Nous suivre Industrie Techno

PSA Peugeot Citroën ne gaspille plus son énergie

Tra-My Ngouanesavanh

Sujets relatifs :

,
L'usine de Sept-Fons récupère la chaleur de son cubilot pour satisfaire ses besoins en chauffage. Une économie de près de 200 000 euros par an.

La fabrication des carters moteur et des pièces de freinage à l'usine PSA Peugeot Citroën de Sept-Fons, située à Dompierre-sur-Besbre (Allier), conduisait à rejeter près de 1 000 MWh d'énergie par semaine. Tout a changé au printemps 2007, avec l'installation d'un système de récupération de chaleur, fruit d'un contrat de progrès passé avec EdF. « Ce projet était dans les cartons depuis l'an 2000 ; il a été repris et finalisé à l'occasion d'une convergence entre l'augmentation du prix des énergies, la volonté du site de Sept-Fons et celle d'EdF », relate Yves Fenice, le responsable énergie de PSA Peugeot Citroën.

EdF a conçu et réalisé un dispositif de récupération d'énergie adapté au cubilot de Sept-Fons. Ce four vertical de fusion de métal ferreux produit la fonte servant à la fabrication des 120 000 tonnes de pièces produites annuellement dans l'usine. Les gaz émis au cours du processus sont refroidis par des échangeurs air/ huile qui abaissent la température de l'air de 850 à 150 °C. Mais, jusque-là, l'énergie obtenue lors du refroidissement était évacuée à l'extérieur de l'usine. Deux installations techniques ont permis de récupérer cette chaleur. Tout d'abord, un échangeur huile/ eau d'une puissance de 5 MW, qui porte l'eau, à une température maximale de 105 °C. Un réseau de distribution calorifugé pour cette eau chaude complète l'installation. Le système assure 50 % du chauffage des ateliers grâce à l'adjonction d'une batterie eau chaude de 500 kW dans la veine de soufflage d'air chaud de chaque générateur. La régulation donne alors la priorité à la batterie de récupération et ne sollicite le brûleur à gaz qu'en cas de nécessité.

1 000 tonnes de CO2 non rejetées

Le réseau alimente également à 90 % l'eau chaude sanitaire et le chauffage des bureaux, via deux échangeurs eau/eau, de respectivement 350 et de 500 kW, placés sur le circuit retour de chacune des chaudières à gaz existantes. Parallèlement à ce dispositif, une instrumentation a été installée pour piloter et contrôler le fonctionnement du système.

Les 5 GWh de gaz naturel ainsi économisés en 2007 se traduisent par 1 000 tonnes de CO2 non rejetées. Ils ont donné droit à des certificats d'économie d'énergie, rachetés ensuite à PSA Peugeot Citroën par EdF. Le distributeur d'électricité, soumis à des obligations d'économie d'énergie par la loi de juillet 2005, a en effet développé une recherche d'éco-efficacité énergétique. « Notre démarche est d'accompagner nos clients pour les aider à économiser l'énergie et à réduire les émissions de CO2 », explique Sylvie Jehanno, la directrice grands comptes sur le marché entreprises d'EdF.

Pour PSA Peugeot Citroën, le gain est évalué entre 150 000 et 200 000 euros par an, ce qui permettrait d'amortir en moins de quatre ans les 700 000 euros investis dans le réseau de récupération d'énergie. Encouragés par ce résultat, les deux partenaires examinent l'extension de ce type de dispositif à d'autres sites. « Le principe, sans être copiable, puisque Sept-Fons est l'unique site utilisant un cubilot, est adaptable à des sites possédant des cheminées de rejets de gaz à haute température », note Yves Fenice. La transposition pourrait toutefois être complexifiée par des débits trop faibles. « Le retour d'expérience de Sept-Fons sera analysé avec grand intérêt », conclut-il.

EN BREF

Le problème - Réduire la consommation annuelle de gaz naturel sur le site de production La solution - Récupérer la chaleur du four et utiliser l'eau comme fluide caloporteur au sein du site

LA RÉCUPÉRATION DE CHALEUR VARIE AVEC LA MÉTÉO

Le système de récupération de chaleur devait, selon les évaluations, permettre de préserver 9 GWh de gaz naturel par an. L'économie en 2007 n'a été que de 5 GWh. La différence est imputable à des réglages techniques, ce que l'amélioration des algorithmes de régulation des appareils de chauffage devrait permettre de régler (ici, la pose de l'échangeur huile/eau). Mais une partie du déficit est due à un hiver... trop doux ! Car on ne dénombre que 2 539 degrés-jour unifiés au cours de 2007, contre les 2 737 en 2005, année de référence pour l'établissement des calculs.

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0905

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2008 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies