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« Prenons le temps de comprendre les interactions homme-robot », Ramesh Caussy, Partnering Robotics

« Prenons le temps de comprendre les interactions homme-robot », Ramesh Caussy, Partnering Robotics

En mai a été inaugurée à Grenoble une chaire atypique. La chaire Robo’ethics va consacrer ses recherches à la robotique de service aux personnes, en se fixant la mission d’encadrer la recherche technologique par les méthodes scientifiques. Les robots mobiles autonomes et actifs vont être de plus en plus présents dans notre quotidien. Ils questionnent le rapport entre l’homme et la machine. Au-delà du service, il peut même devenir un « compagnon » !

Cette chaire entre science et société, fondée par la fondation partenariale Grenoble INP, veut replacer l'homme au centre. Elle sera portée par Véronique Aubergé, chercheur CNRS-INSHS, I3L-UGA au LIG (Laboratoire d'informatique de Grenoble), Patrick Reignier, Professeur Grenoble INP-Ensimag au LIG, et le Dr. Ramesh Caussy, fondateur de Partnering Robotics et chercheur associé au LIG.

Ramesh Caussy nous explique la raison d’être de la chaire.

Industrie & Technologies : Dans quel but créer cette chaire Robo’ethics ?

Ramesh Caussy : De mon point de vue d’industriel, je trouve que l’on veut aller trop vite en robotique. Cela alimente les fantasmes et ce d’autant plus que l’on a en tête les images de l’Odysée 2001, ou de C-3PO dans Star-Wars. On se rend compte que lorsque l’on crée des robots humanoïdes, c’est ludique au début, puis ça fait peur. On essaie par exemple de doter les robots de capacités vocales, mais sans forcément leur permettre d’avoir un réel rôle d’acteur. Or moi je veux d’abord faire des robots utiles. Il faut créer un lieu ou associer recherche et citoyens pour retrouver le sens que nous voulons donner à la robotique. Notre chaire peut être ce lieu où l’on peut parler d’éthique. La multidisciplinarité y prend tout son sens car il s’agit d’être capable d’encadrer les recherches scientifiques en couplant les regards des scientifiques avec ceux des sociologues, des linguistes, des psychologues, etc. Il faudra bien sûr appliquer ces recherches dans des directions précises mais les solutions robotiques à ces besoins doivent être conçues dans un cadre scientifique et éthique. Il s’agit d’abord d’apprendre de ces objets complexes sur lesquels la recherche demande du temps.

I&T : Que sont ces robots "compagnons" auxquels s'intéresse la chaire ?

R.C. : Bien des gens utilisent déjà le mot compagnon pour nommer les robots qui nous accompagnerons, comme pour les chiens ou les chats. Mais il a fallu des siècles pour ces animaux. Le chien a pris du temps, peut-être mille ans, avant de s’intégrer complètement. On ne se décrète donc pas "compagnon" ! On parle d’interaction entre hommes et robots, mais on comprend encore très mal ce type d’interactions. Aujourd’hui on ne comprend pas mais les gens n’hésitent pas à ouvrir la boîte de pandore. Or il s’agit d’abord d’essayer de bien comprendre les bienfaits  que les robots peuvent apporter à l’homme, ainsi que les risques associés à ces développements technologiques. Quant à la piste humanoïde, la société n’est tout simplement pas prête : il y a un phénomène de rejet. On n'a pas besoin d’avoir des humanoïdes pour anthropomorpher la relation : c’est une sorte d’illusion. Aujourd’hui en revanche, les robots animaloïdes présentent différentes modalités d’interactions intéressantes.

I&T : Quel domaine d’applications pour ces recherches ?

R.C. : Il s’agit bien sûr de plus qu’un lien d’échanges et d’idées, mais de mener des expériences scientifiques. Il y a des besoins concrets exprimés par la population, tels que ceux qui concernent la Silver économie (économie au service des personnes agées). Deux thèses ont démarré dans ce domaine, qui s’intéresseront aux Ehpad et aux milieux hospitaliers où l’on retrouve aussi des personnes en besoin tels que les personnes atteintes d’Alzheimer par exemple. Il s’agira de comprendre les interactions entre les robots, les personnels médicaux, et les patients pour réfléchir aux meilleures solutions à mettre en place.

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