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Prix Nobel de chimie pour la catalyse au palladium

Antoine Cappelle
Prix Nobel de chimie pour la catalyse au palladium

Trois chercheurs se paratgent cette année le Nobel de chimie: Richard Heck, Ei-ichi Negishi et Akira Suzuki

© University of Delaware, USA ; Purdue University, USA ; Hokkaido University, Japan

Le prix Nobel de chimie récompense cette année la chimie organique. Trois chercheurs, un américain et deux japonais, sont primés pour leurs travaux sur la synthèse par catalyse au palladium, dans les années 60 et 70. Des réactions chimiques très largement utilisées de nos jours.

L’Académie royale suédoise des sciences a récompensé aujourd’hui les travaux en chimie organique de l’américain Richard Hecket et des japonais Ei-ichi Negishi et Akira Suzuki. C’est le « couplage croisé catalysé au palladium dans la synthèse organique » qui leur vaut cet honneur.

Ce nom barbare désigne des réactions chimiques aujourd’hui extrêmement répandues. Elles utilisent le palladium pour faciliter le couplage de molécules organiques, c'est-à-dire contenant du carbone et de l’hydrogène. « Le couplage est la méthode de synthèse la plus importante aujourd’hui », indique Didier Astruc, professeur de chimie à l’Université Bordeaux 1 et responsable du groupe nanosciences moléculaires et catalyse. « Le palladium est l’élément le plus puissant pour la catalyse, donc le plus utilisé ». Un moyen de réunir les propriétés de différentes molécules, et de leur donner de nouvelles fonctions.

Chacun des trois lauréats a découvert une réaction qui porte aujourd’hui son nom. Point commun de ces trois couplages : un mécanisme similaire, utilisant les propriétés du palladium. Richard Heck ouvre la voie, avec un article publié en 1968. L’utilisation de ce type de synthèse s’est alors développé dans les années 70, ainsi que les recherches sur le sujet. Ei-ichi Negishi s’y attaque dès 1976. Quant à Akira Suzuki, il apporte sa pierre à l’édifice avec des articles publiés en 1979.

Ces réactions sont aujourd’hui très largement utilisées pour la synthèse de médicaments. Elles rendent possible la synthèse de molécules aussi complexes que celles fabriquées par la nature. Au-delà du domaine pharmaceutique, les applications de la synthèse par couplage au palladium s’étendent aux produits phytosanitaires, et même à l’électronique, avec les OLED. Ces diodes émettent de la lumière grâce à des molécules organiques.

Selon Didier Astruc, ce prix Nobel est amplement mérité, compte tenu de la place que tiennent ces découvertes dans la chimie actuelle. Le chercheur souligne toutefois l’absence au palmarès d’un quatrième scientifique : Kenkishi Sonogashira, qui a lui aussi donné son nom à une réaction de couplage similaire. Malheureusement, un prix Nobel ne peut pas se partager à plus de trois.

Antoine Cappelle

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