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Production : placer l'intensité énergétique sous contrôle

Philippe Passebon

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Production : placer l'intensité énergétique sous contrôle

L'Usine Arcelor Mittal de Florange

En 2012, le secteur de l’industrie manufacturière représente 17,6 % du total des émissions de gaz à effet de serre de la France. Le secteur le plus énergivore reste celui de l’industrie chimique, suivi de la sidérurgie, puis de l'agroalimentaire. Le secteur est extrêmement concentré : 1 % des sites industriels représentent environ les 2/3 de l'énergie consommée.

De nombreux industriels s'engagent toutefois pour réduire leur impact, à la fois pour répondre à une demande sociétale et pour l'impact bénéfique qu'une telle démarche peut avoir sur leur facture énergétique. L’intensité énergétique, soit le rapport entre la consommation énergétique et le PIB, et l'intensité CO2 de l’industrie sont en constante amélioration. Depuis 20 ans, l’intensité CO2 a diminué d’un tiers et l’intensité énergétique a reculé de près de 25 %, notamment grâce aux progrès enregistrés dans l’industrie chimique. Par ailleurs, les spécialistes du traitement des déchets qui représentent, hors valorisation énergétique, 2,6 % des émissions totales de gaz à effet de serre de la France s'engagent aussi pour améliorer leurs procédés, et s'équipent pour récupérer le méthane, qui représente 68 % des émissions de ce secteur.

Tour d'horizon dans le cadre de notre dossier consacré aux efforts de 21 industriels qui s'engagent en vue de la COP 21, la conférence des parties visant à limiter les impacts des activités humaines sur le climat.

Lafarge : Absorber le CO2 plutôt que d'en émettre...

Le groupe Lafarge vise une réduction de 33 % les émissions industrielles de CO2 par tonne de ciment d’ici 2020 par rapport à 1990.

En pratique :

Le groupe teste un procédé de production du béton par un processus de carbonatation avec la start-up américaine Solidia. La technique permet de réduire les émissions de CO2 dans le processus de fabrication du ciment. Celui-ci a pour propriété de durcir par injection et absorption de CO2 , ce qui permet de diminuer jusqu’à 70 % le bilan carbone global de la chaîne de fabrication. Le groupe travaille aussi sur l’utilisation de microalgues pour absorber le CO2 émis par les fours de cimenterie.

                             >> LIRE AUSSI : Un procédé pour diminuer de 30% l'empreinte carbone du ciment

ArcelorMittal : Diminuer l'impact de l’acier

D’ici 2020, l’entreprise productrice d’acier s’est engagée à poursuivre ses efforts et à réduire 8 % ses émissions de CO2 à la tonne d’acier produite par rapport à 2007.

En pratique :

ArcelorMittal conduit le projet LIS (Low Impact Steelmaking - Production d’acier à faible impact), un programme de recherche français public-privé dont la mission est de travailler sur les technologies innovantes combinant la réduction des émissions de CO2 dans la production d’acier et des solutions de valorisation du CO2 via différents procédés. Il est en effet possible de réinjecter le CO2 dans du minerai pour créer des briques ou des pierres avec des propriétés particulières ou encore l'utiliser pour nourrir des micro-organismes, comme des bactéries, qui pourront ensuite produire différents composés chimiques. Le projet doit aboutir dans 6 ans.
 

L’Oréal : Les ENR, parce qu'elles le valent bien

Le Groupe s’est engagé à réduire de 60 % les émissions de CO2 de son outil de production en valeur absolue, entre 2005 et 2020. Fin 2014, la barre des 50 % de réduction d’émission de CO2 en valeur absolue a déjà été atteinte.

En pratique :

En 2014, le fabriquant de cosmétiques a inauguré une centrale biomasse à l’usine L’Oréal de Burgos, en Espagne. Celle-ci permet progressivement d’atteindre une empreinte zéro carbone en 2015, grâce à la mise en œuvre, inédite dans l'industrie, de technologies combinant énergie obtenue à partir de biomasse, photovoltaïque et systèmes de tri-génération. Avec le même objectif, L'Oréal a aussi lancé en 2011 un projet visant  à connecter son usine de Settimo Torrinese en Italie au réseau de chauffage urbain de la ville de Settimo, pour assurer son chauffage hivernal et son rafraichissement estival à travers des échangeurs. La démarche a été poursuivie avec l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit, la construction d’une centrale énergie verte (biomasse) et l’utilisation de biogaz pour les chaudières.

Bayer France : Des procédés plus efficaces

A horizon 2020, Bayer, impliquée dans les secteurs de la santé, de l’agriculture et des matériaux hautes performances, espère réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % et améliorer son efficacité énergétique de 10 % par rapport à 2012.

En pratique :

La technologie ODC (cathodes dépolarisées à oxygène) qu’a développée en partenariat Bayer permet de réduire de 30 % la consommation d’énergie par rapport à un procédé classique de production de chlore. Elle repose sur la technologie classique des membranes utilisée aujourd’hui pour l’électrolyse chlore-soude. L’innovation réside dans l’utilisation d’une cathode dépolarisée avec de l’oxygène en remplacement de l’électrode habituelle pour la production d’hydrogène.
 

Solvay : Le CO2 sert à tout

Le groupe spécialisé dans la chimie industrielle s’est fixé comme objectif prioritaire pour 2020 la réduction de 10 % des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation d’énergie primaire.

En pratique :

Le laboratoire de R&D du site Solvay de Dombasle travaille sur deux projets visant à capturer et valoriser le CO2. Le projet financé dans le cadre du fonds unique interministériel (FUI) Valco2 étudie trois voies de valorisation du CO2 pour former des matières premières pour l’industrie telles que les hydrogénocarbonates, carbonates d’alkyle, ou encore acide formique, ainsi que la mise en place d’un observatoire français des sources industrielles de CO2 disponibles. Parmi les voies étudiées, le projet C2B aura pour but de capturer du CO2 en continu sur un prototype de contacteur membranaire et de le valoriser dans un procédé de production de bicarbonate de sodium.

                                 >> Lire aussi : Transformer le CO2 en acide formique pour stocker l'hydrogène

 

Veolia Environnement : transformer les déchets en énergie

La multinationale, spécialisée dans la gestion du cycle de l’eau, gestion et valorisation des déchets, gestion de l’énergie et le transport de personnes, s’engage à permettre à ses clients d’éviter l’émission de 50 millions de tonnes équivalent (Mteq) CO2 en 2020. Elle s’engage en outre à réduire les émissions de ses installations de 100 Mteq CO2 sur la période 2015-2020, et à capter plus de 60 % du méthane de ses centres de stockage de déchets.

En pratique :

Aux Pays-Bas, Veolia valorise le marc de café pour produire l’énergie nécessaire au process d’un grand industriel. A Durban, ce sont les eaux usées des habitants qui sont valorisées pour répondre aux besoins énergétiques des entreprises. A Pecz en Hongrie, 80 % des habitants sont chauffés grâce à la valorisation de la paille.

                              >> Lire aussi :  Veolia se positionne sur la diversification du bouquet énergétique

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