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Poietis industrialise la bio-impression

Floriane Leclerc

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Poietis industrialise la bio-impression

Des modèles de peau bio-imprimés par la start-up Poietis.

© Capture d'écran Poietis

La start-up girondine Poietis a lancé sa plateforme de bio-impression à cellule unique. A destination des chercheurs et industriels, elle doit permettre de garantir la fiabilité et la reproductibilité des tissus imprimés.

La start-up bordelaise Poietis, spin-off de l’Inserm de Bordeaux, poursuit sa progression en lançant une nouvelle plateforme de bio-impression à cellule unique. Dédiée aux applications industrielles et de R&D, elle doit permettre de fabriquer des produits bio-imprimés pour la médecine régénératrice et l’industrie cosmétique et pharmaceutique, qui cherchent à tester l’inocuité ou l’efficacité de leurs produits.

 

A la différence des technologies conventionnelles de bio-impression, qui déposent les cellules de façon aléatoires, la bio-impression à cellule unique permet d’imprimer le tissu cellule par cellule. La taille des gouttes distillées, qui n’excède pas quelques dizaines de microns, permet de positionner finement chacune d’elles afin de reproduire un motif induisant l’émergence de certaines fonctions biologiques.

 

Avec sa nouvelle plateforme, Fabien Guillemot, son président, entend compléter ce dispositif et “répondre aux trois principaux défis de la bioimpression : la standardisation des procédés de fabrication pour garantir la fiabilité et la reproductibilité des tissus bio-imprimés, le contrôle de la morphogenèse des tissus ainsi que la fabrication de tissus complexes”.

 

Changement de paradigme

 

Chercheurs et industriels disposeront désormais d’un logiciel de CAO cytocentrique, permettant de concevoir des fichiers d’impression décrivant l’organisation tridimensionnelle des différents constituants des tissus à l’échelle cellulaire. La phase d’impression sera assurée par la NGB 17.03, capable d’imprimer en 3D chaque cellule et sa matrice en condition stérile. Son système de déplacement huit axes et ses systèmes de contrôle en temps réel de la fabrication, permettent une impression de haute précision. Enfin, des systèmes de suivi de la phase de maturation, lors de laquelle se développent les processus d’auto-organisation tissulaire, doivent permettre de contrôler et valider la conformité des tissus imprimés.

 

“Aujourd’hui, avec la bio-impression à cellule unique, nous introduisons un changement de paradigme, souligne Fabien Guillemot. La fabrication des tissus n’est plus conditionnée par les limites des spécifications techniques des bio-imprimantes, mais guidée par la biologie et la nécessité de contrôler l’environnement des cellules à l’échelle cellulaire.”


Le développement et la fabrication de tissus biologiques, aujourd’hui destinés à la médecine régénératrice et l’industrie cosmétique et pharmaceutique, n’en sont qu’à leurs débuts. Estimés à 15 milliards de dollars en 2014, les enjeux économiques devraient doubler d'ici 2018. Avec cette nouvelle plateforme, la société creuse son sillon. Elle prépare d’ailleurs une levée de fonds de 4 à 6 M€ pour la fin de l’année et s’apprête à recruter.

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