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Pourquoi Tesla s'est positionné comme une entreprise de robotique lors de son AI Day

Kevin Poireault
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Pourquoi Tesla s'est positionné comme une entreprise de robotique lors de son AI Day

© Tesla

Exit Tesla la simple « entreprise de voitures électriques », Elon Musk présente désormais sa société comme un leader en robotique. Un message mis en avant lors de son AI Day du 19 août dernier pour séduire les très convoités talents en intelligence artificielle.

Près de 45 min de musique tout droit venue de la bande originale du film Matrix en introduction, un  futur robot humanoïde digne du film I, Robot annoncé à la fin. Après son AI Day, organisé ce jeudi 19 août, cela ne fait plus de doute : Tesla veut s’affirmer comme une société de robotique.

Ce qu'Elon Musk, son fondateur, explicite : « En réalité, si vous pensez à ce que nous faisons actuellement avec les voitures, qui ne sont rien de moins que des robots semi-intelligents sur roues, Tesla est sans doute la plus grande entreprise de robotique au monde », a-t-il lancé lors de l’événement.

Or, pour s’imposer dans la robotique moderne, la maîtrise des technologies d’intelligence artificielle  est clé. Pour ce bien nommé AI Day, Elon Musk ne s’y est pas trompé : les progrès de Tesla en matière de vision assistée par ordinateur ont pris la majeure partie des 2h30 de show. « L’unique but [de l’AI Day] est de convaincre les meilleurs talents en IA de rejoindre Tesla », admettait d’ailleurs le PDG sur Twitter quelques semaines plus tôt.

Système vidéo à récurrence spatiale

Andrej Karpathy, chef de l’IA chez Tesla, a notamment expliqué comment le système Autopilot a évolué vers un système vidéo à récurrence spatiale, appelé Vector Space, dans lequel différents aspects du module suivent différents aspects de la route et forment une file d'attente basée sur l'espace et le temps, qui créent tous deux un cache de données auquel le modèle peut se référer lorsqu'il tente de faire des prédictions sur la route.

Vision par ordinateur : le nouveau module vidéo à récurrence spatiale de Tesla

Lors de l’événement, l’enquête préliminaire lancée le 16 août par la National Highway Traffic Safety Administration aux Etats-Unis pour onze accidents causés par des Tesla en mode Autopilot n’a été évoquée ni par Elon Musk ni par Andrej Karpathy. Pas plus que la lettre envoyée le 18 août par des sénateurs démocrates à la Federal Trade Commission pour enquêter sur les termes fallacieux d’Autopilot et de Full Self-Driving – dont la version 9 a été annoncée par Elon Musk en juillet dernier.

Néanmoins, le chef de l’IA de Tesla a concédé qu’il restait à ses équipes au moins deux grands problèmes à régler pour améliorer le système d’Autopilot : le blocage des caméras par un autre véhicule, qui les empêchent d’identifier ce qui se trouve derrière, et l’anticipation par le système d’un phénomène préalablement indiqué par la signalisation.

Pour rappel, Tesla a fait le choix, presque inédit dans le secteur de la conduite autonome et critiqué par de nombreux experts, de s’appuyer sur un seul type de capteurs : un système de huit caméras par véhicule – délaissant ainsi les lidars, utilisés par la quasi-totalité de ses concurrents.

Puce maison, supercalculateur exaflopique et robot humanoïde

Si les défis techniques développés par Andrej Karpathy n’étaient pas suffisants pour mettre l’eau à la bouche d’ingénieurs en IA, Tesla a aussi dévoilé D1, la puce maison qui équipera Dojo, le futur superordinateur de Tesla dédié à l’IA. Présentée par Ganesh Venkataramanan, responsable matériel de Tesla,  comme possédant « la puissance de calcul d'un GPU avec la flexibilité d'un CPU », cette puce reposerait sur un ASIC avec 50 milliards de transistors et serait gravée par le fondeur taïwanais TSMC en 7 nm.

Chaque puce offrirait une puissance de traitement de 362 teraflops. Dojo devrait être constitué de 120 ensembles (« training tiles », en anglais) de 25 puces D1 chacun, ce qui lui conférerait une puissance totale de 1,086 exaflops – inédite à l’heure actuelle.

 

« [Un exaflop équivaut à ] un quintillon d’opérations en virgule flottante par seconde – assez pour simuler un cerveau humain », avance Elon Musk sur Twitter.

Un robot humanoïde pour séduire les talents en IA

Enfin, pour enfoncer le clou et montrer que Tesla est « bien plus qu’une entreprise de voitures électriques », rien de tel pour Elon Musk que d’annoncer un futur robot humanoïde destiné à aider les humains dans les tâches dangereuses ou répétitives – « comme aller faire les courses », illustre le PDG. Sobrement nommé Tesla Bot, ce dernier devrait mesurer 1m72, peser 56 kilos et pouvoir se mouvoir de manière humaine grâce à ses 40 articulations.

Il serait équipé du même processeur que le Full Self-Driving et des mêmes caméras que les voitures Tesla. Avec une vitesse maximale de 8 km/h, il devrait être capable de porter des charges allant jusqu’à 20 kilos et de soulever 68 kilos. Un premier prototype est annoncé pour 2022.

La possibilité de laisser évoluer un tel robot au milieu d'humains en sécurité reste cependant  démontrer. Tout comme la pertinence de la forme humanoïde. Sans parler de son intérêt en termes d'usage. Mais qu'importe ! L'essentiel n'est-il pas de rendre Tesla plus attractif pour les très convoités spécialistes de l'IA  ?

« Rejoignez notre équipe et aidez-nous à construire ça », assène Elon Musk, avant que l’écran ne dévoile un site web de recrutement.

 


 

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