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Lors de son vol d'essai, la capsule Starliner de Boeing manque son rendez-vous avez l'ISS

Xavier Boivinet

Mis à jour le 20/12/2019 à 17h01

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Lors de son vol d'essai, la capsule Starliner de Boeing manque son rendez-vous avez l'ISS

Sur la pas de tir de Cap Canaveral, la capsule Starliner trône au sommet d'un lanceur Atlas V de United Launch Alliance.

© Boeing

Le premier vol test - non habité - de Starliner a eu lieu ce vendredi 20 décembre. Suite à une anomalie lors de sa mise en orbite, la capsule ne pourra pas s’amarrer à la station spatiale internationale et tentera de revenir sur Terre. Boeing manque ainsi ce test que SpaceX avait réussi avec sa capsule Crew Dragon en mars 2019. Les deux capsules habitables sont développées depuis 2014 dans le cadre du programme des vols commerciaux avec équipage de l’Agence spatiale américaine. 

Boeing a lancé sa capsule Crew Space Transportation (CST-100) Starliner pour une mission cargo vers la station spatiale internationale (ISS). Un lanceur Atlas V de United Launch Alliance a décollé de Cap Canaveral (Floride, Etats-Unis) ce vendredi 20 décembre à 12h36 (heure de Paris) (voir vidéo ci-dessous). Baptisé « test de vol orbital » (Orbital Flight Test, OFT), ce premier vol non habité devait permettre à Boeing de tester, pour la première fois, sa capsule développée dans le cadre du programme des vols commerciaux avec équipage (Commercial Crew Program) de l’Agence spatiale américaine (Nasa). Mais l'entreprise américaine n'est pas parvenue à mettre sa capsule sur la bonne orbite et tentera de la ramener sur Terre d'ici dimanche 22 décembre, voire plus tard si possible.

Emportant une cargaison de 270 kg et un mannequin doté de capteurs, Starliner devait normalement s’amarrer à l'ISS et revenir sur Terre le 28 décembre avec des échantillons de travaux menés en orbite. Le rendez-vous avec l'ISS n'aura pas lieu. Mais Boeing espère toutefois effectuer une partie des tests prévus en vol. Reste également à s'assurer que la capsule pourra être ramenée sur Terre à l'endroit prévu - le désert de White Sands (Nouveau-Mexique) - et en sécurité.

Problème d'horloge

Lors d'une conférence de presse commune après le lancement, Boeing et la Nasa ont indiqué qu'une anomalie au niveau de l'horloge qui indique le temps de mission écoulé a induit en erreur la séquence de manœuvres qui se déroulent automatiquement pour amener la capsule sur son orbite cible. « Si un équipage avait été à bord, le contrôle aurait pu être repris manuellement », a fait remarquer l'administrateur de la Nasa, Jim Bridenstine.

Boeing échoue là où SpaceX avait réussi en mars 2019 avec sa capsule Crew Dragon. Baptisée Demo-1 et initialement prévue en janvier 2019, cette première mission pour l'entreprise d'Elon Musk embarquait 180 kg de matériel et un mannequin muni de capteurs. Elle était parvenue à s'amarrer à l'ISS et à revenir sur Terre sans problème.

Dates inconnues pour les vols habités

Cette déconvenue ne va pas aider à rattraper le retard déjà accumulé par les deux entreprises. « Il est trop tôt pour dire si un autre test de vol orbital sans équipage devra être réalisé avant d'envisager une mission habitée, a précisé M. Bridenstine. Nous devons analyser les données que nous avons. »

Lors du lancement du programme en 2014, les vols avec équipage étaient espérés en 2017. Fin 2018, les missions habitées, Demo-2 pour SpaceX et Crew Flight Test pour Boeing, étaient prévues respectivement en juin et août 2019. Aujourd’hui, aucune date n’est avancée pour ces vols, ni pour SpaceX, ni pour Boeing. Juste avant le lancement de Starliner, l'administrateur de la Nasa, Jim Bridenstine, avait tout de même confié qu'il espérait un premier vol habité par l'une des deux entreprises au premier semestre 2020.

« Tant que l’OFT n’aura pas été réalisé avec succès, nous préférons ne pas annoncer de date pour le vol habité », avait averti John Mulholland, responsable des vols commerciaux avec équipage chez Boeing, lors d’une conférence de presse le 17 décembre. Seuls sont connus les noms des premiers astronautes qui devraient voler sur Starliner - Chris Ferguson (Boeing), Mike Fincke (Nasa) et Nicole Mann (Nasa) - et sur Crew Dragon - Bob Behnken (Nasa) et Doug Hurley (Nasa).

Retrouver les moyens d'aller dans l'espace

Avec ce programme lancé en 2014, les Etats-Unis cherchent un moyen d’envoyer de nouveaux des humains vers l’orbite basse, par leurs propres moyens et depuis leur sol. Car depuis l’arrêt de la navette spatiale américaine en 2011, le lanceur russe Soyouz est le seul à assurer la relève des équipages de l’ISS. D’où une dépendance vis à vis de la Russie, et de ses tarifs. Pour y remédier, Boeing et SpaceX ont été sélectionnés par la Nasa pour développer, chacun de leur côté, une capsule destinée à des vols habités. Le premier a reçu 4,2 milliards de dollars, le second 2,6 milliards.

Tests d’évacuation d’urgence

Mené en parallèle, un autre chantier consiste à tester le système d’éjection d'urgence, qui consiste à projeter la capsule loin du lanceur en cas de problème de ce dernier. SpaceX a effectué avec succès un test depuis le pas de tir en mai 2015. Avant de tester le système en vol, un essai statique des moteurs de la capsule s’est soldé par une explosion le 20 avril 2019. Un second essai s’est déroulé correctement le 13 novembre. La date prévue pour le test en vol est pour l’heure fixée au 11 janvier 2020, comme l’indique une note de blog récente de la Nasa.

Du côté de Boeing, le test depuis le pas de tir a eu lieu le 4 novembre 2019. Malgré l’ouverture de deux parachutes sur trois, l’entreprise américaine et la Nasa ont conclu à un succès. Le site SpaceNews indique que Boeing - avec l’approbation de la Nasa - se passera d'un essai de son système en vol, considérant que les données du test sur le pas de tir et des modélisations des conditions en vol suffisent.

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