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Plastic Omnium veut conquérir le marché de la mobilité hydrogène en réduisant ses coûts de production

Alexandre Couto
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Plastic Omnium veut conquérir le marché de la mobilité hydrogène en réduisant ses coûts de production

Prototype d'un système de stockage de l'hydrogène pour véhicule particulier mis au point par Plastic Omnium

L’équipementier automobile Plastic Omnium accélère sur la mobilité hydrogène. A l’occasion d’une conférence de presse organisée le 25 novembre, l’entreprise a dévoilé ses ambitions pour 2030 et les moyens qu’elle va mettre en œuvre pour permettre une production de masse.

Pour Plastic Omnium, l’avenir de la mobilité passe par les technologies hydrogène. A l’occasion d’une conférence de presse organisée le 25 novembre, l’équipementier automobile fournisseur d’un système à carburant sur quatre dans le monde a affirmé ses ambitions sur les prochains véhicules à hydrogène.

Et celles-ci sont élevées : le groupe vise, en 2030, 25% de parts du marché mondial sur les réservoirs à hydrogène, 15% dans le domaine des piles à combustible et 10 % sur le segment des systèmes à hydrogène intégré. Pour y parvenir, l’entreprise compte investir 100 millions d’euros par an pour renforcer sa R&D, convertir certain site de production ou en créer de nouveaux. En tout, 15 lignes de production dédiées à l’hydrogène seront ouvertes dans le monde dans les dix prochaines années.

Pour Plastic Omnium, l’hydrogène n’a rien d’une lubie. « Nous avons commencé à nous intéresser aux technologies hydrogène à partir de 2015. En cinq ans nous avons investi 200 millions pour les développer», rappelle Laurent Favre, directeur général du groupe. « Selon nous, l’hydrogène sera privilégiée pour les trajets longue distance, tandis que le véhicule électrique traditionnel sera réservé à un usage urbain »

Un fournisseur de systèmes complets

L'équipementier a décidé de mettre les bouchées doubles pour devenir l’un des leaders de ce marché émergent. Si son activité se limitait il y a encore peu dans le domaine de l’hydrogène aux systèmes de stockage, au travers de sa division Clean Energy Systems, l’entreprise va participer à la production d’autres composants, notamment les piles à combustible (PAC), cœur du système.

Dans ce domaine, le Français a ainsi annoncé le 29 octobre la création d’EKPO Fuell Cell Technologies, une coentreprise avec l’allemand ElringKlinger spécialiste des PAC. L’objectif d’EKPO est d’accélérer l’industrialisation des PAC, avec un objectif de produire 10 000 stacks de pile à combustible dès 2021, mais aussi de produire des systèmes hydrogène complets.

Miniaturiser et réduire les coûts

Mais, si ce marché est prometteur, de l’aveu de Plastic Omnium les procédés de production doivent encore évoluer afin d’aboutir à une technologie adaptée au véhicule particulier et à une production de masse. L'équipementier compte agir sur deux points : la réduction de taille de ses systèmes et la diminution des coûts de production.

Sur le premier volet, si la technologie est aujourd’hui bien maitrisée pour des véhicules de types poids lourds ou bus, il faut encore faire des efforts pour installer un système complet dans une voiture particulière, sans sacrifier des fonctionnalités ou le confort de l’utilisateur.

Un défi technique

Dans ce domaine, la réduction de la taille des réservoirs est un enjeu majeur. Si un camion peut embarquer 5 à 6 réservoirs de grandes dimensions, la place est plus rare dans une voiture. Pour ne pas nuire à son autonomie, PO travaille sur des systèmes de petites dimensions, capables de contenir de l’hydrogène sous pression à 700 bars en toute sécurité, et pouvant être inséreés dans la partie basse des véhicules. « C’est un véritable défi technique », souligne Marc Perraudin, directeur de la division nouvelles énergies chez Plastic Omnium.

Pour conquérir le marché, l’équipementier veut également agir très fortement sur les coûts de production des systèmes. « L’hydrogène est une technologie encore très coûteuse », souligne Marc Perraudin « Non seulement parce qu’elle utilise des matériaux onéreux comme la fibre de carbone pour les réservoirs, du platine dans les piles à combustible, ou encore de l’or pour certains composants, mais aussi parce que nous n’avons pas atteint les cadences de production qui permettraient des économies d’échelle ».

Optimiser les procédés de production

Le groupe estime, d’ici à 2030, pouvoir réduire de 30% le coût de production de ses systèmes de stockage de l’hydrogène, et diviser par 5 le coût des PAC et des systèmes intégrés. Des réductions de coûts qui, selon Plastic Omnium, seront possibles grâce à l’automatisation des procédés industriels, à l’effet volume, à l’optimisation du design et la réduction des matériaux précieux.

« Aujourd’hui, les systèmes coûtent 500 euros par kilo d’hydrogène stockés. Notre objectif est d’arriver, en 2030, à un coût de 330 euros par kilo d’hydrogène », précise Marc Perraudin. A cette échéance, le coût total du système hydrogène pour un véhicule particulier sera de l’ordre de 6000 à 8000 euros, « rendant ainsi la technologie accessible à un marché de masse ». Rendez-vous est pris.

 

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