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PLM : Spring surfe sur la simulation d’usinage

Jean-François Preveraud
PLM : Spring surfe sur la simulation d’usinage

Gilles Battier, PDG de Spring Technologies

© DR

L’éditeur français bénéficie du déploiement des outils de simulation d’usinage chez nombre d’industriels et de son savoir-faire en post-processeur pour réaliser une croissance de 30 %. Il mise aussi sur son rôle d’intégrateur PLM ayant une vision globale allant jusque dans l’atelier.

Nous avions rencontré en début d’année Gilles Battier, PDG de Spring Technologies, intégrateur de solution PLM et éditeur d’outils pour l’atelier numérique (Voir notre article), qui nous avait expliqué le début de reprise économique qu’il ressentait depuis le mois de novembre 2010. Nous l’avons à nouveau rencontré à la fin du premier trimestre et les chiffres qu’il nous a donnés confirment cette reprise, qui s’avère même plus forte que prévue.
« Globalement nous avons clos notre premier trimestre fiscal sur un chiffre d’affaires de l’ordre de 3 millions d’euros en croissance de 30 % par rapport à la même période de l’année passée ». Pour mémoire, Spring Technologie a réalisé un chiffre d’affaires total de 7,5 M€ en 2010.

Une performance que Gilles Battier attribue au savoir-faire de plus en plus rare que sa société entretient dans le domaine de la FAO. « Beaucoup d’acteurs, tels MDTVision, se désengagent progressivement de ce domaine et rares deviennent les prestataires capables de développer des post-processeurs pour les machines-outils à commande numérique. Ce qui fait que nous sommes de plus en plus sollicités ».

Dans le même temps, les usineurs voient de plus en plus les post-processeurs et les outils de simulation d’usinage comme un tout indissociable, ce qui amène beaucoup de nouveaux clients vers Spring, séduits par les performances de NCSimul, son outil de simulation.

Une progression des besoins et du chiffre d’affaires qui vont conduire Spring Technologies à embaucher rapidement une vingtaine de techniciens et ingénieurs, à la fois pour supporter les clients et pour renforcer les équipes de R&D.

Vers une approche plus globale de la simulation

Cette évolution du marché conduit ainsi à des projets plus gros et plus stratégiques, car nombre de clients sont maintenant en phase de déploiement de la simulation d’usinage dans leurs ateliers. « C’est par exemple le cas chez notre client allemand Brasler, qui réalise des outils dans le domaine du médical, et qui vient de nous signifier un contrat de 400 k€ portant sur une petite demi-douzaine de licences NCSimul, la réalisation de post-processeurs venant derrière Pro/Engineer pour l’ensemble de son parc et la fourniture de logiciels de notre gamme Atelier Numérique, tels NCPlayer pour la visualisation en atelier ou NCDoc pour la gestion de ses documents de production ».

Les utilisateurs passent ainsi d’une licence de simulation utilisée uniquement pour lever les doutes sur quelques phases d’usinage ou sur l’utilisation des machines atypiques, à l’intégration de la simulation systématique dans le processus de travail standard de l’entreprise. On ne parle alors plus des mêmes volumes d’affaires, tant en licences qu’en conseils et services d’accompagnement sur une période pouvant atteindre un an suivant la taille du parc installé.

Autre contrat significatif, celui obtenu chez Safran. « C’est un de nos clients historiques dans le domaine de la simulation d’usinage où il est parmi les plus matures en Europe. Là aussi la simulation fait maintenant partie du processus standard de FAO et ils sont entrain de la déployer dans l’ensemble de leurs usines françaises, mais aussi au Mexique et aux USA. On travaille aussi avec eux sur les problèmes d’optimisation des conditions de coupe et la gestion des outils coupants ».

Mais les grands groupes industriels n’ont pas l’apanage des investissements dans ce domaine. « Ainsi des PME comme Freyssinet Aéro Equipement ou Coquil ont-elles profité de la crise pour investir dans ces technologies de pointe, afin d’améliorer leur productivité et leur compétitivité, pour être plus attractives lors de la reprise ».

Dans le domaine naval militaire, DCNS est lui aussi entrain de déployer la simulation d’usinage sur l’ensemble de ses sites de production, dans le contexte plus global d’un PLM descendant jusque dans l’atelier, domaine où Spring joue le rôle d’intégrateur.

Un rôle d’intégrateur qui trouve tout son sens avec le renforcement des liens avec SAP, dont Spring est devenu en début d’année Services Partner (Voir notre article). « SAP est entrain de redécouvrir qu’ils ont un outil tout à fait correct de PLM, qui était malheureusement noyé dans leur offre globale ERP. On sent que cela se réveille tant au niveau commercial que technique ».

