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La semaine de Jean-François Prevéraud

PLM : Mentor Graphics fête dignement ses 30 ans

Jean-François Preveraud
PLM : Mentor Graphics fête dignement ses 30 ans

Daniel Le Boulbar est entré chez Mentor en 1984, un record de longévité dans la profession !

© DR

Seul éditeur encore présent sous son nom depuis le début des années 80, lors de l’apparition des éditeurs de CAO-Electronique, Mentor Graphics, troisième chiffre d’affaires du marché, est l’éditeur qui a connu la plus belle progression en 2010. Et il entend dépasser le milliard de dollars en 2011. Rencontre avec Daniel Le Boulbar, son patron Europe du sud, pour célébrer ces bons résultats.

S’il un secteur qui tire bien son épingle du jeu depuis de nombreuses années c’est bien celui de l’électronique. Si l’on regarde son évolution sur les trente dernières années, il est passé de 200 milliards de dollars en 1980 à un peu plus de 1 200 milliards en 2010 soit une croissance moyenne annuelle de 6 %.

« Une bonne santé qui ne se dément pas, puisque en 2010 la croissance du marché de l’électronique a été aux alentours de 11 %, avec même une très forte progression dans le domaine automobile à +18 %, même si cela ne représente encore que 8,1 %du marché global », remarque Daniel Le Boulbar, directeur général pour l’Europe du Sud de Mentor Graphics. Ce qui n’est pas pour lui déplaire car Mentor est très présent dans ce secteur, grâce notamment à un certain nombre d’acquisitions faite depuis 10 ans. Autre marché porteur pour Mentor, celui du Smartphone, en progression de 74 %, atteignant 303 millions d’unités livrées en 2010.

Des progressions qui ont permis au marché des semi-conducteurs de passer pour la première fois en 2010 la barre des 300 milliards de dollars (314 B$). « Une tendance qui devrait se poursuivre en 2011, puisque si l’on fait la pondération des estimations de principaux analystes du secteur, on arrive à une progression moyenne du marché de l’ordre de 6,7 % », estime Daniel Le Boulbar.

Un marché tiré par Intel qui réalise plus de 40 B$ de chiffre d’affaires, en croissance de 24 % en 2010, mais qui voit le coréen Samsung, spécialiste des mémoires le talonner chaque jour un peu plus avec un chiffre d’affaires de 32,3 B$, en progression de 52 %. Le troisième étant le taïwanais TSMC à 13,3 B$ en croissance de 48 %. Le premier européen est STMicorelectronics (7e au plan mondial) avec un chiffre d’affaires de 10,2 B$ en croissance de 21 %.

Mieux que la moyenne

De bons chiffres globaux pour l’électronique, qui ne peuvent que réjouir les fournisseurs d’outils de CAO-Electronique, tel Mentor Graphics. D’ailleurs ce marché a connu une croissance globale de l’ordre de 5 à 6 % en 2010. Un marché où Mentor a très bien tiré son épingle du jeu avec une croissance de l’ordre de 14 %, atteignant 914,8 M$, Cadence Design Systems étant aux alentours de 9 % de croissance et Synopsys de 5 %. « Ce qui nous permet de prendre des parts de marché à nos confrères ! Nous sommes aujourd’hui aux alentours de 24 % de part du marché global ». D’autant plus heureux que Mentor est numéro Un en Europe depuis trois ans.  

Une croissance soutenue dans toutes les zones géographiques hormis le Japon (10 % du CA) qui n’enregistre que +5 %, tandis que l’Amérique du Nord (45 % du CA) et l’Europe (25 % du CA) sont à +30 % et le reste de l’Asie (20 % du CA) à +45 %.

« Des chiffres qui devrait nous permettre, avec une croissance modérée de 9 %, d’atteindre le seuil psychologique du milliard de dollars en 2011 », résume Daniel Le Boulbar.

Ne pas se reposer sur les acquis

Si l’on regarde comment se décompose les activités de Mentor Graphics, on peut les résumer à quatre grands blocs : la conception et la vérification des circuits intégrés d’un point de vue fonctionnel (25 % du CA, +63 %) ; la vérification électrique et la préparation de la fabrication de ces circuits intégrés(30 % du CA, +0 %) ; la conception des circuits imprimés et des FPGA (25 % du CA, +42 %) ;les marchés émergents (15 % du CA, +44 %).

« Nous sommes présents sur des marchés qui sont en pleine évolution, même le circuit imprimé (PCB) », constate Jean-Marie Saint-Paul, directeur technique Europe de Mentor Graphics. En effet, si les puces sont de plus en plus complexes, leurs supports n’ont rien à leur envier. Il faut accepter des composants avec de plus en plus de broches et faire circuler les signaux de manière de plus en plus rapide. Ainsi le nombre moyen de connexions ‘‘pin-to-pin’’ sur un circuit est passé de 5 000 il y a 15 ans, à 11 000 aujourd’hui. De même, le nombre moyen de composants est passé de 650 à 3 400 et le nombre de niveau de métal est passé de 8 à 14.

