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Quand nos semelles produiront de l’électricité

Hugo Leroux
Quand nos semelles produiront de l’électricité

La société Instep nanoPower utilise une technologie innovante de semelles "électriques"

© DR

Des chercheurs de l’Université du Wisconsin ont réussi à convertir le mouvement de gouttelettes métalliques sur une surface spéciale en électricité. Ils disent avoir atteint une productivité comparable à celle de panneaux photovoltaïque (100 W/m²). Un procédé inédit qui pourrait aboutir … à des semelles génératrices de courant.
L’énergie mécanique que vous dissipez lorsque vous marchez pourrait suffire à alimenter votre téléphone portable. Mais comment la récupérer ? Depuis des années, les chercheurs s’y évertuent. Les matériaux piézoélectriques ont bonne presse. Seulement, les rendements de tels systèmes sont encore trop maigres pour engendrer des applications viables.
 
Tom Krupenkin et Ashley Taylor, ingénieurs de l’Université du Wisconsin, viennent de présenter dans la revue Nature une autre piste : ''l’électro-mouillage inverse'' (reverse electrowetting). Fort de leur technologie, ils ont déjà fondé une start-up, InStep NanoPower, pour développer des semelles électriques.
 
Une semelle de 10 watts
 
              
                               Des microgoutelettes métalliques sont mises en mouvement 
                                    sur une surface diélectrique pour produire l'électricité

 
Les liquides conducteurs sont repoussés par les surfaces diélectriques. Par application d’un courant électrique entre la surface et le liquide, on favorise le mouvement d’étalement du liquide. C’est l’électro-mouillage. L’ingéniosité des chercheurs a consisté à renverser ce principe : récupérer l’électricité générée à partir du mouvement de goutelettes de liquide conducteur sur une surface diélectrique. Lorsque le dispositif est intégré à une semelle, le mouvement des goutelettes est entretenu par la marche à pied.Ces gouttelettes sont fabriquées en Gallistan. Cet alliage présente les propriétés du mercure, particulièrement adapté à l’électro-mouillage, la toxicité en moins. Au final, sur la surface d’une semelle, les chercheurs affirment produire entre 1 et 10 Watts. Inespéré : à surface égale, les performances du piézoélectrique se chiffrent en milliwatts. 
 
Relais radio
 
A présent, Tom Krupenkin et Ashley Taylor travaillent sur un second prototype. Cette fois, ils comptent l’embarquer dans une véritable semelle. Mais au fait, quel est l’intérêt d’une semelle génératrice d’électricité ? Principale piste évoquée par les chercheurs : transformer nos semelles en relais radios longue distance. Voilà qui permettrait de soulager nos téléphones portables de leur fonction la plus énergivore : la communication radio. Fantaisiste ou pas, cette première application n’est pas pour demain. De l’aveu des chercheurs, un produit commercial n’est pas à attendre avant plusieurs années.
 
Hugo Leroux

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