Nous suivre Industrie Techno

Quand la simulation, l’intelligence artificielle et les capteurs favorisent l’économie circulaire

Alexandre Couto

Sujets relatifs :

,
Soyez le premier à réagir

Soyez le premier à réagir

Quand la simulation, l’intelligence artificielle et les capteurs favorisent l’économie circulaire

Le système I-sort3R de Veolia permet de téléopérer le tri des déchets

A l’occasion du troisième rendez-vous de l’événement « Science in the Age of Experience », organisé par Dassault Systèmes, la notion d’économie circulaire a tenu une place importante lors des présentations. Si les intervenants ont pointé les lacunes qu’il reste à combler dans ce domaine, ils ont toutefois mis en avant le rôle majeur des technologies pour favoriser le recyclage des déchets

 

Les technologies émergentes pourront-elles favoriser le recyclage et la mise en place d’une économie circulaire ? Cette question était en filigrane de l’événement « La science au service de l’industrie », organisé le 20 octobre par Dassault Systèmes et qui rassemblait en ligne de nombreux responsables scientifiques de grandes entreprises. Il fait partie d’une série de quatre conférences dans le cadre du rendez-vous annuel « Science in the Age of Expérience ».

A cette occasion, Dassault Systèmes a choisi de centrer les discussions autour du thème de l’économie circulaire et des défis à relever pour l’instaurer. Les présentations de David Clark, vice-président du développement durable du fabricant d’emballages Amcor et de Sébastien Flichy, directeur innovation, valorisation et marketing de Veolia, ont mis l’accent sur l’apport des technologies numériques pour à la fois mieux concevoir les produits et faciliter leur recyclage.

Réduire les plastiques complexes

Omniprésente lorsque l’on aborde la notion d’économie circulaire, la question du plastique a été posée d’emblée. « La pollution plastique est un problème majeure, nous ne pouvons pas le nier », met en avant David Clark « Mais c’est une matière qui a énormément d’avantages pour la conservation des produits. Et il est difficile de s’en passer et de trouver des alternatives pertinentes ».

Pour étayer son argumentation, David Clark présente un histogramme – non sourcé – montrant que les solutions alternatives pourraient même accroitre d’un facteur 4 les coûts environnementaux, que ce soit concernant l’impact sur les cultures vivrières ou sur la décomposition des plastiques biodégradables « générateurs de méthane ». « La performance et la résistance des plastiques pétrosourcés jouent en réalité en leur défaveur lorsqu’il est question de leur fin de vie », renchérit David Clark, « la solution la plus pertinente est d’apprendre à mieux les recycler ».

La simulation pour améliorer les propriétés des emballages

Le groupe Amcor s’est donné pour objectif de rendre 100% de ses emballages recyclables à l’horizon 2025. Un engagement qui nécessite de revoir en profondeur la manière dont sont conçus les emballages. En ligne de mire, les emballages dits complexes, composés de plusieurs couches de plusieurs matériaux apportant chacun des propriétés. « Nous voulons limiter le nombre de matériaux dans nos emballages. Mais si nous retirons une couche fonctionnelle, et donc une propriété, nous devons compenser cette perte en agissant sur le design de l’emballage ».

Pour retravailler ses designs, notamment au niveau des propriétés mécaniques, Amcor s’est équipé d’un système de simulation qui lui permet de tester rapidement le comportement de ses emballages sous certaines conditions. « C’est un outil précieux pour évaluer rapidement la pertinence d’un design et pour tester de nouvelle choses », appuie David Clark. « Cela nous permettra d’atteindre notre objectif au niveau de la recyclabilité de nos produits ».

Une batterie de technologies pour le recyclage

C’est ce qu’attendent les recycleurs comme Veolia. « Le recyclage est une vraie nécessité aujourd’hui. Il y a une forte pression réglementaire dans ce sens. Mais il y a encore trop peu de plastique recyclé aujourd’hui », a déploré Sébastien Flichy de Veolia. Le groupe a réalisé de solides investissements en R&D pour mettre au point de nouvelles technologies : le système de tri baptisé TSA2 (tri séquentiel auto-adaptatif) dont les capteurs permettent de trier automatiquement toutes les résines plastiques, un tri manuel des déchets réalisé à distance par l’opérateur via une tablette et un système robotisé équipé Max AI. Ce dernier doté d’une intelligence artificielle est capable de reconnaître et de tri des déchets complexes.

Mais selon Sébastien Flichy, malgré ses technologies aujourd’hui opérationnelles, la marge de progression est encore importante pour prétendre à une économie circulaire. « La majorité des produits ne sont pas conçus pour être recyclés. La fin de vie n’est pas assez prise en compte dans la conception des produits. Concepteur et recycleurs doivent dialoguer d’avantage et surtout favoriser le partage de données pour apporter les meilleures solutions », conclut-il.

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

EDF investit dans PowerUp pour allonger la durée de vie de ses batteries dédiées au stockage stationnaire

EDF investit dans PowerUp pour allonger la durée de vie de ses batteries dédiées au stockage stationnaire

PowerUp a annoncé le 26 novembre avoir levé 5 millions d’euros, notamment auprès d’EDF. La start-up issue du CEA[…]

26/11/2020 | EDFCEA
[Cahier Technique] Avec le photovoltaïque organique, le solaire gagne en souplesse

[Cahier Technique] Avec le photovoltaïque organique, le solaire gagne en souplesse

Plastic Omnium veut conquérir le marché de la mobilité hydrogène en réduisant ses coûts de production

Plastic Omnium veut conquérir le marché de la mobilité hydrogène en réduisant ses coûts de production

Une membrane hybride pour une désalinisation plus efficace

Fil d'Intelligence Technologique

Une membrane hybride pour une désalinisation plus efficace

Plus d'articles