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Interview

[Portrait] Sandrine Mubenga, l'ingénieure qui se bat pour apporter l'électricité à tous

Kevin Poireaultkevin.poireault@industrie-technologies.com
[Portrait] Sandrine Mubenga, l'ingénieure qui se bat pour apporter l'électricité à tous

Avec son égaliseur hybride qui optimise la vie des batteries lithium-ion, Sandrine Mubenga a l’ambition d’apporter l’électricité à ceux qui n’en ont pas. En commençant par les zones les plus reculées de la République démocratique du Congo, son pays d’origine.

Létincelle. Les organisateurs de la première conférence TEDxMontrouge n’auraient pas pu choisir meilleure thématique pour inviter Sandrine Ngalula Mubenga. De son propre aveu, c’est ce mot qui a décidé la professeure en génie électrique, qui partage son temps entre l’université de Toledo, dans l’Ohio, et la République démocratique du Congo (RDC), sa terre natale, à faire un détour par la France en novembre 2019. Grâce à son bi-level equalizer, un égaliseur hybride qui augmente la capacité des batteries lithium-ion, Sandrine Mubenga a gagné une reconnaissance internationale. Elle a reçu divers prix et a été nommée parmi les « femmes qui assurent dans la recherche pour des énergies durables » par le groupe de presse The University Network.

Mais sa passion – « sa dévotion », dirait son cousin Madimba Kadim-Nzuji – pour l’électricité remonte à bien plus loin. À ses 17 ans exactement. Vivant alors à Kikwit, dans le sud-est de la RDC, elle a une appendicite aiguë. « Il fallait que l’on m’opère d’urgence. La ville n’était pourvue en électricité que grâce à un groupe électrogène alimenté en carburant et, malheureusement, il y avait une pénurie d’essence. Pendant trois jours, mes proches ont cherché du carburant partout. J’étais entre la vie et la mort. Cet épisode a été une révélation pour moi : au XXIe siècle, il est inadmissible que des gens meurent à cause du manque d’électricité. Je me suis promis que si je m’en sortais, je dédierais ma vie à trouver des solutions aux problèmes d’énergie. » Ses parents ont fini par trouver de l’essence et les médecins ont pu la soigner.

« Mais avant d’apporter l’électricité dans des endroits comme Kikwit, il me fallait de l’expérience », poursuit Sandrine Mubenga. À 18 ans, elle part pour Kinshasa, la capitale, afin d’effectuer une année de pré-polytechnique à l’université. « Nous étions six filles sur 300 étudiants », se souvient-elle avec un sourire qui en dit long.

De l’entreprise à l’ONG

L’année suivante, elle rejoint l’université de Toledo, aux États-Unis. Pour sa famille, qui y vit, mais surtout pour acquérir de l’expérience, vite. « L’université proposait un cursus en alternance, un semestre de cours, un semestre au sein d’une entreprise », se remémore-t-elle, enthousiaste comme à la première heure. Après un bachelor de cinq ans, mené en alternance chez General Electric, et un bref passage chez Advanced Distributed Generation, qui approvisionne son campus en énergie solaire, l’ingénieure s’engage chez First Energy pour gérer la distribution électrique des villes. « Je me suis rendu compte que toutes les personnes haut placées avaient un[…]

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