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PLM : Graitec enfourche le cheval du BIM

Jean-François Preveraud
PLM : Graitec enfourche le cheval du BIM

Advance Design permet aux ingénieurs de la construction d'optimiser leurs projets qu'ils soient en métal ou en béton armé.

© DR

A l’occasion du lancement des versions 2011 de ses gammes Advance, j’ai rencontré Alexandre Tartas, directeur général de Graitec, qui m’a expliqué le positionnement de sa société dans l’approche Building Information Modeling, le PLM du monde de la construction.

Le monde de la construction doit faire face à un nombre de challenges de plus en plus importants : la globalisation ; le réchauffement climatique ; la prévention des désastres naturels ; les besoins de rénovation des infrastructures dans de très nombreuses régions du monde ; la prise en compte du développement durable ; ainsi que des challenges architecturaux de la part des maîtres d’ouvrages qui souhaitent marquer le 21e siècle de leur empreinte architecturale. 

« Au sein de tout cela, le green building est un axe de développement très important pour les entreprises, mais aussi un besoin évident pour la planète. La réponse des industriels de la construction pour faire face à l’ensemble de ces challenges c’est l’utilisation du BIM, le Building Information Modeling, la maquette numérique adaptée au monde de la construction. Mais nous en sommes encore, pour le moment, dans les phases exploratoires de cette approche pour voir comment l’utiliser au mieux », explique Alexandre Tartas, directeur général de l’éditeur français Graitec.

Selon une étude réalisée par McGraw-Hill Construction pour le compte de la Smart Building Alliance, le taux d’adoption du BIM par les industriels de la construction serait de l’ordre de 50 % en Amérique du Nord et de 36 % en Europe. « Mais attention, il s’agit juste pour ces industriels de l’utilisation d’une brique entrant dans le concept BIM sur l’un de leurs projets, pas d’une utilisation globale. Nous sommes donc juste au début de la diffusion de cette technologies dont les enjeux sont pourtant fondamentaux ». Ainsi 54 %des architectes, 63 % des ingénieurs et 77 % des constructeurs reconnaissent ne pas encore utiliser le BIM.

Des centres d’intérêt variés suivant les métiers

Si l’on s’intéresse aux centres d’intérêt des utilisateurs potentiels en Europe on s’aperçoit que 57 % y voit un facteur important d’amélioration de la communication entre tous les acteurs d’un projet. « Le passage d’un mode de travail actuellement très séquentiel à quelques choses de plus vertical devrait effectivement gagner du temps, ainsi que de la qualité d’information. D’ailleurs les utilisateurs potentiels mettent presque sur le même pied d’égalité le fait que cela va leur permettre de limiter le temps passé à dessiner, pour se consacrer plus à la conception de leurs projets, tout en ayant des documents d’une meilleure exactitude. On retrouve globalement les mêmes motivations que celle de l’industrie mécanique au début de l’utilisation de la maquette numérique ».

Notons toutefois des motivations propres au monde de la construction dans le domaine de la sécurité des chantiers, grâce aux possibilités de simulation d’approvisionnement et de manutention par les camions et engins de levage.

Globalement ce sont les architectes qui sont les plus demandeurs de BIM à hauteur de 71 %, viennent ensuite les ingénieurs dimensionnant et vérifiant les structures à raison de 53 %, alors qu’à l’autre bout de la chaîne les propriétaires des bâtiments construits ne sont demandeurs qu’à hauteur de 42 % et les constructeurs de 35 %. 

Une réussite en France et à l’exportation

Un engouement pour la BIM dont Graitec entend bien profiter. « Nous sommes présents sur le marché des outils de conception et d’analyse pour le monde de la construction depuis près de 25 ans, avec plus de 30 000 clients à travers le monde. Nous leur fournissons des suites d’outils localisées s’intégrant dans une démarche BIM leur permettant d’améliorer leur productivité et de réduire les erreurs », constate Alexandre Tartas.

Si l’on regarde les classements des analystes, Graitec est le 3e développeur de logiciels pour la monde de la construction en Europe, derrière Nemetschek et Tekla, avec un chiffre d’affaires de 21,3 millions d’Euros en 2009 et qui devrait avoisiner les 25 M€ en 2010. La société emploie plus de 250 personnes dans le monde dont 45 % en lien direct avec la R&D. Il est intéressant de noter que le chiffre d’affaires réalisé en 2009 correspond à 2,5 fois celui réalisé en 2004. Les outils de conception représentent 71 % du chiffre d’affaires et ceux d’analyse 23 %.

Graitec est aussi une belle réussite à l’exportation, car si en 2000 seulement 14 % du chiffre d’affaires étaient réalisés à l’international, cette part représente aujourd’hui plus de 72 %. « Entre 2009 et 2010, nous avons ouvert des filiales à Boston, à Moscou, et il y a quelques semaine Graitec Asie/Pacifique à Singapour, pour apprécier le marché asiatique où nous avons déjà une dizaine de distributeurs, dont un en Inde qui marche fort ».

