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La semaine de Jean-François Prevéraud

PLM : MSC.Software prêt pour la reprise

Jean-François Preveraud
PLM : MSC.Software prêt pour la reprise

"Il y a fort à parier que l’écosystème autour de MSC.Software va s’agrandir rapidement".

© DR

Rencontre avec Kaïs Bouchiba, senior Vice-President EMEA de l’éditeur MSC.Software. L’occasion de faire le point sur le marché du calcul et de la simulation, ainsi que sur les perspectives de la société, 6 mois après sa reprise par STG.

« On peut dire que depuis 5 ans nous avons complètement réécrit notre offre pour offrir un portefeuille intégré d’outils de calcul de structure multi-displinaires autour de Nastran, Marc et Adams. Il y a autour de cela toute une ribambelle de produits de niche, qui ne sont pas négligeables et sont même incontournables si l’on veut faire du calcul de structure de très haut niveau », explique Kaïs Bouchiba, senior Vice-President EMEA de MSC.Software.

Une réécriture rendue nécessaire pour faire une intégration qui va bien au-delà des points de vue marketing et gestion des licences. C’est le cas depuis l’arrivée de MD Nastran et MD Adams, (MD pour Multi Disciplinaire) qui, pour le premier, est la synthèse de l’offre calcul de structure par la méthode des éléments finis de MSC.Software en intégrant Nastran, Marc, LS Dyna et Dytran. Le second regroupant l’ensemble de l’offre de MSC.Software dans le domaine de la simulation dynamique des systèmes multi-corps. « Une réécriture qui a porté ses fruits, car maintenant MD Nastran est devenu le solveur dimensionnant des principaux constructeurs automobiles, aéronautiques et spatiaux, en position pour éroder largement les positions des produits concurrents, tel Abaqus qui a bénéficié de son avance dans le domaine non-linéaire. Outre une bonne couverture de ces aspects, MD Nastran leur offre en plus une seule interface, un seul fichier ‘‘inputs’’ pour couvrir l’ensemble de leurs besoins de simulation ».

Un effort de réécriture et d’intégration qui reste à faire chez les concurrents tels Ansys qui dispose d’un portefeuille applicatif certes étendu avec Ansys pour la structure, Flotran, CFX et Fluent pour la mécanique des fluides, Ansoft pour l’électromagnétisme, mais totalement hétérogène. 

                                          

                             Modélisation des efforts dynamiques sur une éolienne 
                                                  à l'aide de MD Adams R4



Réécrire aussi les pré/post-processeurs


Cinq années qui ont été difficiles pour MSC.Software, car il n’y avait pas de nouveaux produits à annoncer, mais l’image et la réputation de l’éditeurs, ainsi que la qualité et la robustesse de ses produits lui ont permis de franchir ce cap. Cette nécessaire étape d’intégration faite, MSC.Software entend maintenant passer à la même phase de réécriture pour le pré/post-processeur Patran, afin de rehausser le niveau de performance de l’environnement de calcul SimXpert.

« On aura à partir de l’année prochaine un SimXpert abouti, apportant une réelle valeur ajoutée en terme de gains de productivité à nos utilisateurs. N’oubliez pas que dans le processus de calcul/simulation, de l’import de la géométrie à la rédaction du rapport final, le temps de calcul proprement dit par le solveur ne représente en moyenne que 4 %. Ce qui prend du temps, c’est le pré-processing (gestion et nettoyage de la CAO, maillage, application des conditions limites et des chargements…) et le post-processing. Ces deux aspects sont stratégiques pour les utilisateurs. C’est donc la bataille que nous devons mener et gagner très vite pour répondre aux attentes de nos clients ».

Il faut aussi constater que son acquisition à l’automne dernier par Symphony Technology Group (voir notre article) donne un peu plus de temps à MSC.Software. « Nous ne sommes plus sous la pression boursière à court terme des résultats trimestriels. Cela nous laisse un peu de temps pour écrire notre nouvelle page à tête reposée. Cela ne veut toutefois pas dire que nous ne sommes plus intéressé par le revenu et la marge, qui restent des éléments indispensables à notre pérennité ».

Des acquisitions en vue ?

