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Produire en France pour baisser les prix

Charles Foucault
Produire en France pour baisser les prix

Un opérateur assemble un décodeur d'Aston dans l'usine d'Asteel Flash, en Alsace.

© Patrice Desmedt

Aston, fabricant de décodeur pour la télévision par satellite, a décidé de rapatrier une partie de sa production en France pour rester compétitive. C’est cette extension sur l’hexagone de son outil de production, jusqu’alors uniquement en Corée du Sud, qui a permis à la petite société française de diminuer les prix de ses décodeurs de 15 %.

Convaincue que le passage de la télévision au tout numérique va entrainer une croissance importante de la demande de décodeurs pour capter les chaines par satellites, la société Aston a décidé de se mettre à fabriquer en France. Jusqu’alors, la PME de Bagnolet produisait l’intégralité de ses décodeurs dans son usine de cent personnes, en Corée du Sud. Depuis septembre dernier, elle confie 25 % de sa production à Asteel Flash, sur son site alsacien de Duttlenheim (67), entreprise française spécialisée dans la sous-traitance de matériel électronique.

« La réactivité face à la volatilité du marché est l’intérêt principal de la manœuvre, explique Stéphane Nitenberg, directeur général d’Aston. En Corée, entre la commande et la livraison des produits, quatre mois s’écoulent. Un temps égal à notre visibilité du marché aujourd’hui, ce qui n’est pas gérable ». Au-delà de cette flexibilité, la compétitivité des produits est visée par ce rapatriement. En repensant l’outil de production, Aston a pu suffisamment diminuer le coût de fabrication pour baisser le prix de ses décodeurs en magasins de 15 %. « Les droits de douanes représentent 20 % du prix de revient du produit lorsqu’on l'importe, indique le DG. Cette dépense supprimée et l’automatisation de l’étape de test de chaque décodeur en bout de chaîne, nous donnent un coût de fabrication moindre ici qu’en Corée, pour le marché hexagonal ».
 

                       

                                  Aston a dû repenser son processus de test pour pouvoir relocaliser.

L’étude de relocalisation, entamée il y a 18 mois, avait en effet montré qu’il fallait automatiser soit l’assemblage, soit le contrôle pour être compétitif depuis la France. Aucune solution mécanisée n’a été trouvée pour l’assemblage qui, de ce fait coûte deux fois plus cher qu’en Corée du Sud. Mais l’appareil de test développé par Aston, Asteel Flash et l’un de ses prestataires spécialisé en machines spéciales, fait passer le nombre d’opérateurs assignés à cette tâche de dix à un. L’opération, qui représente 25 % du temps de production, coûte ainsi cinq fois moins en cher en France qu’en Corée du Sud.

Bien sûr, Aston a pensé à implanter la machine magique là-bas, mais, sur place, les ouvriers ne l’acceptent pas. « Cela les déresponsabilise sur la qualité, on ne peut pas se le permettre en étant à 10 000 kilomètres », assure Stéphane Nitenberg.

Charles Foucault

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