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Radiall et le CEA-Leti s'allient pour développer les futures antennes 5G

La Rédaction d'Industrie et Technologies
Radiall et le CEA-Leti s'allient pour développer les futures antennes 5G

© ©utopikphoto/CEA-Leti

Le fabricant mondial de solutions d’interconnexions Radiall a annoncé, le 27 juin, la création d’un laboratoire commun avec le CEA Leti. Ce partenariat vise à concevoir une nouvelle génération d’antennes et de composants destinés aux futurs réseaux 5G.

 

Concevoir des antennes radiofréquence (RF) répondant aux besoins des réseaux 5G : tel est l’objectif affiché par le groupe isérois Radiall, qui vient d’annoncer, à l’occasion de l’événement dédié à l’innovation Leti Days, la mise en place d’un laboratoire commun avec le CEA Leti à Grenoble. Pour le fournisseur mondial de solutions d’interconnexions, le développement du marché de la 5G apporte de nouveaux défis techniques qu’il faut désormais relever.

Anticiper une densification du réseau

En effet, selon Luc Kaes, vice-président de la gestion des produits chez Radiall, l’essor des systèmes 5G à infrastructure ultra-dense nécessiteront d’héberger un trafic toujours plus important de données mobiles à grande vitesse. En outre, le développement de l’Internet des objets (IoT) et l’accroissement du flux de données qui en découle, susciteront une demande pour des systèmes RF plus robustes, plus fiables mais également plus économiques. « Pour que la 5G fonctionne bien, l’un des enjeux sera de densifier les réseaux. Pour les données puissent transiter il faudra multiplier les points de connexion. Tout l’enjeu sera d’apporter des solutions technologiques à coûts compétitifs, pour permettre aux opérateurs de réaliser les investissements nécessaires », résume Luc Kaes.

A mesure que les infrastructures 5G sont appelées à se déployer au cours des 5 à 7 prochaines années, à la suite de l’attribution des fréquences menée par le gouvernement, Sébastien Dauvé, directeur de la division Systèmes au CEA Leti, estime que les antennes joueront un rôle plus important qu’aujourd’hui : « Nous assisterons à un phénomène de saturation des réseaux existants.  Pour multiplier les points de connexion sur le réseau, des développements technologiques seront nécessaires sur les antennes ».

Accélérer la mise sur le marché

Pour répondre à ces défis, le nouveau laboratoire commun entre le CEA Leti et Radiall mobilisera des chercheurs spécialisés et que des moyens d’essais sur une durée de cinq ans pour développer des antennes à ondes millimétriques basses pour le marché des télécoms. « L’objectif est de réaliser des démonstrateurs à des niveaux de maturité élevés, correspondant à un niveau 6 sur l’échelle TRL (Technology Readiness Level) de maturité d’une technologie. Le reste de la réalisation se fera ensuite en interne, chez Radiall », explique Sébastien Dauvé. De cette manière, le fabricant prévoit des mises sur le marché de nouveaux produits  « d’ici 18 à 36 mois ».

Sur les moyens mis en œuvre, si aucun budget n’a été communiqué, les deux parties dédieront des employés permanents au laboratoire et mobilisera, en fonction des périodes, des équipes supplémentaires en provenance d’autres départements. Ainsi côté Radiall, c’est une dizaine de personnes du groupe qui seront rattachées à l’entité dès son démarrage. Un nombre conséquent qui montre l’implication de l’industriel. « Radiall investit chaque année plus de 8% de son chiffre d’affaires en R&D », glisse Luc Kaes,

Des compétences issues de la recherche fondamentale

Le CEA Leti possède, pour sa part, des compétences spécialisées dans des domaines tels que le magnétisme, l’électronique, ou encore le design d’antennes complexes. Ce sont donc l’ensemble de ces ressources, adossées à des moyens de recherche, tels que des chambres anéchoïques (ces salles de tests dont les parois absorbent les ondes sonores ou électromagnétiques), qui seront mises à disposition de Radiall en vue tester de nouveaux composants. «Un partenariat de ce type est un accélérateur technologique indispensable pour rester accroché sur ce marché. Sans oublier qu’une fois que le partenariat sera mis en place, nous serons en mesure de proposer d’autres collaborations de manière plus souple », atteste pour sa part Luc Kaes. D’autres thématiques de R&D seraient d’ores et déjà envisagées, dont un projet visant à développer de nouveaux types de technologies « comme les filtres RF ou des composants photoniques afin de les raccorder les réseaux 5G entre eux ».

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Radiall collabore avec le CEA Leti : le groupe isérois avait notamment planché sur le développement de nouveaux réseaux d'émissions, qui avaient permis la création d’une bande V (57-66 GHz) à gain élevé (32 dBi), qu’il avait ensuite pu ajouter à son catalogue de produits.

Marie Lyan

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