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Priorité au partenariat avec les entreprises

Propos recueillis par Michel Le Toullec Photo : Thomas Gogny

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Premier organisme européen de recherche agronomique, l'Inra gère les partenariats industriels de ses quatorze départements scientifiques par ses deux filiales Inra Transfert et Agri Obtentions. Son champ d'investigation s'articule autour de l'alimentation, l'agriculture et l'environnement. La direction de l'innovation veut notamment développer le nombre de dépôts de brevets et tend à favoriser la création d'entreprises à partir de ses technologies ou de ses chercheurs.

ndustrie et Technologies : Comment est organisée la politique de partenariat industriel de l'Inra ?

Gérard Jacquin : Nos actions dans ce domaine sont gérées par les quatorze départements scientifiques de l'Inra pour les conventions de recherche et la propriété intellectuelle. Le courtage de technologies est, quant à lui, pris en charge par deux filiales de l'institut, Inra Transfert et Agri Obtentions. Ce sont en quelque sorte deux bras de levier opérationnel pour nos transferts vers le monde industriel.

Inra Transfert accompagne le montage de projets de recherche complexes en multipartenariat, assure le transfert des résultats à des sociétés existantes sous forme de licences et promeut la création d'entreprises. Sa seconde mission est de construire et gérer les projets européens coordonnés par l'Inra. De son côté, Agri Obtentions a pour métier la création de variétés végétales et leur valorisation industrielle en les protégeant sous la forme de certificats d'obtention végétale.

I & T : Quels chiffres illustrent cette démarche ?

G. J. : L'année 2006 s'est notamment caractérisée par une progression de 35 % du nombre de contrats industriels qui a atteint un total de 194. Par ailleurs, nous déposons entre vingt et trente brevets en moyenne par an, ce qui peut sembler faible pour un organisme comme le nôtre. L'Inra est sans doute un peu trop sélectif pour le dépôt et accorde plus d'importance au dynamisme de sa politique de licences qu'au nombre de brevets en stock. Ainsi, nous avons 300 licences actives sur brevets et savoir-faire et récoltons près de 8 millions d'euros de revenus de licences par an.

Parmi les récents thèmes de brevets, on peut citer un procédé de traitement d'effluents en réacteur anaérobie ou des plantes dotées d'un potentiel de tolérance accrue au déficit hydrique. En outre, une vingtaine de logiciels sont enregistrés par an à l'Agence de protection des programmes [APP] ainsi que trente nouveaux certificats d'obtention végétale.

I & T : Quelles mesures récentes aident les collaborations avec les entreprises ?

G. J. : Nous diffusons tous les deux mois auprès des entreprises la lettre électronique "En Direct des labos" illustrant les compétences des chercheurs de l'Inra : résultats de recherche, brevets à exploiter, opportunités de collaborations... Par exemple, une unité de l'Inra de Jouy-en-Josas [Yvelines] y a récemment lancé une offre de partenariat sur le rôle des oméga 3 pour prévenir ou corriger les altérations des fonctions cérébrales dans le cas de pathologies neurodégénératives. Nous avons, par ailleurs, mis en place fin 2006 une mission nationale d'observatoire des pôles de compétitivité "agro" pour aider les chercheurs de l'Inra à s'y impliquer. Enfin, nous soutenons des programmes dits de prévalorisation. Il s'agit d'aider par des subventions publiques des travaux innovants dont le transfert peut être freiné par la faisabilité industrielle, des aspects réglementaires ou par le manque de données convaincantes pour ce que les industriels appellent la preuve de concept. Une dizaine de projets sont soutenus par an : en santé animale (un vaccin contre la toxoplasmose, par exemple), en biotechnologies végétales et sur les probiotiques alimentaires.

I & T : Et les actions en faveur de la création de start-up ?

G. J. : Inra Tranfert accompagne les porteurs de projets dans leurs démarches pour délimiter le savoir-faire ou la technologie brevetée qui pourra être transférée et pour contractualiser le transfert de technologies avec la société en création. Par ailleurs, il participe aux incubateurs régionaux et à des structures d'investissement comme les fonds Bioam et Creagro. Nous discutons actuellement avec des financiers pour créer un outil adapté au préamorçage. Depuis 1999, plus de quarante entreprises ont ainsi été créées. Parmi les plus connues, qui ont été cotées et ont pu récemment lever des fonds significatifs, il y a Genoway, Vivalis ou Metabolic Explorer. En 2006, plusieurs start-up issues de l'Inra ont été lauréates du concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes. Il s'agit de Naskeo Environnement, spécialisé dans le traitement des effluents organiques, Addenfi qui développe des plates-formes d'études pour la recherche en physiologie animale, Arvinco sur le diagnostic précoce de la qualité aromatique du vin, et Tensonics sur la surveillance des pathologies du cheval. Au même concours 2007, a été distinguée la société Valorhiz, spécialiste de la réhabilitation biologique des sols pollués.

I & T : Quelles sont les initiatives récentes de l'Inra à l'échelle européenne ?

G. J. : Elles sont nombreuses et en très forte croissance. Au niveau des initiatives transversales structurantes, l'Inra coordonne le projet Epipagri pour la gestion mutualisée des brevets et logiciels en biotechnologies agronomiques détenus par les établissements de recherche publics européens. Nous participons aussi au projet Tran2Tech visant à stimuler le transfert de technologies à l'échelle européenne. Par ailleurs, l'Inra est acteur de projets de recherche scientifique comme BaSysBio sur l'étude du fonctionnement de la bactérie Bacillus subtilis par l'approche de biologie systémique, ou Metahit, dédié a la connaissance de notre flore microbienne digestive.

RENCONTRE AVEC GÉRARD JACQUIN

DIRECTEUR DE LA VALORISATION DE L'INRA

LES CHIFFRES CLÉSLa R&D à l'Inra

2 400 scientifiques, autant de techniciens et ingénieurs, plus de 1 000 doctorants 205 brevets de base, 3 000 extensions internationales, 60 logiciels déposés à l'APP et 405 certificats d'obtention végétale 300 licences actives sur brevets et savoir-faire Près de 8 millions d'euros de revenus de licences par an 21 centres régionaux et plus de 150 sites au total 14 départements de recherche

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