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« Pour innover, il faut savoir remettre en question ce qui fonctionne » Hervé Balusson (Olmix)

Baptiste Cessieux
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« Pour innover, il faut savoir remettre en question ce qui fonctionne » Hervé Balusson (Olmix)

© ©studio FUN IMAGES

Chaque semaine, Industrie & Technologies prend les chemins de traverse et donne la parole à des personnalités qui ont l'innovation dans la peau. En 12 questions, ces personnes du monde de l'industrie tirent le portrait de cette discipline. Aujourd'hui, découvrez le point de vue de Hervé Balusson, le fondateur et PDG d’Olmix. L’entreprise, spécialisée dans la valorisation des algues et les biotechnologies explore différentes technologies capables d’extraire les nutriments et les molécules à haute valeur ajoutée du goémon breton. En une vingtaine d’années, l’entreprise morbihannaise a essaimé dans 70 pays. Elle emploie 400 personnes et réalise 85% de son chiffre d’affaires à l’export.

Si l'on vous dit innovation, spontanément, vous répondez ?

C’est ce qui fait avancer l’Homme. Sans l’innovation on serait encore dans une grotte, un gourdin à la main !

Votre dernière rencontre avec l'innovation, c'était quand et où ?

Je rencontre l’innovation tous les jours ! Je viens par exemple de visiter le Village By CA, un incubateur hébergé dans les locaux du Crédit agricole de Ploufragan (22). Si ce genre de chose avait existé il y a vingt ans, ça m’aurait sacrément aidé. À l’époque, il fallait encore se cacher pour innover, les mentalités n’étaient pas prêtes. Aujourd’hui, c’est le CA, en pleine terre agricole, qui pousse vers le progrès : ça aussi c’est de l’innovation.

Quelle innovation avez-vous dans la poche ?

Le I-phone (prononcé à la française, ndlr). C’est une réalisation incontournable. Mais c’est également un asservissement de tous les instants.

Votre innovation préférée ?

Les biotechnologies. Réussir à transformer des choses grâce aux subtilités de la nature.

Et celle que vous détestez ?

L’innovation trop marketing. Notamment dans les grands groupes pharmaceutiques. C’est une innovation souvent linéaire et pas toujours réelle. C’est un plan marketing en fait : il faut sortir une innovation à ce moment-là. Peu importe ce que c’est.

Si vous deviez remettre le Nobel de l'innovation, quelle personnalité récompenseriez-vous ?

Sans hésiter à Maryvonne Hiance, la présidente de France Biotech. Cela fait vingt qu’elle travaille sur des traitements personnalisés aux maladies auto-immunes. Jusqu’il y a cinq ans, la recherche pharmacologique n’en voyait aucune utilité et aujourd’hui ces technologies valent des millions au Nasdaq.

Et quelle entreprise ?

Ce serait la start-up taiwanaise KG Bio, leur technologie est révolutionnaire. Les chercheurs utilisent des champignons pour dégrader les déchets organiques en molécule d’intérêt, comme par exemple des polyphénols. En fait, ils font fermenter nos déchets pour en libérer les nutriments et en faire de l’alimentation animale. D’autres le font à base d’insectes, de bactéries, que sais-je encore, mais je pense que ce sont les plus avancés dans le domaine.

La qualité qu'il faut cultiver pour innover ?

La curiosité. Et savoir remettre en question ce qui fonctionne, pas seulement ce qui ne fonctionne pas.

Et le défaut qu'il faut corriger ?

Le fait d’être sûr d’avoir raison. C’est ce qui a tué les plus grandes entreprises.

Citez un livre qui vous a inspiré en matière d'innovation ?

Un livre de Maurice Chevalet. Quand tout bascule par exemple.

En matière d'innovation, vous êtes plutôt...

…start-up ou grand groupe ?

Start-up

…technologie ou service ?

Technologie

...continue ou disruptive ?

Disruptive

Enfin, de quelle innovation rêvez-vous (pas seulement la nuit) ?

Celle qui répondra à notre plus gros défi ! Nourrir et donner une bonne santé à neuf milliards d’êtres humains.

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