Le positionnement BIM de Graitec 

 « Nous estimons que la première étape du BIM passe par l’adoption par les industriels de la construction d’outils de conception 3D. Un marché 3D où un certain nombre d’éditeurs sont déjà bien établis. Ils offrent des solutions pertinentes et performantes, mais le taux d’adoption reste faible. Des solutions anciennes, peu conviviales et chères dominent ce marché. Par contre, le marché du milieu de gamme reste aujourd’hui très orienté vers des solutions 2D. Il a besoin, pour s’intégrer dans l’approche BIM, de passer à des outils 3D. C’est ce marché là que nous voulons adresser avec notre gamme Advance, en nous différenciant d’abord des acteurs en place par une très grande simplicité d’utilisation et d’apprentissage. Cela n’empêche pas nos solutions d’être innovantes, performantes et de concurrencer les solutions haut de gamme bien établies. Cela passe aussi par une stratégie de prix contenus qui devrait nous permettre de conquérir rapidement des parts de marché ».

Mais Graitec n’a ni l’ambition, ni les moyens de couvrir l’ensemble des maillons nécessaires pour avoir une approche BIM globale depuis l’expression du concept architectural jusqu’à la gestion de la maintenance des bâtiments construits. « C’est pourquoi nous proposons un BIM très collaboratif, à travers un programme partenaires, qui nous permet de nous intégrer avec les offres des principaux acteurs du marché de la construction. Cela va des acteurs traitant la proposition architecturale tels Bentley, Google SketchUp, Autodesk, Nemetschek, aux acteurs qui en aval gèrent la maintenance tels SAP ou Oracle ou d’autres dont on pressant qu’ils pourraient venir sur ce marché là tels Dassault Systèmes ou Siemens. Cela passe aussi par notre environnement avec des acteurs tels Autodesk, ou des acteurs sur des marchés très proches de la structure tels Dassault Systèmes ou Siemens et qui ont besoin de spécialiste comme Graitec, pour compléter un process plus global. Enfin, cela peut aussi être des sociétés telles Aveva ou Intergraph qui peuvent nous ouvrir des marchés parallèles, tels le Plant Design ou le Oil & Gas ».

Des échanges d’informations qui se font soit avec des API ou sur la base du format standard IFC (Industry Foundation Classes), voir via des accords de collaboration directe avec certains éditeurs où l’on échange des données intelligentes de manière bidirectionnelle. Derniers accords en date ceux signés avec Aveva pour des échanges entre Advance Steel et PDMS, ou avec Autodesk pour des échanges entre Advance Steel et Revit Architecture ou Revit Structure.

Une suite de trois logiciels

Pour mémoire la suite Advance de Graitec s’adresse aux bureaux d’études structure, qui doivent assurer et vérifier la stabilité de l’ouvrage, puis fournir rapidement les plans au chantier pour la réalisation. Elle se compose de trois logiciels : Advance Steel, pour la conception 3D en construction métallique ; Advance Concrete pour la conception 3D en construction béton armé ; Advance Design pour l’analyse et l’optimisation des structures métalliques ou béton armé. « Dans le contexte de l’approche BIM, l’édition 2011 de notre suite comporte quatre axes forts : le développement des échanges et de l’interopérabilité, tant au sein de la gamme qu’avec des logiciels tiers ; l’ergonomie et la simplicité d’utilisation ; l’amélioration des performances ; l’automatisation de la production des documents et fonctionnalités métiers », résume Manuel Liedot, directeur de la R&D de Graitec.

Notons que devant l’essor de la construction à ossature bois, un module spécifique respectant les Eurocodes devrait arriver dans la suite dès la version 2012. Pour le moment, Graitec a un logiciel bois qui respecte les normes françaises CB71.

Les apports techniques de cette suite 2011 sont que 4 ordres : la cohérence des informations tout au long du projet ; le calcul et l’optimisation des structures en conformité avec les Eurocodes ; la collaboration facilité entre tous les intervenants d’un projet sans ressaisie d’informations ; l’automatisation de la création de la documentation et d’un certain nombre de sous-ensembles tels les cages d’armatures paramétriques. « Les bénéfices qui découlent de ces apports techniques sont : du gain de temps, de la productivité ; de la sécurité parce que l’on a des documents à jour ; une meilleure qualité due à une meilleure capacité d’anticipation très en amont ; et une optimisation des coûts. Globalement ce que l’on vend à nos clients, c’est de l’optimisation de leurs processus, c’est du retour sur investissement », conclut Manuel Liedot.

Pour les prix, il faut compter entre 5 à 8 k€ pour Advance Steel, 2 à 6 K€ pour Advance Concrete et de 4à 8 K€ pour Advance Design suivant la configuration des modules.

L'offre de Graitec est donc en ordre de marche pour faire face à l'explosion attendue du marché du BIM.

A la semaine prochaine,

Pour en savoir plus : http://www.graitec.com  

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 29 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

 

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