« Nous allons renforcer cette approche PLM car nous sommes les seuls à avoir une vision globale du PLM jusqu’à l’atelier », confie Gilles Battier.

Une avance certaine par rapport à Vericut

Autre sujet de satisfaction pour Gilles Battier, l’international. Ainsi aux USA, NCSimul a-t-il réussi à convaincre après des benchmarks les militaires de l’US Army ou les usineurs de Raytheon dans le domaine de la défense, de sa plus grande efficacité par rapport au produit concurrent local, Vericut.

Dans le domaine aéronautique le sous-traitant canadien Marquez dans les composites ou le mexicain Kuo Aerospace, cherchent à augmenter leur productivité avec nos outils de simulation, afin de faire face à un plan de charge qui se sature. Autres belles références américaines, le constructeur de machines-outils Cincinnati et Pulse Medical.

« Tous ces succès outre-Atlantique plébiscitent l’avance technologique que nous avons sur notre concurrent direct, Vericut. Les choix technologiques et d’architecture que nous avons fait il y 4 ou 5 ans s’avèrent pleinement payants, car ils nous apportent la performance et l’ergonomie maintenant nécessaires. La formation est ainsi 2 fois plus rapide que chez nos concurrents. L’un de nos clients, qui a mené un benchmark très précis sur une journée de travail en conditions réelles, estime que globalement NCSimul est 2 fois plus rapide que Vericut et que l’écart se creuse quand on monte en complexité de programme d’usinage ».

Une différence qui s’explique historiquement. Les développeurs de Vericut sont partis de la FAO, et non pas des codes ISO comme NCSimul, et ils se sont d’abord intéressés à l’enlèvement de matière, puis à la simulation de l’environnement machine. « Et de fait, les utilisateurs doivent en permanence passer de l’un à l’autre, ce qui leur fait perdre beaucoup de temps. Alors que dans NCSimul les deux sont parfaitement intégrés. Nous avons donc encore des possibilités de progression sans casser notre architecture, ce qui n’est pas le cas de notre concurrent ».

Une nouvelle culture opérationnelle

A L’instar de ses clients, Gilles Battier a aussi profité du calme relatif de 2010 pour améliorer la productivité et l’efficacité de sa propre entreprise. « J’ai lancé un projet interne baptisé NCO (Nouvelle Culture Opérationnelle) pour remettre à plat notre démarche. Il faut inverser la pyramide. Si je guide l’entreprise ce n’est pas moi qui suis au contact direct de nos clients, je n’en voit que 5 % par an. Ce qui fait la richesse de mon entreprise ce sont ses salariés qui sont au contact de nos clients. Ce sont mes capteurs, qui m’informent en permanence sur les tendances du marché et les besoins de nos clients, voire sur les produits concurrents. Ce sont donc eux qui doivent ‘‘piloter’’ le développement de nos futurs produits pour qu’ils répondent aux besoins de nos clients. Pour cela, il faut que chaque salarié fasse remonter les informations du terrain, et participe aux prises de décisions ou pour le moins sache le traitement qui est fait de chaque information qu’il a remontée ».

Une approche ‘‘bottom-up’’ qui prend tout son sens à l’international. En effet, les filiales et partenaires implantés en Allemagne, en Suisse et au Japon sont au contact quotidien avec ce qui se fait de mieux dans le domaine de la production complexe. « Charge à eux de faire remonter les informations sur les nouvelles méthodes qui apparaissent dans ces pays et qui ne manqueront pas de diffuser vers les autres pays industrialisés ». Mais Spring entend aussi beaucoup apprendre aux USA où là les aspects marketing et commerciaux sont en avance.

Une approche dont les grands utilisateurs ne seront pas absents, puisqu’ils seront consultés sur la ‘‘Road-Map’’ de développement, tant technologiquement que fonctionnellement.

Une ouverture vers le service

Autre sujet de réflexion le mode SAS (Software As Services), qui peut intéresser notamment les PME, qui n’ont pas encore forcément les besoins suffisants pour utiliser une licence de simulation d’usinage à plein temps, voire les entreprises qui n’ont qu’un besoin ponctuel par projet que quelques fois dans l’année. « Mais dans ce cas, elles ne pourront pas non plus avoir l’expert à mettre devant l’écran. Ne faut-il pas alors envisager un service global apportant à la fois l’outil et l’expert capable d’en tirer la quintessence ? », conclut Gilles Battier.

On le voit Spring Technologies ne manque pas d’idées de développement pour poursuivre sa belle croissance.

A la semaine prochaine,

Pour en savoir plus : http://www.springplm.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis près de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef. 

 

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