Kaïs Bouchiba considère même que MSC.Software est une des pierres angulaires de Symphony Technology Group dans le domaine du calcul. « Il y a fort à parier que l’écosystème autour de MSC.Software va s’agrandir rapidement et que des acquisitions seront annoncées. Cela peut aller de la petite technologie qui complèterait SimXpert à une acquisition importante complétant notre offre dans un créneau que nous couvrons mal ou pas. Une acquisition qui serait directement intégrée dans MSC.Software ».

Une acquisition qui pourrait peut-être se faire dans le domaine de la mécanique des fluides où il y a une recrudescence du nombre de codes de calcul avec de multiples types de formulation, car il n’y a pas un code qui est capable de traiter la très grande diversité de problèmes rencontrés.

« Ce qui fait que l’on retrouve dans les grandes entreprises la ‘‘Samaritaine’’ des codes de CFD, y compris leurs codes propriétaires ou spécifiques à leur branche professionnelle. Notre position n’est pas de racheter tous les codes du marché pour répondre à l’ensemble des besoins. Par contre, nous reconnaissons l’attrait que peut présenter tel ou tel type de formulation pour une entreprise. C’est pourquoi nous avons acquis la technologie de connecteur de Pioneer Solutions, (n.d.l.r : similaire au produit MPCCI développé par Palace) permettant de transformer des maillages non-congruents en congruents, afin de faire du couplage fluide/structure très fort. Nous avons par exemple utilisé cette technologie Pioneer à la Snecma Propulsion Solide pour réaliser un couplage entre leur code Cèdre et Marc. Nous avons ainsi développé notre propre interface, Open FSI, nous permettant de travailler avec n’importe quel code de mécanique des fluides. Ce qui n’exclut pas la possibilité d’avoir à terme notre propre code de mécanique des fluides, s’intégrant totalement dans l’offre MD-Nastran, notamment pour répondre aux besoins des PME ».

Les bienfaits de la crise

Pour MSC.Software aussi, l’année 2009 a été marquée par la crise, essentiellement dans le domaine automobile qui a bloqué ses investissements. « Cela n’a pas été le cas dans le domaine aéronautique, mais les effets de la crise devraient s’y faire sentir plus tard. Notons toutefois que cette crise a permis aux industriels, même de l’automobile, de faire le point sur leurs projets d’entreprise à moyen et long terme dans le domaine du calcul et de la simulation. Ce qui a permis à notre environnement de gestion de projets de calcul SimManager, d’enregistrer quelques belles commandes, par exemple chez BMW ou PSA Peugeot Citroën, ou encore de géants de l'emballage ou des télécoms en scandinavie ».

Dans le domaine des composites, MSC.Software dispose aussi d’une offre intéressante avec Laminate Modeler pour le drapage des composites et Genoa, qui est intégré dans MD Nastran, pour la simulation des process de rupture (délaminage, propagation de fissure…).

Autre sujet d’actualité, la mécatronique et le contrôle/commande qui enregistre de forte demande de la part de l’automobile et de l’aéronautique. « Nous avons dans ce domaine une collaboration avec The Mathworks, mais cela ne nous empêche pas d’avoir depuis 2002 notre propre offre avec le logiciel de modélisation et de simulation au niveau système, Easy5, qui a été acquis auprès de Boeing avec son équipe de développement ».

« Autant de raisons d’être optimiste pour 2010, année ou nous devrions connaître une croissance similaire à celle du marché (10 à 12 % n.d.l.r.), hormis impondérable économique externe ».

A horizon 5 ans on estime chez MSC.Software que le niveau de maturité aura augmenté vis-à-vis du calcul et que l’on aura une réelle bi-directionnalité entre CAO et calcul. « Beaucoup de process de calcul auront été automatisés pour réduire les cycles et laisser le temps aux ingénieurs de se focaliser sur l’innovation plutôt que sur la routine. Il faut passer de l’artisanal ou du cas par cas à l’industriel ». A horizon 10 ans, on devrait en être au Cloud Computing, malgré les craintes des industriels vis-à-vis des aspects sécurité et la difficulté d’avoir une interface homme/machine performante en déporté. « Il faudrait pouvoir faire bouger en temps réel en 3D une structure complexe alors qu’elle se trouve sur un serveur. On devrait s’inspirer dans ce domaine de ce qui se fait dans les jeux vidéos. C’est l’un des enjeux de la décennie à venir ».

On ne manque pas d’idées chez MSC.Software.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.mscsoftware.com/EMEA/

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 28 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef. 
 

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