Nous suivre Industrie Techno

Près de 300 essais cliniques en cours pour trouver un médicament contre le Covid-19

Anaïs Marechal

Sujets relatifs :

, ,
Soyez le premier à réagir

Soyez le premier à réagir

Près de 300 essais cliniques en cours pour trouver un médicament contre le Covid-19

Particules de SARS-CoV-2 attaquant une cellule.

© NIAID-RML

Près de 300 essais cliniques sont en cours pour trouver un remède au Covid-19. Certains molécules visent à empêcher la réplication du virus, alors que d’autres pourraient réguler une réponse immunitaire disproportionnée. La recherche bénéficierait cependant d’une meilleure harmonisation internationale.

Alors que le monde compte plus de 139 000 personnes officiellement mortes du Covid-19 au 16 avril, aucun médicament n’a encore prouvé son efficacité. La course fait rage sur toute la planète. À court terme, les scientifiques misent sur le repositionnement de médicaments. Grâce aux essais cliniques, ils cherchent à démontrer l’utilité de médicaments bénéficiant déjà d’une autorisation de mise sur le marché, ou en passe de l’obtenir, contre le Covid-19.

275 essais cliniques randomisés consacrés au Covid-19 sont à ce jour enregistrés dans le monde, d’après la compilation d'un groupe de recherche européen. Si la Chine caracole en tête, suivie des États-Unis – respectivement 143 et 27 – la France se hisse à la 3ème place avec 13 essais en cours.

« Ce nombre est important par rapport à la situation habituelle, souligne Etienne Decroly, chercheur CNRS en microbiologie à l’AFMB de Marseille et membre du CA de la société française de virologie. Des essais adaptatifs comme Discovery montrent notre réactivité face à l’urgence. » Cet essai européen porté par l’Inserm évalue quatre traitements, et dévoilera ses premiers résultats fin avril. Autre essai de grande envergure : CORIMUNO-19, lancé par l’AP-HP début avril, consacré aux immunomodulateurs.

Antipaludiques et antiviraux pour la phase précoce

Le Covid-19 est une pathologie marquée par plusieurs phases. La première, celle de l'infection et de la multiplication du virus, est ciblée par des antipaludiques (essentiellement l'hydroxychloroquine) et des antiviraux et rétroantiviraux. 72 essais randomisés testent des antipaludiques, et 42 les anti- et rétroantiviraux. Certaines molécules pourraient empêcher le virus de pénétrer les cellules, comme la chloroquine, le camostat mesylate ou l’arbidol. D’autres ciblent sa réplication : c’est le cas du lopinavir/ritonavir ou du remdesivir actuellement expérimentés dans Discovery.

La chloroquine divise toujours

Antipaludique propulsé sur le devant de la scène, la chloroquine n’a toujours pas prouvé son efficacité face au Covid-19. Le traitement est inclus dans de nombreux essais cliniques français dont Discovery et Covidoc. Deux publications – un essai clinique et une étude observationnelle rétrospective – publiées le 14 avril et encore non validées par les pairs ne montrent pas d’effet de la chloroquine. Dans le même temps, médecins et chercheurs se divisent sur un débat qui dépasse le cadre de la controverse scientifique : début avril, un collectif emmené par l’ex-ministre Philippe Douste-Blazy réclamait l’autorisation de prescription du médicament dans les hôpitaux à un stade précoce de la maladie.

L’interféron est également expérimenté au stade précoce de la maladie afin de stimuler la réponse immunitaire, en étant parfois associé à un antiviraux comme le lopinavir/ritonavir. Testée dans l’essai Coviplasm de l’AP-HP, la transfusion de plasma de patients convalescents est une autre piste : elle pourrait transférer l’immunité acquise à un autre malade.

Les immunomodulateurs pour contrer la tempête de cytokines

Au stade avancé de la maladie, l'une des causes d'aggravation des cas est le phénomène de tempête de cytokines. Une sorte d'emballement de la réponse immunitaire qui va jusqu'à causer le décès. Les immunomodulateurs pourraient la réguler : des anticorps monoclonaux sont actuellement testés dans cette optique, comme le meplazumab, le tocilizumab et le sarilumab.

La bonne conception des essais cliniques est fondamentale pour apporter un niveau de preuve satisfaisant. Dans un effort d’harmonisation, l’Organisation mondiale de la santé recommande depuis février un protocole. « Nous manquons cependant de coordination à l’international », souligne Etienne Decroly.

Augmenter le nombre de molécules testées

Des chercheurs brésiliens pointent par exemple le manque d’études en double-aveugle – où patients et soignants ne connaissent le traitement administré – qui évite certains biais. « De plus, le nombre de molécules testées est faible, soulevant un risque de ne pas trouver de traitement adapté, conclut Etienne Decroly. Il est important de tenter de repositionner d’autres molécules. »

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

[Innover contre le virus] Traitement contre le Covid-19 : introuvables molécules

[Innover contre le virus] Traitement contre le Covid-19 : introuvables molécules

Pendant l'été, Industrie & Technologies revient sur plusieurs mois de mobilisation des industriels et des chercheurs pour faire[…]

11/08/2020 | MédicamentsMédical
[Innover contre le virus] Le casse-tête des masques, de la pénurie à la surproduction

[Innover contre le virus] Le casse-tête des masques, de la pénurie à la surproduction

[Innover contre le virus] Impression 3D : l’usine d’urgence

[Innover contre le virus] Impression 3D : l’usine d’urgence

[Innover contre le virus] Le supercalcul à l’assaut du Covid-19

[Innover contre le virus] Le supercalcul à l’assaut du Covid-19

Plus d'articles