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Région Centre : Interlab, "champion caché" de la R&D

Paul Wagner
Cette entreprise familiale implantée dans le Cantal détient 20 % du marché mondial des instruments de préparation pour l'analyse microbiologique.

Laitage aux salmonelles, poulet à la dioxine, thym radioactif après Tchernobyl, vache folle..., les risques alimentaires se sont multipliés ces dernières années, même s'il ne faut pas céder à la psychose. Pour maîtriser ces risques, les laboratoires agroalimentaires et les instituts de santé multiplient les contrôles bactériens et les analyses microbiologiques ou chimiques. Des opérations qui nécessitent d'abord la préparation d'un échantillon.

C'est justement là qu'Interlab, une PME du Cantal située à 35 kilomètres d'Aurillac, entre en jeu. Cette petite société, créée il y a dix ans par François Jalenques, s'est spécialisée dans l'instrumentation scientifique associée à la préparation d'échantillons à base solide. Un morceau de fruit, de poisson, de viande, de fromage, de charcuterie, etc., doit être préalablement dissous dans une solution pour que l'on puisse l'analyser dans un spectromètre, par exemple. Une dilution effectuée dans des proportions rigoureuses. C'est ce que réalise le malaxeur à pales Bagmixer, le produit phare de l'entreprise. Dans cet appareil, un sachet-filtre stérile, fabriqué à partir d'un film complexe renforcé, reçoit un morceau d'échantillon de poids précis (déterminé par pesée électronique) et une quantité de solvant adaptée. L'échantillon est écrasé et homogénéisé dans le sachet grâce aux mouvements alternés des pales. La filtration est automatique et le filtrat obtenu est exempt de débris bien que l'opération s'effectue sans rétention bactérienne.

Huit brevets à son actif

Cet automate de laboratoire a été suivi de plusieurs autres appareils, grâce à quoi Interlab, qui emploie aujourd'hui quarante salariés, a triplé son chiffre d'affaires sur les cinq derniers exercices pour atteindre 7 millions d'euros en 2003. Ce faisant, la PME a conquis le leadership mondial sur son créneau en contrôlant environ 20 % du marché. Elle est la première en Europe (avec 30 % de parts de marché) et, bien entendu, en France.

Cette stratégie de conquête s'appuie sur un effort de recherche et développement important puisqu'il représente 16 % du chiffre d'affaires. La recherche est en fait le credo de l'entreprise. Le bureau d'études compte à lui seul douze personnes, dont cinq ingénieurs rompus aux techniques de la biologie, de la chimie et de l'informatique. Il a déjà huit brevets à son actif . En plus du malaxeur, il a développé un dilueur gravimétrique (le Gravimat), un ensemenceur (le Spiral) qui va jusqu'à effectuer le dénombrement bactérien dans les boîtes de Petri, et une batterie d'outils associés : thermosoudeuse de sachets, ligne de sachets-filtres stériles, pipettes, etc. « Créer des produits utiles et de qualité est plus important que réaliser un profit, quoique celui-ci soit indispensable si l'on veut réinvestir dans le développement », aime à répéter François Jalenques. Pour ce gérant qui n'en est pas à sa première création d'entreprise, l'esprit d'équipe et l'insertion de l'entreprise dans son contexte social jouent un rôle essentiel. Architecture adaptée, environnement de travail agréable et emplois à temps partiel, tout cela compte beaucoup à ses yeux.

L'usine d'Interlab orientée haute technologie est propre au sens du développement durable. Elle a été installée non sans mal - aussi étonnant que cela puisse paraître - en plein Cantal, à Mourjou. Accueil méfiant, embûches administratives, François Jalenques a dû batailler pour s'installer dans ce désert industriel. Pas d'autre usine à 30 kilomètres à la ronde ! Et il a fallu attirer ici une douzaine d'ingénieurs.

Mais, aujourd'hui, cette entreprise très dynamique se développe et embauche. Il est vrai qu'elle exporte dans le monde entier. 66 % des produits sont vendus dans environ 70 pays : Japon, États- Unis, Australie, Brésil, Afrique du Sud...

L'ESSENTIELQui sont les "champions cachés"

Notre confrère "L'Usine Nouvelle" débusque, région par région, les "champions cachés". Des entreprises qui excellent dans leur domaine, sont souvent des leaders européens, voire mondiaux, mais que leur taille ou leur spécialisation tient à l'écart de la notoriété. "Industrie et Technologies" s'est associé à l'opération et, technologie oblige, a choisi de mettre en évidence, parmi ces entreprises, les "champions cachés de la R&D", autrement dit celles qui consentent un effort particulier de recherche et s'adonnent sans frein à l'innovation.

Et aussi... Pour la Région Centre, trois autres entreprises ont retenu l'attention de la rédaction. Les nominés sont :

Staer Spécialité Systèmes à démêler et à distribuer les ressorts - Part de marché : 20 % dans le monde (1er), 50 % en Europe, 80 % en France - Chiffre d'affaires 2002 : 703 000 euros - Effectif : 9 personnes - Pourcentage du chiffre d'affaires en R&D : 12 % Ullit Spécialité Réservoirs à gaz naturel en composite pour les véhicules - Part de marché : 30 % en Europe (2e), 80 % en France - Chiffre d'affaires 2002 : 5,5 millions d'euros - Effectif : 22 personnes - Pourcentage du chiffre d'affaires en R&D : 8 % Cerlase Spécialité Machines spéciales de frittage laser - Part de marché : 1er dans le monde, en Europe et en France - Chiffre d'affaires 2003 : 910 000 euros - Effectif : 10 personnes - Pourcentage du chiffre d'affaires en R&D : 25 %

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