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Prix des ingénieurs de l'Année

Pour un début prometteur : Benjamin Talon

PALMARÈS 

POUR UN DÉBUT PROMETTEUR BENJAMIN TALON,

Il a créé un amortisseur à hautes performances
Sa société n'a que quelques mois,mais déjà des constructeurs automobiles et aéronautiques s'intéressent à sa technologie. Benjamin Talon compte poursuivre son ascension et franchir le cap industriel d'ici à 2009.




A en croire Benjamin Talon, la recette serait presque simple : «Il faut une technologie, des brevets et...des sous!», résume le jeune chef d'entreprise de 28 ans.
Le premier ingrédient, essentiel, est acquis. Ingénieur mécanicien issu de l'Isat (Institut supérieur de l'automobile et des transports), il a mis au point un amortisseur permettant de résoudre l'équation entre la recherche des performances et du confort. Un problème jusqu'ici insoluble dans le milieu de l'automobile.

« C'est chez Renault Sport Technologies que j'ai détecté le besoin d'un amortisseur à hautes performances», explique-t-il. Très vite, il entrevoit les débouchés potentiels de sa technologie pour les véhicules sportifs, mais aussi pour les véhicules haut de gamme qui cherchent à se différencier. Dont acte. En 2004, il commence les travaux de développement et, l'année suivante, il monte son entreprise, qu'il baptise Soben.

Commencent alors les difficultés.

Il lui faut se pencher sur la gestion, une matière qui n'était pas son fort sur les bancs de l'école d'ingénieur. «Il suffit de s'y mettre, tempère-t-il toutefois. En fait, le plus gros problème lorsque l'on monte une entreprise, c'est plutôt de trouver les bons conseils.» L'offre est pléthorique et les cabinets ne sont pas tous aussi compétents que promis. Une expérience malheureuse, qui aura coûté pas moins de 35000 euros à l'entreprise à peine naissante, échaude Benjamin Talon. L'étude de marché qu'il avait commandée se révèlera, au final, totalement dénuée d'intérêt. «On a retenu de cette expérience que personne mieux que nous ne connaissait le marché et ces études ne servent à rien », assène-t-il sans ambages. D'autres créateurs d'entreprises, croisés dans les couloirs de l'incubateur de l'Ecole des mines d'Alès, où Benjamin Talon a installé Soben pour deux ans, partagent le même type de mésaventure. Et sont arrivés à la même conclusion. Ces chausse-trappes sont par ticulièrement malvenues au moment de la création d'une entreprise, une opération déjà suffisamment compliquée en elle-même. «Ce n'est pas insurmontable, assure-t-il. Mais cela demande énormément de temps. Je travaille 16 heures par jour, je n'ai plus de week-end et je n'ai pas pris de vacances depuis trois ans.»

Principale difficulté: trouver des fonds
Le fait de travailler en équipe représente d'ailleurs un soutien nécessaire dans les moments où les mauvaises nouvelles s'accumulent. Car s'il est à l'origine de la création de l'entreprise, Benjamin Talon a très vite été rejoint par ses deux associés, ingénieurs également : Emeric Marcillaud, spécialiste du dimensionnement mécanique et Sébastien Raszka, de la dynamique véhicule. Ce qui les a réunis? «Nous sommes passionnés de technologie», résume Benjamin Talon. Peu de temps après, un quatrième ingénieur et un assistant en gestion sont venus renforcer leurs rangs.

Au quotidien, les principales difficultés rencontrées par la jeune PME viennent des finances. «Nous recherchons encore tous les jours des investisseurs privés», confie le chef d'entreprise. Il a déjà bénéficié de plusieurs aides pour finaliser son projet, notamment en remportant le concours d'aide à la création d'une entreprise innovante du ministère de la Recherche. Lauréat «émergence» du concours 2004, il empoche 45000 euros qui lui permettent de financer de solides études de marché et les dépenses de propriété intellectuelle. L'année suivante, il est de nouveau lauréat dans la catégorie «création développement » et obtient, cette fois, 240000 euros. A cela s'ajoutent les prêts personnels obtenus de la part d'organismes aidant la création d'entreprise: plus de 100000 euros supplémentaires sont ainsi réunis.

