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Le multi-cloud européen Gaia-X présente sa première mouture

Kevin Poireault
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Le multi-cloud européen Gaia-X présente sa première mouture

Le Gaia-X Summit, organisé en ligne les 18 et 19 novembre, a été l’occasion de faire un point d’étape sur cet ambitieux projet européen de fédération cloud européenne. Et de dévoiler une première mouture de l’infrastructure logicielle derrière la plate-forme multi-cloud.

Partie avec 22 membres fondateurs franco-allemands, Gaia-X rassemble aujourd’hui plus 180 membres issus de 18 pays. Les chiffres présentés par Hubert Tardieu, PDG par intérim de ce projet d’offre multi-cloud européenne, lors du Gaia-X Summit les 18 et 19 novembre 2020, sont encourageants. D’autant plus que « la nature des membres est très équilibrée », se félicite le conseiller d’Atos dans son message inaugural. Les fournisseurs de cloud n’en représentant plus que 42%.

Gaia-X a même créé une émulation au sein de certains de ses membres. 3DS Outscale (filiale cloud de Dassault Systèmes), CS Group, EBRC et le Groupe RHEA ont annoncé, la veille du Gaia-X Summit, une nouvelle alliance spatiale numérique, afin de créer des nouveau cas d’usages de la gestion des données dans le secteur aérospatial.

Côté gouvernance aussi, Gaia-X avance bien. Elle s’est dotée, à l’automne, d’une forme juridique d’association internationale sans but lucratif (AISBL). Trois des hubs nationaux chargés de coordonner l’offre multi-cloud au sein des pays sont opérationnels (en Allemagne, en Finlande et en France, où il a été confié au Cigref) et six autres ne devraient pas tarder. Le projet Gaia-X a été entériné par l’Union européenne avec la signature, le 15 octobre, d'une déclaration commune sur la coopération en vue de créer une fédération européenne du cloud articulée autour de Gaia-X.

Un portail plutôt simple…

Toutefois, une chose demeurait floue jusqu’à maintenant : à quoi ressemblera vraiment la plate-forme multi-cloud Gaia-X ? Après près de 8 mois de développement sur plus de 40 cas d’usages avec près de 500 acteurs privés (fournisseurs de services et clients finaux) et 300 organisations publiques, le Gaia-X Summit a été l’occasion d’en dire un peu plus sur son architecture technique. Pour y accéder, rien de plus simple : « l’ensemble des services proposés au sein de Gaia-X seront disponible sur le portail Gaia-X, un site web assez minimaliste muni d’une barre de recherche », indique Pierre Gronlier, responsable de la conception des solutions cloud au sein de l’hébergeur français OVHcloud.




Les clients potentiels pourront faire des recherches par fournisseurs ou par services avec, à chaque fois, la possibilité de filtrer par localisation de la solution – le pays – ou par localisation de l’hébergement des serveurs sur lesquelles elle repose – la ville.
A chaque fois que l’utilisateur accède à un service, le portail lui offre une description de ce dernier, les certifications auxquelles il répond et les services desquels il dépend. Par exemple, un service proposant des applications d’intelligence artificielle peut lui-même utiliser un autre service intégré à Gaia-X –une solution d’hébergement cloud, par exemple. « Sur ce portail, l’utilisateur aura la possibilité de voir l’ensemble de la chaine de confiance garantie par Gaia-X », insiste Pierre Gronlier.

En plus du portail général, les membres de Gaia-X pourront créer des plates-formes spécifiques à un secteur - comme pourrait l’envisager les fondateurs de la nouvelle alliance spatiale numérique –, à un domaine ou même à une région. Par exemple, le Gaia-X Summit a été l’occasion pour Ronny Reinhart, responsable de l’innovation chez l’allemand Cloud&Heat, de présenter un futur portails pour les applications d’intelligence artificielle à destination des entreprises du land de la Saxe, en Allemagne.

… qui cache une infrastructure logicielle complexe

Derrière ces vitrines se cache une architecture technique complexe, résumée par Pierre Gronlier ce 19 novembre. « Chaque fournisseur de services cloud doit créer un dossier d’auto-description sur le répertoire open source Gitlab, dans lequel seront intégrés des dossiers pour chacun de ses services, tous sous les mêmes formats, demandé par la fédération Gaia-X. Nous avons reçu  25 de ces "manifestes" et 31 descriptions de services à l’heure actuelle. » Dans chacun de ces fichiers, le fournisseur doit indiquer quelques caractéristiques techniques obligatoires, comme par exemple, le fait de respecter le RGPD, où d’avoir reçu une certification européenne. Chaque fournisseur pourra également ajouter des informations complémentaires.

Schéma de la procédure d'intégration d'un sefvice dans la plate-forme Gaia-X.

La fédération, soit Gaia-X AISBL, s’assurera, via des organismes indépendants, que l’offre de services des fournisseurs est conforme à ce qu’ils ont déclaré dans leur « manifeste ». Gaia-X AISBL est ensuite chargée d’extraire ces documents de Gitlab et de les entrer dans un catalogue sous forme de graphe – pour montrer l’arborescence de l’écosystème de services cloud – qui s’appuie sur l’infrastructure logicielle Kubernetes, une plate-forme open source  d’orchestration d’applications informatiques développée par Google. Ce graphe est ensuite intégré dans le portail Gaia-X pour une visualisation simplifiée.


Représentation visuelle de l'écosystème Gaia-X.

Une première offre commune de cloud public signée OVHcloud et T-Systems

En plus de répertorier les offres cloud déjà existante, l’objectif de Gaia-X est bien sûr de faire émerger des offres communes. La première pourrait bien être « l’offre de cloud public de confiance » présentée par le français OVHcloud et l’allemand T-Systems. Elle devrait être disponible dès le premier trimestre 2021, ont annoncé Maximilian Ahrens, directeur technique de T-Systems, et Michel Paulin, PDG d’OVHcloud.

« La version alpha de la plate-forme Gaia-X sera prête pour la fin du 3e trimestre de 2021 et un première version finale pour la fin 2021 », a annoncé Klaus Ottradovetz, vice-président d’Atos. Une deuxième version est prévue pour le troisième trimestre 2022. « La fusée est prête, nous sommes parés pour le "moonshot" numérique », s'est enthousiasmé Hubert Tardieu, reprenant l'expression utilisée en juin par le ministre allemand de l’Economie, Peter Altmeier.



Le calendrier sur deux ans de la plate-forme Gaia-X.

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