Nous suivre Industrie Techno

La semaine de Jean-François Prevéraud

PLM : TraceParts met les composants à disposition de tous partout

Jean-François Preveraud
PLM : TraceParts met les composants à disposition de tous partout

La nouvelle version de TracePartsOnline.net

© DR

Petit tour en Normandie cette semaine pour aller voir le groupe Trace et découvrir en avant-première et en exclusivité la version 3 du portail TracePartsOnline.net, qui ne sera officiellement annoncée que lundi prochain.

Mais tout d’abord faisons un rapide historique du groupe. « Trace a été créé en 1990 avec 4 personnes autour de deux logiciels : DimBase devenu ParaBase, un outil 2D paramétrique fonctionnant dans le monde Autocad ; et CadBase, pour faire des liaisons entre des éléments de base de données et des entités graphiques d’Autocad, afin de faire des nomenclatures », rappelle Etienne Mullie, fondateur du groupe.

Pour répondre aux attentes des clients pour des produits plus complets, ParaBase et CadBase ont été regroupés en 1995 dans TR-Méca, qui comportait aussi du calcul de structure par éléments finis, et TR-Elec, qui comme leurs noms l’indiquent étaient des applicatifs métiers autour d’Autocad. Mais à cette époque Genius faisait la même chose, avec Vario pour le paramétrique, dans le domaine mécanique sur un marché allemand plus conséquent. A tel point qu’Autodesk a adopté en 1996 la technologie de Genius pour créer Autocad Mechanical.

Pour contrer cette hégémonie, plusieurs éditeurs dont Trace en France et SoftMec en Italie ont créé La Mechanical Developer Alliance, mais cela n’a pas été suffisant. D’autant qu’Autodesk a fini par acheter Genius en 1998 !

« Nous avons ainsi perdu 70 % de notre marché. Nous avons alors scindé la société en deux entités Trace Parts et Trace Software. Trace Parts s’est recentré sur la création de catalogues de composants en 3D indépendants des outils auteurs de CAO, tandis que Trace Software poursuivait le développement des outils de CAO-Electrique, en intégrant en plus le logiciel de calcul TR-Ciel venant de l’Apave », résume Etienne Mullie.

Trace Parts a alors surfé sur la vague du besoin de contenus, d’abord sur CD-Rom puis On Line, pour les logiciels 3D performants et pas chers initialisé par SolidWorks. Ainsi est sorti TraceParts V1 dès 1999. Du côté électricité, TraceElec Pro est venu remplacer le couple TR-Elec/TR-Ciel en 2001.

La monté en puissance du On Line

L’activité Trace Parts a été filialisée en 2001, ce qui lui a permis de faire l’acquisition des activités européenne de l’allemand Web2Cad en 2004, qui proposait des catalogues de composants 3D via le Web. Trace a ainsi pu développer son portail en ligne TraceParts OnLine. Parallèlement, tous les éditeurs de CAO 3D, sous la pression de leurs clients, se sont sentis concernés par le besoin d’accéder aux catalogues de composants 3D en ligne, et ont commencé à signer des accords de développement avec TraceParts (Alibre ; Autodesk ; Dassault Systèmes ; Missler SoftWare ; PTC ; SolidWorks ; Spatial ; Spaceclaim ; Think3…).

Côté électricité, TraceElec Pro a cédé la place en 2005 à ElecWorks, plus adapté au marché international, car tout ce parcours de Trace a été marqué par une expansion à l’international, ponctuée par la création de filiales en Allemagne en 2005, aux USA en 2006 et en Chine en 2008. Des activités qui sont gérées par la filiale Trace Software International, créée en 2007.

TracePartsOnline.net V3

La nouvelle version de TracePartsOnline.net repose sur une interface utilisateur totalement repensée, disponible en 24 langues différentes. Elle permet aux utilisateurs de trouver, configurer et télécharger rapidement et efficacement les données produits de plus de 100 millions de composants, issus de centaines de catalogues fournisseurs. Les visiteurs bénéficient également d’une ergonomie optimisée pour la recherche, la navigation, la visualisation 3D, la configuration et enfin le téléchargement des données produits.

