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Quand l'environnement stimule l'innovation

Christian Guyard
Lyon, 10 - 13 mars. Fournisseurs et centres techniques se mobilisent pour inciter les PMI à adopter des technologies propres et plus sobres.

Sur Industrie 2009, qui regroupe dix salons spécialisés dans la production industrielle (usinage, assemblage, mesure, informatique, sous-traitance...), un logo "écolo" - une ligne verte - permettait de repérer les exposants les plus actifs en matière d'environnement. Ce thème n'est plus une lubie de militants. Il est devenu une préoccupation majeure des directeurs de production. Produits, méthodes, organisation... Les innovations se multiplient en apportant, de surcroît, de substantielles économies. C'est le cas, par exemple, pour les lubrifiants d'usinage. Fuchs présentait ainsi Ecocool PHH, une gamme de lubrifiants hydrosolubles sans bactéricide. L'utilisation d'alcanolamines à l'hydrolyse, conservant un pH de 9, évite tout développement bactérien. Ce qui le rend efficace pour l'environnement et la santé, mais pas seulement ! Ce produit permettrait, selon l'entreprise, de réaliser des gains de productivité sur les machines et la durée de vie du fluide (moins de maintenance). Les fluides d'usinage solubles (utilisables aussi bien en lubrification classique qu'en micropulvérisation) de DPI Metalworking offrent également des économies de temps, de maintenance et de place lors du changement de production sur une même machine (il n'est pas nécessaire de changer le bac). Condat a, lui, présenté des lubrifiants à base végétale baptisés Mecagreen (récompensé d'un Lyon d'or, lire Industrie et Technologies de mars, p. 48).

Du côté des méthodes aussi, l'écologie tire l'innovation. Le forage vibratoire à grande vitesse, présenté sur le stand Industrie 2020 par le Cetim, permet de se passer de fluides de coupe ! Par sa conception même, ce procédé n'en a pas besoin pour refroidir l'outil. Avec les vibrations longitudinales du foret, l'outil n'est en contact avec le matériau qu'un tiers du temps. Résultat, la chaleur peut se dissiper naturellement. Fini le fluide et tout ce qui va avec : bac, nettoyage, commandes, livraisons... De plus, la vitesse d'avance est supérieure au forage classique, ce qui permet de gagner en productivité. Mais ce procédé en cours de développement ne sera pas industrialisé avant 2010.

Effecter un diagnostic avant tout plan d'action

Dans le même ordre d'idée, Adiapress présentait l'Adia 7, une presse de découpe adiabatique également sans lubrifiant. Là encore c'est le problème thermique entre outil et matériau qui est résolu avec une cascade d'avantages. L'absence de fluide exonère l'industriel des coûts de nettoyage et de recyclage. Et le gain de matière serait de l'ordre de 30 %. Le procédé, qui est adapté aux tôles (120 coups/min) et au cisaillage de tubes et de profilés, garantit également un plus grand confort de travail (bruit réduit, ergonomie...).

Ces innovations alléchantes seraient toutefois inutiles sans un minimum d'efficacité dans l'organisation. « Il est inutile de créer de la productivité si le marché n'est plus au rendez-vous, ce qui revient à mourir en étant ultraperformant... », indique-t-on au Cetim. La réflexion globale est plus que jamais nécessaire pour réaliser des économies durables. « Il faut réfléchir, quantifier avant d'agir et travailler de manière progressive », conseille Marie-Pierre Cros, qui pilote deux actions collectives régionales Cap Energie et Produire Propre en PME au sein du Cetim. La première, destinée à réduire les consommations et les factures d'énergie, est menée avec la région Rhône-Alpes, la Drire, l'Ademe, le Cetim et le Cetiat. Après un diagnostic approfondi, sur six à huit mois, de la consommation énergétique des entreprises, les experts de Cap Energie détectent les points d'amélioration et proposent un plan d'action. Les premiers résultats, qui portent sur une douzaine d'entreprises, montrent que les actions concernent le plus souvent le chauffage des procédés - récupérations possibles -, l'air comprimé - nouveau compresseur, variation de vitesse -, la climatisation et le traitement d'air. « En suivant nos recommandations, elles ont réalisé 70 000 tonnes équivalent pétrole d'économies et détecté en moyenne un potentiel d'économies supplémentaires de 10 % », souligne Marie-Pierre Cros. Pour un retour sur investissement de un à trois ans.

ENTENDU AU SALON

Les entreprises doivent investir dans des équipements plus économes les sommes englouties jusqu'à présent dans la surconsommation d'énergie. » Marie-Pierre Cros Chargée d'affaires Rhône-Alpes au Cetim

VU AU SALON

Le forage vibratoire à grande vitesse > Le Cetim a présenté une démonstration du forage à grande vitesse vibratoire sur un centre d'usinage Huron. Destiné aux opérations de forage profond, ce procédé met en oeuvre un foret dont les vibrations axiales assurent la fragmentation des copeaux. Ces derniers sont donc évacués sans aucun fluide de coupe.

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