pour dépenser juste ce qu’il faut dans les opérations de maintenance et éviter les pertes de disponibilité des moyens de production.

Malgré ces atouts et le fait que la technologie est très bien perçue, le succès commercial tarde à être au rendez vous. Mais combien d’entreprises savent réellement combien leur coûte un arrêt de production ? Sans cela, comment calculer un retour sur investissement ?

I&T : On parle beaucoup de délocalisations. Comment analysez vous ce phénomène ?

CF : Il y a 15 ans Siveco produisait ces logiciels en Inde, il y a dix ans nous les produisions en Roumanie et depuis 5 ans nous développons tout depuis la France. Les délocalisations ne sont pas inéluctables et nous avons même eu la stratégie inverse. Malgré tout c’est une réalité à laquelle il faut faire face.

Ce qui est préoccupant c’est ce qui se passe en Chine. Je pense que nous sommes encore dans cette première phase où les industriels occidentaux s’implantent dans ce pays pour y produire et ensuite vendre localement et exporter. Demain, contrairement à ce qui s’est produit par le passé dans d’autres continents, comme l’Afrique, ce seront les entreprises chinoises, à capitaux chinois, qui après avoir absorbé nos savoir-faire, vont exporter dans le monde entier.

Aucun secteur ne sera pas épargné et demain c’est déjà aujourd’hui : une société chinoise a fait une offre d’achat de la division PC d’IBM. On peut se dire que l’avenir n’est pas très rose pour les industries occidentales…

Propos recueillis par Mirel Scherer


 

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