La nouvelle fonctionnalité “Mon TraceParts” permet aux utilisateurs de gérer leurs catalogues, catégories, produits et références favoris pour accéder encore plus rapidement au contenu qui les intéresse. Ils peuvent également retrouver en 2 clics les modèles CAO qu’ils ont précédemment téléchargés et les commentaires qu’ils ont publiés sur les produits.

TracePartsOnline.net affiche une nouvelle typologie de contenu, afin que les utilisateurs sachent clairement quels catalogues et quels produits contiennent de la 2D, de la 3D, des fiches techniques, des liens externes sur des pages produits, des demandes de devis automatiques, etc.

La base installée est de 20 000 licences industrielles payantes. Tandis que le portail TraceParts OnLine.net a franchi la barre du million d’utilisateurs inscrits. Sur la seule année 2010, TracePartsOnline.net a délivré plus de 23 millions de modèles CAO et 65 millions de pages vues à une communauté de concepteurs très dynamique.

Des bons résultats et une stratégie d’innovation qui ont permis à Trace de rejoindre en 2010 Oséo Excellence, qui regroupe les 2 000 entreprises françaises les plus dynamiques en termes d’innovation.

Trouver le bon modèle

TraceParts vise à remplacer gratuitement pour l’utilisateur tous les catalogues papiers utilisés dans les bureaux d’études pour choisir et dimensionner des composants par un système OnLine, qui permet en plus d’intégrer directement dans les projets en cours les modèles 3D des composants retenus, quel que soit le système de CAO utilisé.

Du côté des fabricants de composants cela doit être vu comme l’occasion de transformer des plans 2D et des données techniques en un véritable outil de marketing 3D et d’aide à la vente. Ce sont eux qui financent le développement du leur catalogue 3D en ligne.

Du côté des utilisateurs, cela permet d’avoir accès en quelques clics de souris à plus de 100 millions de modèles 3D, issus de plus de 320 fournisseurs, et de pouvoir comparer rapidement des produits concurrents avant de fixer son choix et de rapatrier directement les modèles 3D dans son projet en cours dans le format natif de son outil de CAO.

Un business model qu’il n’a pas été facile d’imposer. « Les utilisateurs finaux, qui achètent les composants, n’ont jamais voulu payer pour accéder à des catalogues. Du côté des fabricants, on ne voyait pas au début l’intérêt d’offrir des modèles 3D. De fait personne ne voulait payer. Nous avons donc développé sur nos fonds propres les premières modélisations, que l’on vendait difficilement à certains bureaux d’études qui avaient compris le gain qu’ils avaient à ne pas redessiner les composants. La montée en puissance des systèmes de CAO 3D a fini par convaincre les fabricants de composants du bien fondé de notre démarche et la demande a explosé, tout comme l’utilisation ».

« Reste que si l’on cumule en les dédoublonnant les offres de TraceParts et de ses principaux concurrents (Cadenas et Catalog Data Solution, essentiellement sur le marché américain), ont a moins de 10 % des fabricants de composants standard dans le monde qui disposent d’un catalogue 3D en ligne », déplore Gabriel Guigue, responsable de l’activité TraceParts. Mais il reste toutefois confiant dans l’avenir : « Cela va s’accélérer avec la démocratisation de la 3D. De plus, il y a de fortes disparités régionales, notamment en faveur de l’Europe où l’usage de la 3D est plus développé. Par contre, au Japon 70 % des nouvelles études sont encore lancées en 2D ».

Un coût de développement raisonnable

Les coûts de développement d’un catalogue 3D en ligne sont très variables. Ils dépendent de la complexité de l’architecture du catalogue à créer, ainsi que du volume de composants à modéliser avec la technologie propriétaire de TraceParts, d’autant qu’une faible minorité de fournisseurs sont capables de fournir des modèles numériques à jour et réutilisables de leurs propres composants. « Certains grands noms de l’électrotechnique ou du pneumatique en sont même réduits à nous envoyer les composants physiques pour que nous fassions les relevés de cotes et la modélisation », constate Gabriel Guigue.

