Nous suivre Industrie Techno

Vidéo

Quand le design rencontre la science, l’innovation n’est pas loin

Jean-François Preveraud
Quand le design rencontre la science, l’innovation n’est pas loin

No-Contact, les accessoires de sport de Marion Gros qui suivent notre corps sans le toucher.

© ENSCI-SupraDesign

L’école de design ENSCI et le CNRS ont imaginé de faire plancher des élèves-designers sur l’utilisation de la supraconductivité. Ceux-ci ont ainsi pu se libérer l’esprit des contraintes de la physique traditionnelle et proposer des projets innovants.

Agréable soirée rafraichissante que celle passée lundi soir à l’Espace Pierre-Gilles de Gennes lors de l’inauguration de l’exposition SupraDesign. Rafraichissante à tous les points de vue puisque l’on y parlait de visions novatrices de designers sur le phénomène de la supraconductivité.

Celui-ci a été découvert par hasard il y 100 ans par le physicien néerlandais Kamerlingh Onnes qui, travaillant sur la conductivité des métaux à très basse température, a vu la résistance électrique du mercure disparaitre en dessous de -268,95°C. Mais il faudra attendre 1933 et les travaux des allemands Walther Meissner et Robert Oschsenfeld pour découvrir une autre propriété fondamentale des supraconducteurs : ils excluent hors de leurs frontières un champ magnétique que l’on voudrait leur imposer de l’extérieur, c’est le diamagnétisme. Un ensemble de phénomènes que la mécanique quantique a permis de mieux comprendre et d’expliquer.

Ces effets électriques et magnétiques sont déjà largement utilisés pour améliorer la performance des conducteurs et des aimants. Un exemple : sans la supraconductivité, le Large Hardon Colider (LHC) du Cern à Genève ne mesurerait pas 27 km de circonférence, mais 110 km, car on n’aurait pas pu créer des champs magnétiques suffisamment intenses pour accélérer et courber les trajectoires des particules comme il convenait.

Quand les designers rencontrent les chercheurs

Mais pour aller au-delà des applications scientifiques et industrielles connues, et célébrer dignement les 100 ans de cette découverte, l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI – Les Ateliers), en partenariat avec les physiciens du CNRS et de l’Université de Paris Sud 11, a proposé à un groupe d’étudiants de l’atelier Formes & Matières de réfléchir à ces supraconducteurs.

Ils ont ainsi essayé de répondre ensemble à deux questions :
 

  • Comment montrer la supraconductivité au grand public, de façon pédagogique et novatrice ?
     
  • Dans le futur, quels nouveaux usages pourrait-on imaginer si les chercheurs parviennent à inventer des matériaux supraconducteurs à température ambiante ? 


Après quatre mois de réflexion, de travail, d’expérimentation avec de l’azote liquide à -200°C, de discussion avec les chercheurs, dont notamment Julien Bobroff de l’Université Paris Sud/CNRS comme agissant conseiller technique, les élèves-designers ont rendus dix projets offrant de nouvelles visions sur la supraconductivité. 


                                    

                                               Le projet Pare - d'Ombre de Delphine Mériaux


Un regard frais et neuf sur quelque chose que l’on pensait réservé aux chercheurs. On retrouve ainsi parmi eux : la valise pédagogique et ludique d’Alexandre Echasseriau sur le phénomène ; les bijoux en lévitation au-dessus d’une peau simplement parcourue de crème magnétique de Delphine Mériaux ; les billes qui lévitent les unes au milieu des autres pour former un nouveau matériau de Elsa Tarrago et Caroline Burzynski-Delloye ; les semelles, le sac à dos et les genouillères de Marion Gros qui suivent au plus près notre corps sans jamais le toucher ; le gant compréhensif d’Irène Caputo ; le haut-parleur dansant de Piotre Widelka … 


                                 

                                                      Le projet No-Contact de Marion Gros


Vous pouvez retrouver la totalité des dix projets novateurs sur le site http://www.supradesign.fr ou aller visiter l’exposition qui leur est consacrée jusqu’au 19 novembre à l’Espace Pierre-Gilles de Gennes au sein de l’ESPCI ParisTech, puis pendant les vacances de la Toussaint à la Cité des Sciences de Paris La Villette, dans le cadre du Festival Supra.

Un vrai coup de fraicheur qui remet en cause bien des certitudes dans un monde très conformiste.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.supradesign.fr & http://www.ensci.com & http://www.cnrs.fr  

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

 

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

[Exclusif] « La Fédération hospitalière de France planche sur un respirateur rapidement industrialisable », annonce Enguerrand Habran, son directeur de l'innovation

[Exclusif] « La Fédération hospitalière de France planche sur un respirateur rapidement industrialisable », annonce Enguerrand Habran, son directeur de l'innovation

Face à la pénurie de respirateurs artificiels qui guette les hôpitaux français, le Fonds de dotation de la[…]

25/03/2020 | SantéCovid-19
Hydrogène, batterie et moteur de fusée imprimé en 3D… les meilleures innovations de la semaine

Hydrogène, batterie et moteur de fusée imprimé en 3D… les meilleures innovations de la semaine

Avec Modalis², l’Ifpen veut développer la boîte à outils numériques des batteries du futur

Avec Modalis², l’Ifpen veut développer la boîte à outils numériques des batteries du futur

Pour bien commencer la semaine : Chez Renault, un jumeau numérique pour optimiser la production

Pour bien commencer la semaine : Chez Renault, un jumeau numérique pour optimiser la production

Plus d'articles