Nous suivre Industrie Techno

abonné

Analyse

[Portrait] Emmanuel Edeline invente les moteurs des Ariane du futur

Xavier Boivinet

Sujets relatifs :

, ,
Soyez le premier à réagir

Soyez le premier à réagir

[Portrait] Emmanuel Edeline invente les moteurs des Ariane du futur

Emmanuel Edeline, Ariane group à Vernon

© Guittet Pascal

Expert dans les moteurs cryogéniques des lanceurs spatiaux européens, Emmanuel Edeline dirige le développement de Prometheus, qui équipera les successeurs d’Ariane 6. En innovant tous azimuts.

Le spatial ? Il était loin d’imaginer y faire carrière. « Étudiant, je m’intéressais au sport automobile », se souvient Emmanuel Edeline. Pourtant, il a passé trente-cinq ans à développer des moteurs de fusées à la Société européenne de propulsion (SEP), chez Snecma, Safran et ArianeGroup. « Son expérience en fait l’un des piliers du secteur », assure Jérôme Breteau, le responsable des futurs systèmes de lanceurs à l’Agence spatiale européenne (ESA). « L’universalité de sa connaissance dans les moteurs cryogéniques est quasi unique en Europe », ajoute Hervé Gilibert, le directeur technique et innovation d’ArianeGroup.

C’est cette expertise qui l’a conduit à devenir, en 2018, le responsable du programme Prometheus pour ArianeGroup. « Emmanuel Edeline est l’un des pères de ce projet clé pour le futur des lanceurs en France et en Europe », souligne Jean-Marc Bahu, le sous-directeur adjoint du futur et de l’innovation des systèmes de lancement au Centre national d’études spatiales (Cnes).

Mis en place en 2015 par le Cnes et ArianeGroup, le programme vise à développer le moteur des lanceurs européens qui succéderont à Ariane 6. En cours d’assemblage, le premier prototype devrait être mis à feu cette année. Conçu pour répondre à l’évolution du marché du spatial, ce moteur sera à bas coût, potentiellement réutilisable, largement imprimé en 3D et alimenté non plus par un mélange d’oxygène et d’hydrogène (comme les moteurs d’Ariane 5 et bientôt d’Ariane 6), mais par un mélange d’oxygène et de méthane [lire encadré]. Un choix qui s’inscrit dans une tendance mondiale. Aux États-Unis, SpaceX teste déjà ce couple d’ergols sur ses moteurs Raptor, tandis que Blue Origin envisage de le faire pour son son futur moteur BE-4. Des entreprises chinoises sont également très actives sur le sujet.

« Là-haut dans la forêt, il y a les fusées » 

Le déclic pour le spatial se produit à l’été 1985. Emmanuel Edeline vient de finir son cursus en mécanique à l’École universitaire d’ingénieurs de Lille (aujourd’hui Polytech’Lille). « Un ami breton me parle, sans grand enthousiasme, d’une offre de stage à la SEP… dans les moteurs de fusées. Moi, je trouvais ça extrêmement intéressant ! » Direction Vernon (Eure), où il rejoint le programme Ariane 5, qui venait tout juste d’être décidé. « Il y avait un véritable engouement, une équipe très jeune et une ambiance incroyable autour de ce projet européen extraordinaire. » L’objectif était de passer du moteur HM7 d’une poussée de 7 tonnes au moteur HM60 Vulcain d’une poussée de 100 tonnes. « Il y avait tout à créer. » Aussi bien le moteur que les logiciels de[…]

Pour lire la totalité de cet article, ABONNEZ-VOUS

Déjà abonné ?

Mot de passe perdu

Pas encore abonné ?

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°1040

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2021 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

« Les industriels des méga-constellations doivent prendre en compte des contraintes liées à l'astronomie », déclare Eric Lagadec, président de la SF2A

« Les industriels des méga-constellations doivent prendre en compte des contraintes liées à l'astronomie », déclare Eric Lagadec, président de la SF2A

L'union astronomique internationale présente ce lundi 19 avril un rapport sur l'impact de la pollution lumineuse devant le[…]

19/04/2021 | Satellite
« Notre ambition est d’aller chercher des projets deeptechs le plus en amont possible », déclare Christelle Astorg-Lépine, directrice de BLAST

« Notre ambition est d’aller chercher des projets deeptechs le plus en amont possible », déclare Christelle Astorg-Lépine, directrice de BLAST

Avec UltraAir, les communications laser d'Airbus gagnent les avions

Avec UltraAir, les communications laser d'Airbus gagnent les avions

HyPr Space, la start-up bordelaise qui veut repousser les limites de la propulsion spatiale

HyPr Space, la start-up bordelaise qui veut repousser les limites de la propulsion spatiale

Plus d'articles