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PLM : Un sous-traitant donne de la voix

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Paris.Aux journées PLM organisées par Industrie et Technologies, une douzaine d'entreprises ont fait part de leur première expérience en la matière. Plus inattendu, le patron d’Assystem Etudes a fait entendre la voix des

Industrie et Technologies organisait au début octobre les journées annuelles du bureau d'études. La rencontre de cette année était placée sous le signe du PLM (product lifecycle management) avec comme titre générique, 'comment optimiser les processus de développement produit au sein de votre entreprise et avec vos partenaires ?'.

Une douzaine d'industriels, de Renault à Thales Electronic Devices en passant par Décathlon ont exposé leurs premières expériences dans le domaine. Parmi eux, un sous traitant, le bureau d’études Assystem Etudes. Cette journée a été pour son directeur général, Mohamed Bouighamedane l’occasion de faire entendre la voix de la sous-traitance et mettre en évidence les problématiques spécifiques que pose cette technologie.

Le passage à l'entreprise étendue suppose que les donneurs d'ordres partagent leurs méthodologies de travail avec leurs sous-traitants, sans forcément leur imposer des outils spécifiques. « La réalité est un peu différente. Nos donneurs d'ordres sont très libéraux à partir du moment où l'on échange avec eux des informations natives dans la dernière version de logiciels qu'ils ont mis en place. On voit donc que le véritable partenariat qu'ils prônent est plus difficile à mettre en place qu'ils ne le disent », estime Mohamed Bouighamedane.

De fait, Assystem doit investir chaque année 8 % de son chiffre d'affaires (100 M€) pour faire évoluer, suivant les souhaits de ses donneurs d'ordres, son parc informatique de 600 stations de travail et 900 PC dédiés à des applications scientifiques et techniques. « Cela est d'autant plus coûteux que les éditeurs nous font payer au prix fort les licences de leurs logiciels. Pour Cadds 5, par exemple, logiciel largement utilisé dans les multiples programmes aéronautiques et militaires, le ratio de prix varie de 1 à 2,4 suivant que l'on est Airbus ou sous-traitant. Mais cela est tout aussi vrai pour les autres éditeurs', constate Mohamed Bouighamedane.

Si l'on ajoute à cela les indispensables efforts de formation, l'obligation de donner une compétence multi-logiciels aux personnels voire multi-sectorielle, le tout dans un contexte où l'on demande aux sous-traitants d'être implanté à proximité de leurs donneurs d'ordres et de réduire régulièrement leur prix, on comprendra aisément les difficultés de la profession. Cela a d'ailleurs conduit à de multiples dépôts de bilan intervenus ces derniers mois chez des sous-traitants d'études et au phénomène de concentration qui se développe.

« Nos donneurs d'ordres doivent toutefois faire attention de ne pas tuer leurs sous-traitants à petit feu en pressurant continuellement leurs marges, car cela conduirait à une perte indéniable de savoir-faire et de capacité d'études, qui leurs serait préjudiciable sur le moyen terme. Certes, nous pouvons toujours transférer certaines études vers des pays à faible coût de main d'œuvre, mais cela ajoute des risques sur la confidentialité, ainsi que sur la réactivité. De même, nous pouvons nous recentrer sur nos savoir-faire les plus rentables et laisser de côté les activités les moins lucratives, mais quid des prestations globales qui nous sont demandées ? De même, nous pouvons développer l'usage des outils informatiques pour améliorer le travail en plateaux virtuels organisés, afin de réaliser des maquettes et modèles justes à 100 % dès le premier coup. Mais cela à un coût qu'il faut que nos donneurs d'ordres acceptent de financer en partie en réduisant leur pression sur les prix », conclut Mohamed Bouighamedane.

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Jean-François Préveraud

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