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Prouesses en série dans le sous-sol parisien

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Un tunnelier à confinement par air comprimé, a percé en deux mois dans le sous sol parisien une galerie de 80 m de long comportant une section à 56% de pente. Le tout dans un terrain difficile et rempli d'obstacles.

Tracé court, délais serrés, concentré d'obstacles, terrains difficiles et environnement urbain congestionné. Cette énumération de contraintes résume la complexité technique du projet souterrain réalisé dans le onzième arrondissement de la capitale (coût 2 695 000 euros)

L'Objectif : doubler le siphon existant qui assure la liaison entre le collecteur des Côteaux et celui du Centre au moyen d'une nouvelle galerie de 1840 mm de diamètre.

'L'infrastructure existante, constituée de deux tubes de 600 mm de diamètre, était incapable de reprendre les forts débits que génèrent les orages importants, le faible diamètre des conduites engendrant, par ailleurs, des risques d'obstruction', explique Thomas Dallais, le directeur de chantier de Solétanche Bachy.

C'est une solution technique pour le moins originale qui a été retenue, eu égard à la très faible distance de galerie à réaliser - moins de 81 m, quasiment d'un trottoir à l'autre du boulevard Richard Lenoir ! Les responsables du projet, jouant en l'occurrence la sécurité, ont fait appel à un tunnelier ultra compact (longueur 5,70 m, diamètre extérieur 2200 mm) à attaque ponctuelle et confinement par air comprimé mis au point par l'entreprise CSM Bessac.

Les travaux se déroulaient en effet dans un contexte géologique complexe, dans des terrains constitués essentiellement d'alluvions anciennes et de marnes et caillasses. La machine devant également franchir, outre, le canal Saint-Martin, à moins de 5 m sous les culées de l'ouvrage, une grande diversité d'obstacles dont la ligne 5 de la RATP. Le tout sous la nappe phréatique, autrement dit avec une dizaine de mètres de charge d'eau permanente.

C'est toutefois le profil en long de l'ouvrage qui constituait sans aucun doute la difficulté principale du projet, le tunnelier ayant à effectuer, après une première section de 40,86 m à faible pente (0,83%), une remontée spectaculaire vers la surface en perçant une seconde partie de 40,10 m présentant une pente maximale de 56%.

 'Il s'agit d'une première en la matière, du moins dans ce type de géologie à base de terrains meubles' souligne Yves Ménard directeur de l'agence Ile-de-France de CSM Bessac. La machine est donc sortie sous un angle de 30° par rapport à l'horizontale, après avoir effectué un périple de deux mois à une vingtaine de mètres de profondeur. Et ce avec une précision centimétrique. Le tunnelier est venu s'inscrire dans la fenêtre de tir ultra réduite qui lui était allouée, en débouchant, avec une tolérance latérale de 5 cm, entre le voile du puits de sortie et une rangée d'armatures en attente !

Dernière prouesse : la mise au point d'une rampe de sortie grâce à laquelle l'engin a pu continuer sa course à l'air libre, cette astuce technique permettant de mettre en place les derniers anneaux de voussoirs, en évitant ainsi d'avoir à mettre en œuvre un coffrage circulaire pour achever les derniers mètres de galerie.

Philippe Donnaes

 

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