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PTC vise 1,5 milliards de dollars de CA en 2010

Industrie et  Technologies
Le PTC World a été l'occasion de faire le point avec les dirigeants sur la stratégie et les récentes acquisitions. L'occasion aussi d'entendre le témoignage d'Alain Carcasses, senior vice-president d'Airbus, en charge de l'environnement Airbus Concurrent


Direction le Stade de France pour une nouvelle grand messe des utilisateurs et écouter la bonne parole de la part des dirigeants de PTC cette fois. Après l'introduction de Marc Diouane, Divisional Vice-President EMEA, qui a mis en avant les bons résultats de l'Europe, +23 % sur l'année fiscale 2007 qui se terminait fin septembre, c'est Dick Harrison, CEO de l'éditeur, qui est venu présenter les grandes lignes de la stratégie.

« Le challenge aujourd'hui n'est plus de développer de meilleurs produits, de couper les coûts, d'améliorer la qualité ou de mettre les produits plus vite sur le marché, tout cela est un pré-requit, comme se lever et prendre son petit déjeuner ... avant une bonne journée de travail. Le challenge est pour les entreprises de mettre en place un véritable système de développement produit qui soit le plus fluide possible. Après le lean management et le lean manufacturing, les entreprises doivent maintenant aller vers du lean product development ».

Bien évidemment, il considère que PTC est l'éditeur dont l'approche Product Development System, ici on parle peu de PLM, est la plus à même d'aider les entreprises à y parvenir. Rappelant les bons résultats de la société (942 M$, + 10 %) et ses récentes acquisitions (voir notre lettre du 08 novembre), il a fixé un objectif de chiffre d'affaires de 1 500 millions de dollars pour 2010, une croissance moyenne annuelle de 15 % qui sera pour moitié organique et pour moitié due à d'autres acquisitions, le tout avec une augmentation de la marge qui devrait passer de 16 % actuellement à 22 %. Une progression qui se fera essentiellement par réduction des coûts sans rogner sur les efforts de recherche et développement. Pour cela, la part des effectifs off-shore, dans les pays à bas coût de main d'œuvre, devra passer de 25 à 33 %.

La stratégie des 5 C

C'est ensuite Brian Shepherd, Divisional Vice-President Product Management, qui a présenté plus en détail la stratégie produit. « Notre approche Product Development System, est la claire vision de ce que les entreprises doivent mettre en place pour rendre leurs process de développement de nouveaux produits plus agiles. Elle s'articule autour de 5 C : Créer ; Collaborer ; Contrôler ; Configurer ; Communiquer. Le tout autour d'une structure de données unique sur laquelle viennent se connecter nos principaux produits : Pro/Engineer ; Arbortext ; ProductView ; Windchill et Mathcad. Cela ne veut bien entendu pas dire que nous ne sommes pas ouverts à d'autres outils. Ainsi Windchill 9.0 et ProductView 9.0, qui ont été annoncés cet été, restent bien entendu multi-Cad et gèrent très bien les informations provenant d'outils de CAO-Electronique ou d'outils de génie logiciel ».

Brian Shepherd a surtout insisté sur les indispensables liens entre le bureau d'études et la fabrication. « Grâce à l'aide de grands clients, dont bon nombre d'européens, tels Schneider Electric ; DCNS ; Thales ; AGCO ; ITT ; Pratt & Whitney..., nous avons pu mieux comprendre les besoins dans ce domaine et mettre au point MPMLink (Manufacturing Process Management) ». Ce module, totalement intégré à Windchill 9.0, offre la possibilité de gérer et d'optimiser les processus de fabrication au sein même du système qui sert à développer les produits.

Il a aussi insisté sur les efforts faits au niveau de l'interface utilisateur de Windchill 9.0 pour en simplifier l'usage et en augmenter la productivité en réduisant notablement le nombre de clics nécessaires pour effectuer les principales opérations. Enfin, il a montré que cette version est moins gourmande en puissance informatique, notamment pour la visualisation. Ainsi le chargement de la structure et de la géométrie d'un chargeur sur pneumatiques comportant 11 200 pièces, se fait en moins de 20 secondes sur un ordinateur portable, et nécessite 50 fois moins d'espace disque et 100 fois moins de mémoire Ram que dans la version antérieure.