La rentabilité est prévue pour 2007
« Mais nous sommes toujours ouverts aux business angels », indique Benjamin Talon. Cet automne, Soben a d'ailleurs élargi son capital afin d'y faire entrer de nouveaux investisseurs. L'opération doit être bouclée d'ici au mois de mars ou d'avril. De quoi permettre à l'entreprise de développer son activité, car l'entrepreneur prévoit déjà d'atteindre la rentabilité en 2007. Pour le moment, seuls des prototypes sont vendus. Dans l'automobile, Renault Sport Technologies en est le principal acquéreur, même si d'autres sont déjà entrés en négociation. Mais la technologie de Soben s'adresse également aux marchés de l'aéronautique et de la moto, avec des clients tels que EADS et Voxan. Déjà, les premières commandes de pièces de série commencent à rentrer. Et, si la production de petites séries peut encore être intégrée, Soben ne pourra pas faire face à de plus gros volumes. Cette étape n'est pas prévue avant 2009. Mais Benjamin Talon commence déjà à rechercher un partenaire industriel capable d'assembler des systèmes hydrauliques.

« Nous avons plusieurs consultations en cours en France et à l'étranger. Notre choix n'est pas encore établi », confie-t-il. Il attend encore d'autres candidats afin de sélectionner le meilleur dossier. Des équipementiers automobiles, spécialistes de la suspension, l'ont certes approché. Un moyen de développer très rapidement son produit. «Mais nous sommes encore trop jeunes pour travailler avec eux, estime, lucide, Benjamin Talon. Celase fera peut-être mais plus tard, pas avant quatre ou cinq ans. »

L'INNOVATION



CONFORT OU PERFOMANCE : LA FIN DU DILEMME

Des amortisseurs qui ne privilégient pas les performances au détriment du confort - ou inversement -, c'est désormais possible. Les constructeurs automobiles doivent constamment faire un compromis entre deux extrêmes : une suspension dure et sportive ou une suspension plus molle, mais confortable. Spécialiste du contrôle de la dynamique des systèmes multiphysiques, Benjamin Talon a conçu une technologie innovante permettant de résoudre ce dilemme, en découplant tous les paramètres habituels de fonctionnement d'un amortisseur. Les possibilités de mise au point de la suspension sont augmentées et il n'est ainsi plus nécessaire de faire de compromis. Le découplage se fait de façon mécanique, au moyen des valves, tandis que l'ajustement des paramètres pour apporter la réponse adaptée à la route est réalisé par l'électronique. Résultat : un amortisseur haut de gamme alliant la tenue de route sportive et la motricité aux contraintes de sécurité et de confort. Plusieurs brevets sont déposés ou en cours de dépôt sur les différents aspects de la technologie de Soben.

SON PARCOURS
28 ans, président de Soben.
Ingénieur mécanicien issu de l'Institut supérieur de l'automobile et des transports. Après l'obtention de son diplôme en 2001, il entre au bureau d'études de Donerre Amortisseur, une société spécialisée dans les amortisseursde compétition pour l'automobile et la moto. En 2003, il poursuit sa carrière chez Renault Sport Technologies en tant qu'ingénieur calcul multicorps pour le dimensionnement des liaisons au sol. Il crée son entreprise en 2005.

SON ÉQUIPE
Peu de temps après avoir monté son entreprise, Benjamin Talon a été rejoint par deux associés, qui l'avaient aidé au développement de sa technologie avant la création de Soben. Ses deux associés sont ingénieurs également, Emeric Marcillaud, 27 ans, est issu de l'Ecole centrale de Paris, et Sébastien Raszka, 30 ans, de l'Estaca.

SON ENTREPRISE
SOBEN
Localisation : Alès (Gard)
Date de création : 21 avril 2005
Effectif : 5personnes

ILS ONT AUSSI ÉTÉ NOMINÉS...

MATTHIEU DUBOIS-LUCAS, 30 ans, Renault F1 Team, diplômé de l'Ecole centrale de Nantes, auteur de la théorie sur l'optimisation du produit rendement de combustion par travaux de pompage et l'utilisation fractionnée d'un moteur multicylindre essence.
L'innovation : pour réduire la consommation en régime de charge partielle, seule une partie des cylindres du moteur sont utilisés, à plein rendement, plutôt que tous les cylindres à rendement inférieur. La gestion de l'utilisation des cylindres se fait par électronique.

THANH-VY NGUYEN, 21 ans, étudiante en dernière année de l'ENSGSI de Nancy.
L'innovation : réaliser un hameçon transparent en renforçant un matériau plastique par des nanotubes de carbone.

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