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La semaine de Jean-François Prevéraud

PLM : Autodesk y va … à votre rythme

Jean-François Preveraud
PLM : Autodesk y va … à votre rythme

Autodesk joue l'interopérabilité des technologies entre ses différentes lignes de produits.

© DR

J’ai assisté voici quelques jours au lancement de la gamme 2011 des produits d’Autodesk. Outre les nouveautés de chaque logiciel cela a été l’occasion de faire le point sur la stratégie de l’éditeur avec ses dirigeants européens.

« Aujourd’hui tout ce qui nous entoure est conçu numériquement : le métro, la voiture ou la moto que vous avez pris ce matin pour nous rejoindre ; le téléphone et l’ordinateur que vous utilisez pour travailler ; la maison où vous vivez ; le bureau ou vous travaillez ; même les films ou les émissions de télévision que vous regardez. Et derrière tout cela il y a de fortes chances que leurs créateurs aient utilisé des logiciels d’Autodesk pour développer des produits qui vous aident à mieux vivre », explique d’entrée de jeu Didier Cocherel, Responsable Europe du Sud d’Autodesk, pour positionner le débat.

Et force est de constater qu’aujourd’hui même les technologies dans le domaine de ‘‘l’entertainment’’ (jeux, cinéma, télévision) s’intègrent totalement avec les solutions qu’Autodesk propose dans le domaine industriel ou architectural. C’est par exemple le cas pour toutes les technologies de visualisation. S’il est clair qu’Autodesk veut jouer la carte de l’interopérabilité au sein de ses gammes, c’est aussi le cas avec les logiciels de la concurrence pour répondre aux attentes de ses clients.

Parmi les autres points importants à noter, on retrouve l’éducation pour lequel Autodesk fait de très gros efforts tarifaires, ce qui lui permet d’annoncer 1,2 millions d’étudiants formés sur ces solutions tous les ans. Enfin, le développement durable est aussi passé au niveau des préoccupations premières de l’entreprise. « Nous avons d’ailleurs rejoint depuis deux ans et demi aux USA, et plus récemment en Europe, le mouvement CleanTech, qui vise à aider les PME à développer des produits présentant un plus faible impact environnemental ».

« Notons enfin qu’en 10 ans, le ratio performances/prix a été multiplié par un facteur 10 000 et que bientôt il n’y aura plus de limites avec l’utilisation du Cloud Computing ».

Le BIM pour l'AEC

Des généralités qui ont été concrétisé par les responsables des différentes lignes de produits. Ainsi Gérard Rayer a mis l’emphase sur le BIM (Building Information Modeling) dans le domaine de l’AEC (Architecture, Ingénierie, Construction). « Il s’agit de mettre à la disposition de nos clients l’ensemble des caractéristiques physiques et fonctionnelles d’un projet, dont ils ont besoin tout au long de son cycle de développement. Il s’agit aussi de faire en sorte que l’ensemble des intervenants (architectes, ingénieurs, spécialistes des structures, plombiers, électriciens…) puisse y accéder de manière simultanée tout en ayant le bon niveau d’information ». Il faut aussi pouvoir intégrer ces projets dans l’aménagement du territoire et ses infrastructures. Et de citer l’exemple d’une société utilisant le logiciel Navisworks pour préparer le démantèlement d’installations nucléaires. « Ces clients sont ainsi capables, en intégrant la quasi-totalité des formats tridimensionnels existants sur le marché, d’acheminer, de déployer et d’utiliser un robot de démantèlement sur un modèle totalement virtuel d’une installation, afin de préparer au mieux l’opération réelle ».

L’histoire montre que l’innovation naît plus facilement lorsque les contraintes extérieures sont importantes. « C’est le cas aujourd’hui, car il faut développer rapidement des bâtiments éco-énergétiques, à la fois pour remplacer des infrastructures défaillantes, préserver les ressources non-renouvelables, faire face aux besoins exponentiels des pays émergeants ».

Le I d’information est ce qui permet aux utilisateurs de mieux appréhender le contexte et les conditions d’utilisation. La dématérialisation numérique permet aux différents acteurs d’analyser et d’optimiser la conception en prenant en compte l’énergie consommée, les matières premières utilisées pour la construction, l’eau, le terrain, le dimensionnement des réseaux d’alimentation et d’assainissement, les risques de sécurité, etc.