Trois lignes d'outils CAO

Du côté de Pro/Engineer Wildfire 4.0, qui sortira au premier trimestre 2008, l'accent est mis sur l'arrivée d'un module de design industriel capable de traiter les surfaces de classe A. D'autres améliorations significatives sont aussi prévues dans la gestion des grands assemblages, le calcul et la simulation (tolérances, ergonomie...), ainsi que la fabrication, avec l'arrivée de Pro/Toolmaker 8.1, un outil de FAO pour les outilleurs et prototypeurs, issu de l'acquisition de NC Graphics. Notons aussi une meilleure prise en compte de l'électronique dans la mécanique, avec un nouveau module de routage de câbles, développé en collaboration avec Mentor Graphics. Nous y reviendrons prochainement.

Enfin, concernant la récente annonce de l'acquisition de Cocreate Software, le discours reste toujours le même : « Outre une bonne opération financière, nous voulons aussi offrir à nos clients la possibilité d'utiliser une modélisation explicite éprouvée, complémentaire de l'approche paramétrique, et intégrer dans notre offre le meilleur de leurs technologies de collaboration ». 20 ans après sa création, PTC renie ainsi une partie de ses racines qui étaient clairement revendiquées du temps où PTC s'appelait Parametric Technology Corp. Mais rien n'est dit sur les délais pour combiner ces différents produits. Notons d'ailleurs que PTC n'entend pas brusquer la base installée OneSpace, qu'il qualifie de loyale, en ne la forçant pas à migrer vers Pro/Engineer. En contrepartie cela veut dire que PTC devra poursuivre des efforts de développement sur trois systèmes de CAO différents : Pro/Engineer ; Cadds 5 et OneSpace Modeling. Difficile à concilier avec l'objectif de réduction des coûts.

Windchill au cœur de l'environnement de développement d'Airbus

Enfin, Alain Carcasses, senior vice-president d'Airbus, en charge de l'environnement Airbus Concurrent Engineering (ACE), est venu présenter la stratégie de l'avionneur vis-à-vis du PLM. « L'entreprise étendue est dans les gènes d'Airbus depuis sa création, mais nous sommes entrain de redéfinir le rôle de chacun, afin de mieux fédérer les expériences et les forces de tous les partenaires en minimisant les redondances ». Airbus va donc être de plus en plus un architecte et un intégrateur, qui maîtrise en amont les bases de données architecture produit et principes constructifs, ainsi que bases de données systèmes et interfaces entre grands systèmes. A l'autre bout de la chaîne, Airbus gardera la maîtrise de toutes les vérifications en fin d'assemblage, ainsi que celle des essais en vol. « Mais, afin de maîtriser au mieux le métier d'avionneur, Airbus conservera aussi un rôle de fabricant de grandes sections et de certains composants, en se recentrant sur ce qui est essentiel ».

De fait, le schéma qui se met en place au grès des nouveaux programmes se dirige vers 23 équipementiers et 33 fournisseurs d'aérostructures majeurs, qui traiteront de A à Z leur Workpackage et partageront les risques de développement avec Airbus. Finie la gestion directe en "râteau" par l'avionneur de milliers de partenaires, celle-ci se fera via les partenaires Tier One. Au niveau des études, ce panel de fournisseurs volontairement réduit partagera les mêmes méthodes, les mêmes règles, les mêmes outils, les mêmes jeux de données et le même contrôle de qualité qu'Airbus. Charge à eux de les diffuser dans leur supply chain et notamment de stabiliser leurs process s'ils s'orientent vers le low cost.

Dans ce contexte, le choix de Windchill comme cœur des outils de collaboration est crucial. « Notre vocation n'est pas de passer nos journées à traduire des données CAO et GDT d'un système dans l'autre. Nous avons actuellement plus de 350 personnes qui sont dédiées aux échanges de données. C'est trop. Il faut que l'environnement de travail que nous mettons actuellement en place à l'aide de Windchill permette de définir, de distribuer très rapidement et d'assurer la gestion sur tout le cycle de vie des informations juste nécessaires à un partenaire pour réaliser le travail qui lui est demander. Il doit tout aussi rapidement lui permettre de réintégrer son travail dans le contexte global du projet ». Un environnement qui devrait être parfaitement opérationnel dans l'année à venir et dont bénéficiera totalement l'A350.

Bref un témoignage important pour PTC, face à un concurrent ayant trop tendance à tirer la couverture à lui.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.ptc.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 26 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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