Il en va de même pour les métadonnées permettant de classer des produits et d’afficher une désignation riche. « Il y a très peu de fournisseurs de composants qui disposent de cela sous une forme structurée et homogène à travers leurs différentes marques. Nous sommes encore très loin de l’uniformisation et de la standardisation bien souvent clamée. Nous avons donc encore un très gros travail de prestation à la création du catalogue et ensuite il y a un coût récurrent à la diffusion qui est fonction du volume ».

Cela se traduit en termes de coût par une fourchette qui va de 2 000 à 50 000 € par an pour les fournisseurs de composants. Ce qui est relativement modeste par rapport au coût de création, d’impression et de diffusion d’un catalogue papier, certes plus flatteur, mais moins pratique. « D’autant plus, qu’ils récupèrent aussi les informations nominatives sur les utilisateurs qui ont chargé leurs modèles ».

« L’activité TraceParts de création de catalogues 3D en ligne est le fruit d’une véritable travail en partenariat avec les industriels pour qui nous créons ces catalogues. Il ne peut pas en être autrement car c’est très intrusif, un catalogue étant le reflet de la stratégie et de la structuration d’une entreprise. Et de fait nos clients sont à la fois très satisfaits de notre technologie informatique et de nos prestations, ce qui fait qu’ils nous restent fidèles », constate Etienne Mullie.

Du modèle 3D au PLM

Au-delà de la géométrie 3D récupérée dans leurs projets les utilisateurs les plus avancés souhaitent aller beaucoup plus loin. « Les grands groupes veulent pouvoir interfacer directement notre contenu avec leurs systèmes d’information tel le PLM. Un Michelin par exemple veut avoir une vue Michelin sur des catalogues standard. Il va par exemple utiliser les données du catalogue Schneider, que l’on ne peut pas lui vendre car nous n’en sommes pas propriétaires, mais on va par contre lui vendre du service pour interfacer ce catalogue Schneider avec son propre système d’information, de façon à ce que dans son PLM ce ne soit plus la référence Schneider qui est géré et affiché, mais la référence Michelin », explique Gabriel Guigue. Par contre, l’utilisation standard actuelle visant au téléchargement au coup par coup restera gratuite. 


                                    

                                         Facom utilise les services de TraceParts 
                                                 pour son catalogue en ligne


Mais cette problématique se complexifie si l’on veut pouvoir gérer en même temps dans la même interface de multiples catalogues. « La problématique est de décrire, de codifier et de classer de la même manière toutes les offres. Une démarche qui intéresse l’automobile à travers l’Afim (Association française des ingénieurs et responsables de maintenance), qui a mis en place la démarche ec@t-npmi.net de e-catalogue communautaire multimarques multilingue. Une démarche qui intègre le standard international de classification et de description de produits et composants industriels eCl@ss ».

Ces dernières se veulent être un référentiel de classification, de codification et de description universels, replaçant les outils propriétaires de chacun des fournisseurs de composants. Reste que malheureusement, en dehors de la France et de l’Allemagne les eCl@ss sont inconnues. De plus, elles empêchent les fabricants de se démarquer des produits de leurs concurrents en utilisant ne serais-ce qu’un vocabulaire différent. Leur succès, s’il vient, ne sera donc qu’à long terme.

« Une idée que nous avions déjà en 1992 avec DVB4 notre première bibliothèque de composants où à l’aide d’un moteur de recherche unique, d’une classification unique et d’attributs pertinents, nous pouvions faire des recherches dans les catalogues Norelem, SNR, etc. », conclut Etienne Mullie.

A la semaine prochaine,

Pour en savoir plus : http://www.trace.fr & http://www.traceparts.com & http://www.tracepartsonline.net 

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis près de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

 

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

« Implant Files » : pourquoi les implants médicaux sont dans la tourmente

« Implant Files » : pourquoi les implants médicaux sont dans la tourmente

C'est un nouveau scandale sanitaire. Après l'affaire des implants mammaires « PIP », une enquête du[…]

IRT Saint-Exupéry : les nouvelles plateformes technologiques opérationnelles

IRT Saint-Exupéry : les nouvelles plateformes technologiques opérationnelles

Drone à hydrogène : le rêve de deux start-up françaises

Drone à hydrogène : le rêve de deux start-up françaises

[Photo Tech] L’impression 3D mobile de bâtiments

[Photo Tech] L’impression 3D mobile de bâtiments

Plus d'articles