Parmi les annonces, on devrait voir arriver sur le site des Labs d’Autodesk en milieux d’année, une technologie permettant de reconstruire un modèle 3D de bâtiment à partir de quelques photos numériques extérieures. « Le logiciel recalcule automatiquement pour chaque photographie, la position géographique du point de prise de vue, la focale de l’appareil, et reconstitue le modèle 3D du bâtiment. Ces photos peuvent ensuite être ortho-référencées et re-projetées sur le modèle 3D pour créer une maquette 3D hyper réaliste. Une technologie qui est pour le moment capable des traiter jusqu’à deux milliards de points simultanément ».

Le DPS pour le Manufacturing

Ensuite, c’est Richard Comte qui s’est livré au même exercice pour le monde du Manufacturing. Là aussi on met l’emphase sur le modèle numérique avec le DPS (Digital Prototyping Solutions). « La solution, c’est ni plus ni moins que la force de nos partenaires à nous accompagner chez nos clients, car une solution n’a d’existence qu’à partir du moment où elle est accompagnée. On en est pas encore au stade du Plug & Play. Regarder comment une simple formation nous fait progresser dans l’usage du Pack Office. Imaginez ce que cela donne avec une suite Inventor ! L’accompagnement est donc indispensable ».

D’autant plus que le spectre de la solution s’est considérablement élargit avec les nombreuses acquisitions faites depuis 2001. « Ces acquisitions sont maintenant totalement intégrées. C’est par exemple le cas pour la rhéologie Moldflow qui est totalement intégrée de manière native dans Inventor. Mais le client garde toujours le libre choix de la solution qu’il veut se bâtir en sélectionnant les modules compatibles dont il a besoin ».

Si l’on ajoute à cela les outils de Gestion de Données Techniques, le Digital Prototyping permet de concevoir, de simuler, de visualiser et de gérer de manière coordonnée des projets. La partie fabrication reste encore du ressort des partenaires proposant des logiciels tiers de FAO totalement intégrés dans l’environnement Inventor. « La visualisation fine est aussi très importante, car elle intéresse les non-spécialistes chez nos clients, mais surtout les clients de nos clients qui peuvent ainsi mieux comprendre les projets qui leur sont destinés ».

Une offre qui s’adresse maintenant à cinq segments de marché dans l’industrie manufacturière : la machine spéciale ; les filières automobile et aéronautique ;les composants pour le bâtiment ; les transports ; les biens de consommation. Et Autodesk y a étudié finement les différents processus de développement qui y sont en vigueur. « C’est suite à cette analyse que nous avons par exemple intégré des outils de documentation technique dans notre solution destinée à la machine spéciale. Il n’y a pas un composant de ces machines qui n’ait sa documentation propre, ce qui représente un coût important à l’échelle d’un projet complexe ».

Autre exemple la technologie Fusion, en démonstration sur le site des Labs d’Autodesk, qui permet de retravailler un projet dont on n’est pas l’auteur, sans avoir à tenir compte de l’arborescence de construction initiale. Ce qui est très performant en avant-projets et en réponse à des appels d’offres.

Dernier point, l’éco-conception. « Nous sommes très pragmatiques dans ce domaine novateur. Pour les start-up qui se lancent dans cette voie des produits ‘‘propres’’, nous offrons nos solutions logicielles dans ce domaine, sous réserve qu’elles se forment chez nos partenaires. Cette notre façon pragmatique d’être présents dans ce domaine clé pour nous, en accompagnant des start-up se lançant dans cette aventure ».

Autodesk propose ainsi trois approches innovantes aux marchés qu'elle couvre. Le BIM et les Digital Cities dans le domaine de l'AEC, le DPS pour l'industrie manufacturière, le DEC (Digital Entertainment Creation) pour les médias et divertissement. « Mais attention, il ne s'agit de solutions isolées. Toutes partagent les mêmes technologies et sont capables de dialoguer. Cela permet à nos clients de se bâtir leur propre solution, que nous voulons globale, pragmatique, flexible et à un coût abordable », prévient Richard Comte.

On le voit, si l’on prend l’exemple du Manufacturing, Autodesk a su proposer un logiciel de DAO 2D, Autocad, quand le marché était près à l’accepter. L’éditeur est passé à un logiciel mécanicien Autocad Mechanical, quand le marché a voulu un peu plus de spécialisation. Il a proposé Inventor quand le marché a été mûr pour la 3D avec Vault pour assurer la GDT. Maintenant son offre est au niveau des meilleures solutions PLM intégrant le style avec Alias, le calcul avec Algor, la rhéologie avec Moldflow et le meilleure des technologies de représentation et d’animation en provenance de ses outils d’effets spéciaux pour le cinéma et les jeux. Tout cela en moins de 30 ans, et au rythme de ses clients. Belle performance !

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.autodesk.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 28 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.
 

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