« La complexité du PCB n’a rien à envier au domaine du circuit intégré. Nous ne pouvons donc pas y vivre sur nos acquis. C’est pourquoi nous y avons historiquement investi fortement sur la partie conception, et que nous avons fait l’acquisition en 2010 de Valor Computerized Systems pour la partie préparation et pilotage de la fabrication. Nous sommes de ce fait les seuls sur le marché à offrir cette vue d’ensemble de la conception à la fabrication, en passant par la simulation, pour le PCB ».

Une offre globale qui, outre l’intégration des différents modules facilitant les échanges, permet de lier les différentes étapes en faisant remonter des informations de production vers la conception.

Une approche par plates-formes

Dans le domaine des marchés émergents, Mentor Graphics met l’accent sur les ‘‘plates-formes sectorielles’’. Ainsi dans le secteur aéronautique, l’éditeur développe et propose un ensemble de logiciels permettant aux industriels de créer toute l’électronique embarquée en conformité avec les règles du secteur, notamment en termes de sécurité et de flot de certification. « Nous y travaillons à la fois avec nos clients, des spécialistes de ces activités, mais aussi les organismes normatifs et certificateurs, afin d’anticiper le futur en termes de normes et de nouvelles technologies de vérification. On essaye d’avoir ainsi une vue d’ensemble du marché. C’est ce que nous avons fait, par exemple, autour de la DO-254 pour la validation des circuits intégrés embarqués », constate Jean-Marie Saint-Paul.

Autre exemple de plate-forme, celle liée au câblage des grands systèmes. « Dans le domaine de l’automobile, le câblage est un point important de la conception. Il coûte cher, il pèse lourd, il demande beaucoup de main d’œuvre pour sa mise en place. De plus, il comporte un très grand nombre de variantes, dues aux options d’équipement, qu’il faut gérer. Une complexité qu’il faudra aussi gérer au niveau de la maintenance ».

Une R&D forte en France

Mentor Graphics a depuis la reprise d’Anacad en 1994 et de Meta Systems en 1996, deux centres de R&D en France. Cela représente 125 ingénieurs sur 540 pour l’ensemble de la R&D en Europe. Une position qu’il a renforcée l’an dernier avec son entrée dans le projet Nano 2012.

« Il s’agit d’un partenariat avec STMicroelectronics, IBM et le cluster ISDA pour travailler sur les prochains challenges dans le domaine de la conception de circuits intégrés. En gros, comment va-t-on pouvoir faire évoluer les outils et les flots de conception pour réaliser des puces toujours plus petites », résume Jean-Marie Saint-Paul. Cela s’est traduit pour Mentor par l’embauche d’une vingtaine de chercheurs basés sur le site de Crolles (38) de STMicroelectronics. « C’est aussi une nouvelle méthode de R&D où nous nous asseyons à côté de notre client, chez lui, pour comprendre ses challenges du futur en termes d’intégration analogique/digital, de miniaturisation, de consommation et de fonctionnalités, afin de l’aider à les résoudre plus rapidement ensemble ».

Autre projet de R&D, la participation aux IRT (Institut de Recherche Technologiques), initiative qui a été lancée en début d’année dans le cadre des Investissements pour l’Avenir. Il s’agit de Pôles d’Excellence, véritables instituts thématiques interdisciplinaires rassemblant les compétences de l’industrie et de la recherche publique, dans une logique de co-investissement public-privé et de collaboration étroite entre tous les acteurs. Ils doivent venir renforcer les écosystèmes constitués par les Pôles de Compétitivité. L’objectif étant de créer à terme des clusters thématiques de niveau international. Le financement est de 2 milliards d’euros sur dix ans et devrait être réparti entre 4 à 6 projets.

« Mentor Graphics a décidé de s’associer à un certain nombre de ces initiatives. Pour le moment il s’agit de deux projets, IRT Nanoelectronic à Grenoble (38) et IRT SystemX à Saclay (91), car la sélection parmi les 17 projets déposés n’a pas encore été annoncée par l’Etat. Si ces projets sont sélectionnés, Mentor Graphics a bien évidement prévu d’embaucher pour supporter ces projets, un nombre d’ingénieurs similaire à celui impliqué dans le projet Nano 2012 », dévoile Jean-Marie Saint-Paul.

On l’a compris Mentor Graphics est une trentenaire en pleine forme avec plein de projets d’avenir.

Bon anniversaire Mentor

A la semaine prochaine,

Pour en savoir plus : http://www.mentor.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis près de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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