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Pour faciliter la chirurgie, les organes se mettent au virtuel

Pour faciliter la chirurgie, les organes se mettent au virtuel

Siemens Healthineers simulation du coeur pour opération de resynchronisation

© Siemens Healthineers

Les jumeaux numériques s’attaquent aux organes du corps humain, cœur en tête, pour personnaliser des prothèses, affiner les traitements et préparer les interventions chirurgicales.

Le jumeau numérique ne s’applique pas qu’aux machines ou aux lignes de production. Il s’attaque à la plus complexe des machineries : le corps humain. "Dans la santé, le jumeau numérique consiste à simuler, organe par organe, un traitement thérapeutique ou une intervention chirurgicale", indique Agnès Malgouyres, la responsable de l’intelligence artificielle (IA) chez Siemens Healthineers.

Cette branche de Siemens spécialisée dans le matériel médical est parvenue à simuler un cœur afin de préparer une opération de resynchronisation. "Cette opération chirurgicale consiste à poser des électrodes sur le cœur d’un patient arythmique pour le remettre en rythme, explique Agnès Malgouyres. Le chirurgien le fait un petit peu à tâtons : il cherche la meilleure réponse en posant les électrodes à différents endroits." C’est pour dépasser ce côté artisanal que le jumeau numérique entre en jeu. En recréant le cœur du patient, il est possible de déterminer la position idéale des électrodes avant l’intervention. "L’étude clinique que nous avons menée au CHU de Bordeaux nous a permis de voir que le cœur simulé réagissait de la même manière que le cœur du patient", se félicite la responsable.

En parallèle, Siemens Healthineers mène des recherches sur la simulation du foie afin de maximiser les réponses d’un traitement contre le cancer. L’objectif, au-delà de l’anticipation d’une opération, consiste à personnaliser les traitements. "Siemens cherche à introduire le principe d’intervention non intrusive, précise Agnès Malgouyres. L’idée étant d’avoir un maximum d’informations avant même de réaliser une intervention."

Une volonté que partage PrediSurge. Cette start-up stéphanoise, créée en 2017, recrée l’aorte des patients atteints d’anévrisme. L’objectif : concevoir une prothèse, un stent, parfaitement adaptés à la pathologie du malade et en préparer la pose. "Les prothèses sont très complexes, car parfois les anévrismes touchent une zone carrefour de l’aorte, d’où partent des artères vers le foie, la rate, les intestins ou les reins", détaille Jean-Noël Albertini, chirurgien et président de la jeune pousse. Jusqu’alors, la conception d’une telle prothèse prenait un mois. Un délai réduit à deux jours grâce à la simulation.

Il a fallu[…]

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