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PSA opte pour la chambre réverbérante

Mathilde Fontez

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Le constructeur d'automobiles a choisi cette technologie pour le test de la compatibilité électromagnétique de ses véhicules et l'impose à ses sous-traitants.

Tout d'abord l'armée, ensuite l'aéronautique... puis l'automobile. C'est suivant cet ordre, presque immuable, que se répandent les nouvelles technologies de contrôle. Le cas de la chambre réverbérante ne déroge pas à la règle. Elle intégrait certains produits spécifiques dans le secteur militaire dès 1988. L'aéronautique a sui-vi dix ans plus tard... et de-puis quelques mois, elle figure au cahier des charges de PSA.

Il faut dire qu'une norme préconise l'usage de ce nouveau moyen de contrôle de la comptabilité électromagnétique (CEM) des produits autrement dit de leur résistance aux perturbations électromagnétiques. La chambre réverbérante à brassage de mode donne, en effet, accès à des mesures plus complètes que les solutions antérieures. Surtout, elle répond aux besoins qui découlent de l'évolution des technologies dans l'automobile.

D'abord, les champs électromagnétiques augmentent à l'intérieur du véhicule. Il est devenu normal de trouver un émetteur radio dans une voiture (comme un téléphone par exemple). Et avec l'apparition des technologies 3G, les appareils électroniques sont soumis à des fréquences plus élevées. Ensuite, plus on met d'intelligence dans de petits composants, plus ils sont sensibles aux champs électromagnétiques. La voiture moderne est donc plus que jamais sujette aux perturbations. Au contrôle de s'adapter à ces évolutions. « Dans l'industrie automobile, les produits testés subissent généralement des fréquences jusqu'à 3 GHz. Mais, actuellement, la norme conseille d'aller au-delà. Les chambres réverbérantes que nous proposons vont jusqu'à 18 GHz », détaille Stéphane Le Berre, directeur technique chez Siepel, spécialiste de la compatibilité électromagnétique.

Tous les angles de l'objet irradiés simultanément

Mais attention ! L'arrivée de cette norme n'impose pas de moyen de test. « Nous sommes les seuls à spécifier cet essai », tranche Alexis Marty, le responsable validation équipements chez PSA.

Depuis deux ans, le centre d'essai de Vélizy du constructeur s'est équipé de ce moyen de mesure en vue d'évaluer son efficacité. Et devant les résultats, cela n'a pas traîné, le contrôle en chambre réverbérante a pris place au chapitre validation des électroniques embarquées du cahier des charges. En conséquence, dorénavant, aucun des fournisseurs du fabricant d'automobiles ne pourra s'y soustraire. Tous devront s'équiper en interne de la fameuse chambre, ou bien sous-traiter cet essai auprès de laboratoires. Une évolution commandée par le donneur d'or-dres, qui devrait se traduire par une meilleure efficacité des contrôles pour toute la chaîne.

« Par rapport à la solution traditionnelle, la chambre anéchoïde, la chambre à réverbérante offre de nombreux avantages : tous les angles de l'objet sont irradiés simultanément, le test est ainsi beaucoup plus complet », argumente Alexis Marty. Les essais sont aussi plus fiables, d'où leur meilleure répétabilité. Aux fréquences les plus élevées, les chambres anéchoïdes sont très sensibles et donc, il suffit de tourner la pièce pour obtenir des résultats différents. Ces imperfections peuvent avoir de grosses conséquences. « Notre intérêt est de voir le maximum de défauts dès la conception du système électronique. Car lors de la validation dans les laboratoires, la commercialisation est déjà en vue. Et on ne peut pas se permettre de retarder la sortie ! » Alexis Marty n'en doute pas, PSA ne sera pas le dernier à s'équiper. « D'ici à dix ans, cette technologie devrait se généraliser. »

7 MILLIONS D'EUROS D'INVESTISSEMENT

- Comme son nom l'indique, la chambre réverbérante à brassage de mode est basée sur la réverbération des ondes électromagnétiques sur ses parois. Pour développer cette technologie, Siepel a investi 5 % de son chiffre d'affaires, soit 7,2 millions d'euros. « C'est une grosse somme pour une PME ! », insiste Stéphane Le Berre, ingénieur technique. Cinq ans après le début du projet, Siepel compte une trentaine de chambres installées en France et une vingtaine à l'étranger.

EN BREF

Le problème - Les systèmes électroniques embarqués doivent résister sans dommage à des perturbations électromagnétiques de plus en plus fortes. La solution - La chambre réverbérante à brassage de mode donne accès aux fréquences plus élevées et à des tests dans des conditions plus sévères... à moindre coût.

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