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Qowisio : fabricant d'objets connectés, le réseau en plus

Juliette Raynal
Qowisio : fabricant d'objets connectés, le réseau en plus

Portraits, dirigeants, Qowisio, Angers

© Pascal Guiraud

Basée à Angers, la start-up Qowisio a officialisé aujourd'hui le lancement commercial de son réseau public bas débit dédié aux objets connectés. La jeune pousse ne voit toutefois pas le réseau comme le cœur de son activité. Qowisio entend, en effet, capitaliser sur son expertise en électronique pour développer des objets connectés à bas coût et s'appuyer sur son réseau pour se distinguer des autres fabricants et développer de nouveaux usages. 

Qowisio en chiffres

Date de création : 2009

1 000 antennes en France

1 700 antennes en France d’ici 2017

100 000 objets connectés à son réseau

50 collaborateurs en France et à l’étranger

6,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015

 

 

Fondée en 2009, la start-up angevine Qowisio est sortie de l’ombre, en juin 2015, lorsqu’elle a officialisé une conséquente levée de fonds de 10 millions d’euros pour déployer son réseau public bas débit longue portée dédié aux objets connectés. Un an plus tard, la jeune pousse compte, de nouveau, faire parler d’elle. Ce jeudi 2 juin, son président et cofondateur, Cyrille Le Floch, a invité la presse pour officialiser le lancement commercial de son réseau public.

1 000 antennes déployées

« En un an, nous avons déployé 1 000 antennes en France. Notre réseau couvre les villes de plus de 10 000 habitants et les principaux axes routiers. Nous allons désormais passer à une phase de densification pour ajouter 700 antennes d’ici 2017 », précise Cyrille Le Floch.

Pour développer ce réseau aussi rapidement, la start-up n’est pas partie de zéro. Depuis plusieurs années, elle déploie à travers le monde des réseaux bas débit, mais pour des acteurs privés. La jeune pousse a, par exemple, déployé un réseau bas débit pour un opérateur du Moyen-Orient afin qu’il puisse surveiller des cuves de gasoil.

Le pari de l’interopérabilité

Le réseau de Qowisio s'appuie en premier lieu sur un protocole propriétaire, issu de six années de R&D, basé sur la technologie de transmission radio Ultra Narrow Band, à l'image du toulousain Sigfox. Sa technologie réside dans les antennes de réception dans lesquelles se trouvent des algorithmes qui offrent une hypersensibilité de réception. « Notre technologie permet d'extraire des signaux très faibles jusqu'à 60 km en zone rurale et 3 km en ville », assure Cyrille Le Floch.

Mais la start-up ne mise pas uniquement sur sa technologie. Ses antennes sont également équipées de la technologie Lora, dont la bande fréquence est divisée en plusieurs canaux de communication. « Toutes nos antennes savent écouter et lire du Lora », confirme Cyrille Le Floch, avant de préciser que le réseau Qowisio est aussi compatible avec la technologie Sigfox : « Un matériel Qowisio est équipé de la même puce qu’un hardware Sigfox. Il suffit d’implémenter le logiciel Sigfox dans notre hardware pour que celui-ci devienne compatible avec le réseau Sigfox », détaille-t-il.

Ainsi, une entreprise qui a choisi de connecter ses objets au réseau Qowisio, pourra plus facilement se déployer à l’international, même si Qowisio n’y possède pas d’antennes, grâce à la présence des antennes Sigfox et Lora.

Le réseau, un outil (presque) marketing

Si la jeune pousse a opté pour une approche multi-technologique, c’est qu’elle considère son réseau comme un accessoire. « Le réseau, c’est presque un outil marketing, reconnaît le dirigeant. Cela nous permet de nous distinguer des autres entreprises qui fabriquent des objets connectés. Cela nous permet d’être comparés à des opérateurs, d’être indépendants et d’offrir un modèle économique en adéquation avec les usages ». Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Qowisio ne se définit pas comme un opérateur, mais comme un fabricant d’objets connectés. « Le métier de Qowisio c’est de produire des objets et de les connecter », insiste le chef d’entreprise. Grâce à son expertise en électronique, l’entreprise angevine serait capable de produire un tracker GPS à moins de 10 euros, soit un prix environ 10 fois moins cher que les solutions du marché, selon les affirmations de l'entrepreneur.

Grâce à ces prix compétitifs, Qowisio entend développer de nouveaux usages. La start-up cible en priorité le marché B2B, et en particulier les filières logistique et environnementale. « L’objectif est de pouvoir raccorder des objets qui n’étaient jusqu’à présent pas raccordables au niveau économique avec les solutions du marché », commente Cyrille Le Floch. Dans cette optique, Qowisio travaille, par exemple, avec une entreprise qui loue des panneaux de signalisation routiers. 2 000 panneaux ont ainsi pu être équipés du tracker GPS. La start-up travaille également avec un acteur du logement social angevin pour surveiller ses ascenseurs, chaufferies et caissons de VMC.

Des objets connectés éphémères

Mais ce sur quoi parie le plus Qowisio, ce sont les objets connectés éphémères. L’entreprise a ainsi mis au point un bon de livraison connecté qui se colle aux palettes. « On imagine aussi développer des lettres connectées. Nous visons les consommables connectés qui ont une très faible durée de vie », précise Cyrille Le Floch, qui voit dans les actuels usages RFID une réelle opportunité. « Les étiquettes RFID nécessitent que l’entreprise investisse dans des portiques coûteux. Avec notre technologie, ces portiques ne sont plus nécessaires. »

Pour favoriser le développement de ces nouveaux usages, la start-up propose un autre modèle économique que celui proposé par les acteurs du marché. L’idée n’est pas de proposer un forfait, mais une licence de 0,10 euro par objet et par an, connectivité incluse. L'objectif est également de proposer aux autres fabricants d'objets connectés d'utiliser le réseau et le modèle Qowisio, afin de couvrir les marchés que la start-up angevine ne compte pas adresser, comme celui de la maison connectée par exemple.

A travers cette stratégie complexe, Qowisio entend devenir le leader, à l’échelle mondiale, des consommables connectés. Pour soutenir cette ambition, la jeune pousse a récemment ouvert un bureau à Austin au Texas, afin d’étendre son réseau public aux Etats-Unis. Pour l’heure, la start-up ne communique pas sur un calendrier précis, mais indique qu’elle débutera par des démonstrations dans certaines villes. Par la suite, elle compte s’étendre au Royaume-Uni, en Allemagne et en Asie. Un déploiement qui ne pourra s’opérer sans un nouvel important soutien financier. Une certitude : Qowisio saura faire parler d’elle lors de cette nouvelle étape.

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