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Relier l'innovation et le développement

Propos recueillis par Michel Le Toullec Photo : Cédric Martini
- Le groupe pharmaceutique Ipsen est spécialisé dans le développement de molécules d'origine naturelle ciblées sur l'oncologie, l'endocrinologie et les désordres neuromusculaires. Son pôle R & D s'articule autour de plates-formes internationales et son site des Ulis, en France, est le centre d'excellence du groupe pour assurer la transition entre innovation et développement. Vice-président exécutif découverte et innovation d'Ipsen, Jacques-Pierre Moreau met l'accent sur les partenariats en cours.

Industrie et Technologies : Quels sont les principaux axes de la stratégie R & D d'Ipsen ?

Jacques-Pierre Moreau : Nos programmes de R & D reposent sur quatre plates-formes technologiques, dont trois portent sur la conception de molécules. Nos chercheurs de Boston (États-Unis) développent l'ingénierie des peptides et travaillent sur la modification, par synthèse, de dérivés d'hormones neuropeptidiques d'origine naturelle. Ce centre s'intéresse aussi à l'ingénierie des protéines dont les propriétés sont améliorées par la modification sélective des séquences. La troisième famille de molécules, les stéroïdes, est étudiée en Grande-Bretagne depuis l'acquisition de la société Sterix.

Toutes ces molécules d'origine naturelle, la spécialité historique d'Ipsen, sont très puissantes. Notre quatrième plate-forme technologique a pour mission de développer des formulations à libération contrôlée qui vont optimiser l'efficacité des principes actifs et améliorer la qualité de vie des patients. Ces recherches sont conduites dans notre centre de Barcelone (Espagne).

Par ailleurs, Ipsen a positionné son site de R & D des Ulis (Essonne) comme centre d'excellence du groupe en recherche translationnelle pour assurer l'interface entre son activité d'innovation et le développement préalable à la mise sur le marché de nouvelles molécules.

I & T : Que recouvre le partenariat stratégique conclu en début d'année avec le Salk Institute, en Californie ?

J-P.M. : Cet accord doit nous permettre d'avoir accès à des cibles thérapeutiques, une activité qu'Ipsen n'a pas les moyens de réaliser en interne. L'objectif de ce partenariat est d'accroître nos connaissances sur les maladies prolifératives et dégénératives. Par exemple, un projet porte sur le traitement de tumeurs de l'hypophyse. À un niveau plus fondamental, nous allons étudier ensemble le rôle de l'inflammation chronique dans les pathologies malignes comme les cancers.

I & T : À propos d'oncologie, quels sont les programmes de R & D le plus avancés et les partenariats en cours ?

J-P.M. : Nous développons en particulier des approches nouvelles pour le traitement de tumeurs hormonodépendantes. Parmi nos molécules en développement le plus innovantes, le STX 64 est un inhibiteur sélectif de l'enzyme sulfatase qui intervient dans une étape clé de la biosynthèse des oestrogènes, facteur contribuant au cancer du sein. Une première étude clinique de phase I a été réalisée.

En ce qui concerne les partenariats, il est clair que notre capacité de découverte est beaucoup plus grande que notre capacité de développement en oncologie. D'où notre politique volontariste en la matière.

Ainsi, nous collaborons avec l'équipe de l'Inserm qui a développé un antagoniste du récepteur de la prolactine, une hormone impliquée dans les cancers du sein et de la prostate. Par ailleurs, nous avons acquis de la société américaine GTx une licence exclusive sur la molécule Acapodene. Nous travaillons sur deux nouvelles indications : d'une part le traitement des effets secondaires (tel le développement d'une ostéoporose) qui peuvent apparaître lors du traitement du cancer de la prostate par une hormonothérapie et, d'autre part la prévention de ce même cancer.

I & T : Où en sont vos partenariats en endocrinologie ?

J-P.M. : Fin 2007, nous avons étendu à ce domaine notre accord de collaboration avec le centre de recherche hollandais Erasmus MC. Cette opération nous apporte un socle médical pour nos travaux sur le traitement de troubles endocriniens, tels le diabète et l'obésité. Par ailleurs, Ipsen a depuis 2006 un accord avec Roche (Suisse) qui développe l'une de nos molécules contre le diabète de type 2. Utilisant notre technologie de libération contrôlée, ce traitement par voie sous-cutanée permettrait une diffusion du produit sur une période d'un jour ou d'une ou deux semaines.

Autre exemple : depuis 2004, nous collaborons avec Genentech (États-Unis) sur des formulations à libération prolongée d'hormones de croissance recombinantes.

I & T : Quels sont vos autres thèmes actuels de R & D ?

J-P.M. : Dans le domaine des maladies neurodégénératives, Ipsen a conçu des familles de molécules pour protéger les mitochondries. Les National Institutes of Health sont promoteurs d'essais cliniques sur la molécule EGb 761, pour la prévention de la maladie d'Alzheimer notamment. En France, nous menons avec cette molécule l'étude GuidAge, un essai clinique incluant 2 800 patients. Nous sommes par ailleurs partenaires du CEA pour évaluer l'efficacité de traitements de la maladie de Parkinson. Ce projet s'appuie sur les compétences de la plate-forme Neurospin du CEA en imagerie fonctionnelle in vivo.

I & T : Et vos derniers accords sur le développement de tests ?

J-P.M. : Nous avons conclu deux accords fin 2007 dans le domaine du diagnostic. L'un porte sur le développement par bioMérieux d'un test compagnon pour notre molécule STX 64 en cours d'évaluation pour le traitement du cancer du sein. L'autre lie Ipsen à Celera (États-Unis) sur le développement de biomarqueurs et de tests pharmacogénomiques chez les patients présentant un retard de croissance.

LES CHIFFRES CLÉSLa R & D chez Ipsen

- 700 collaborateurs dans le monde - 178,3 millions d'euros de budget en 2006 (20,7 % du chiffre d'affaires consolidé) - 4 centres de R & D : Les Ulis (France), Boston (États-Unis), Londres (Grande-Bretagne), Barcelone (Espagne). - 9 nouvelles molécules en développement clinique - Un portefeuille de 2 702 brevets

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