Nous suivre Industrie Techno

Focus

Pomme de terre OGM : le décryptage d'I&T

Muriel de Véricourt

Sujets relatifs :

, ,
Pomme de terre OGM : le décryptage d'I&T

© BASF

La commercialisation de variétés de maïs et la culture d’une pomme de terre génétiquement modifiés viennent d’être autorisées par la Commission européenne. Une décision controversée, au point que le gouvernement français a annoncé dans la foulée la saisine du haut Conseil des biotechnologies. Quels sont les enjeux du débat ? Explications.

Retour sur la polémique qui entoure l'autorisation, par la commission européenne, de commercialiser des variétés de maïs et de cultiver une variéité de pomme de terre OGM.

Pourquoi n’entend-on parler que de la pomme de terre ?

Parce que c’est sa culture qui a été autorisée, soulevant la question récurrente d’une possible dissémination de gènes dans l’environnement, alors que pour les maïs, le feu vert a été donné pour la seule commercialisation. De plus, les maïs dont il est question sont  issus du croisement de variétés Monsanto déjà autorisées dans l’Union européenne.

De quoi s’agit-il ?

La pomme de terre Amflora, du groupe BASF, est destinée à produire de l’amidon plus facilement utilisable par l’industrie. Alors que les pommes de terre naturelles produisent un mélange d’amylopectine, utilisée par la fabrication de papiers, de textiles ou d’adhésifs et d’amylose, de moindre intérêt industriel, Amflora a été génétiquement modifiée par introduction dans son ADN d’un gène bloquant la synthèse d’amylose.

Où est le problème ?

Le gène inséré dans l’ADN de la pomme de terre est associé, selon les méthodes classiquement utilisées en biotechnologie, à un marqueur. Dans le cas d’Amflora, il s’agit d’un gène de résistance aux kanamycine et neomycine.
Intérêt : en laboratoire, appliquer l’un de ces antiobiotiques sur les germes de la plante permet d’éliminer celles qui n’ont pas intégré le gène souhaité, donc de sélectionner les plants qui ont effectivement été modifiés comme le souhaite l’industriel.
Inconvénient : cette pratique fait ressurgir l’éternelle querelle sur le risque de dissémination des gènes dans l’environnement, une question cruciale lorsqu’il s’agit de résistance à des antibiotiques.

Existe-t-il des alternatives ?

Classiquement, l’amylopectine est obtenue par séparation, un process coûteux et, ne manque pas de souligner BASF, énergivore. Des chercheurs de l’Institut Fraunhofer ont de leur côté annoncé récemment avoir obtenu un plant de pomme de terre doté des mêmes propriétés par induction de mutations au sein du génome à l’aide d’un agent chimique.

Muriel de Vericourt

Pour en savoir plus : Lisez notre article sur la pomme de terre transformée en usine chimique par les chercheurs de l'Institut Fraunhofer

 

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Le Conseil de l’innovation lance deux grands défis sur la cybersécurité et la bioproduction

Le Conseil de l’innovation lance deux grands défis sur la cybersécurité et la bioproduction

Le troisième Conseil de l’innovation a lancé le 17 avril deux nouveaux grands défis, sur la cybersécurité et[…]

18/04/2019 | InnovationBiomatériaux
Toulouse White Biotechnology (TWB) étoffe ses technologies

Toulouse White Biotechnology (TWB) étoffe ses technologies

Trophée de l’ingénieur manager : Fabien Guillemot, imprimeur de tissus vivants

Trophée de l’ingénieur manager : Fabien Guillemot, imprimeur de tissus vivants

Ecoles d’ingénieurs, Perlan II, œil bionique… les meilleures innovations de la semaine

Ecoles d’ingénieurs, Perlan II, œil bionique… les meilleures innovations de la semaine

Plus d'articles