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La semaine de Jean-François Prevéraud

PLM : Teratec veut démocratiser le calcul hautes performances

Jean-François Preveraud
L’association en charge de la simulation numérique hautes performances mettra dès l’année prochaine à la disposition des entreprises des moyens lourds de calcul. Une réponse, qui se veut économique, à une vraie demande industrielle. Christian Saguez nous explique la démarche de Teratec.

 

Juste avant les vacances estivales, j’ai profité du Forum Teratec 2009 pour rencontrer Christian Saguez, président de l’association Teratec, véritable pôle de compétence européen dans le domaine de la simulation numérique hautes performances.

La simulation numérique hautes performances est tout à la fois un élément essentiel à la compétitivité des entreprises et un outil indispensable pour les grands challenges scientifiques. Ainsi, elle permet de développer plus rapidement des produits mieux adaptés aux besoins des clients, mais aussi d'analyser et de comprendre des phénomènes complexes ", explique Christian Saguez.



Dès 2003, le CEA, qui est un grand utilisateur précurseur de ces technologies, a décidé, dans le cadre de sa mission de service public, d’en assurer la promotion tant auprès des industriels que des universitaires. L’objectif était aussi de fédérer les besoins des utilisateurs pour orienter les développements à entreprendre. "  Ainsi est né Teratec, véritable pôle de compétitivité avant l’heure ".

Utilisateurs, universitaires et fournisseurs

On y retrouve maintenant parmi ses membres, à la fois : des industriels utilisateurs de multiples secteurs manufacturiers ou de services ( Airbus ; CSTB ; Dassault Aviation ; EADS ; EDF ; Schneider Electric ; Société Générale ; ST Microelectronics ; Total…) ; de grandes laboratoires et recherches et universités ( CEA ; CNRS ; Ecole Centrale de Paris ; Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris ; Ecole Normale Supérieure de Cachan ; Ecole Supérieure d'Electricté ; Institut Français du Pétrole ; INRIA ; Institut National des Télécoms…) ; enfin des entreprises informatiques, dont nombre d’acteur du PLM, sont venues rejoindre ce cercle de réflexion ( Alcatel Lucent ; Ansys ; Bull ; CD Adapco ; Communication & Systèmes ; Distène ; Engin Soft ; ESI Group ; Eurobios ; Fujitsu ; HP France ; Intel ; Medysys ; Microsoft France ; NVidia ; Open Cascade ; Samtech ; Serviware ; SGI ; Sun Microsystems…).

Outre les actions de promotion de la simulation numérique hautes performances auprès des industriels, telle le Forum Teratec 2009 qui a accueilli plus de 600 spécialistes du calcul, l’association est à l’initiative ou participe à des projets de R&D dans le cadre du pôle Systematic ou de l’Agence Nationale de la Recherche. "  Il s’agit alors bien souvent d’assurer un véritable transfert de technologies vers les industriels utilisateurs, notamment les PME ", constate Christian Saguez.

Enfin, l’un des objectifs de l’association est de mettre à disposition des industriels des moyens lourds de calcul, bien souvent financièrement hors de leur portée. C’est notamment le cas pour le Centre de Calcul Recherche et Technologie (CCRT) qui fait partie du complexe de calcul scientifique du CEA. Ce centre dispose à la fois de moyens de calcul parallèles et vectoriels, dont la puissance de calcul atteint actuellement 47 Teraflops.

Un centre de calcul petaflopique dès 2010

Mais nous allons aller beaucoup plus loin dès l’année prochaine avec le Campus Teratec. Nous aurons dans le cadre d’un partenariat public/privé un ensemble de bâtiments, dont le gros œuvre est maintenant terminé, de plus de plus de 13 000 m², ou plus de 1 000 personnes pourront travailler. Outre des bureaux mis à la disposition de nos membres, ce complexe accueillera : une pépinière d'entreprises spécialisées en calcul haute performance ; des laboratoires collaboratifs ; des plates-formes de services associés ; et un institut de formation dédié au calcul haute performance en collaboration avec l’ Université de Versailles - Saint-Quentin en Yvelines ".

Le tout sera bien évidemment doté de moyens de calcul performants regroupés au sein du Très Grand Centre de Calcul. Ce TGCC hébergera notamment les futures machines du CCRT, d’une puissance de 0,5 Petaflops et la machine européenne Prace d’une puissance de 1 Petaflops. "  Il s’agit là d’un outil unique qui nous permettra de maîtriser des technologies clés qui évoluent très vite, en maintenant et en ouvrant aux entreprises une capacité de recherche importante en France ".

Mais que l’on ne s’y trompe pas la mise à disposition de tels moyens de calcul n’est pas uniquement destiné à réduire les temps de simulation. Les performances des machines vont permettre, non plus de donner un résultat dans un cas précis, mais de traquer les incertitudes et d’explorer des domaines de tolérances en donnant des plages de validité des résultats des simulations. On sera ainsi beaucoup plus précis dans l’analyse des phénomènes en affectant des probabilités aux résultats.

On sent un réel besoin des industriels et des chercheurs de disposer de capacités importantes de simulation virtuelle pour, à la fois, accélérer leurs développements, optimiser leurs produits et réduire leurs coûts. Il faut leur donner la possibilité d’utiliser ces techniques et ces outils, afin qu’ils restent à la pointe de la technologie dans leurs domaines respectifs. C’est ce que leur permettra le Campus Teratec dès 2010 ", conclut Christian Saguez.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus :
http://www.teratec.eu

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 28 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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