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Plastic odyssey : le bateau recycleur tient son cap

Plastic odyssey : le bateau recycleur tient son cap

Paris est la dernière étape de présentation d'Ulysse, le bateau démonstrateur de Plastic Odyssey.

© Xavier Boivinet

Du 3 au 7 octobre, l’équipe de Plastic Odyssey fait escale à Paris pour présenter Ulysse, son bateau de démonstration propulsé aux déchets plastiques. Par pyrolyse, ceux-ci sont transformés en carburant qui alimente un groupe électrogène. L’année prochaine devrait commencer la construction d’un bateau plus grand avec une chaîne de recyclage à bord. Un tour du monde pour sensibiliser à la pollution plastique est prévu pour 2020.

Hissé dans la nuit du 2 au 3 octobre sur la terrasse des Galeries Lafayette à l’aide d’une grue depuis le boulevard Haussman, le bateau de Plastic Odyssey a une vue imprenable sur les toits de Paris. A l’invitation de la chaîne de magasins, il y restera jusque dimanche 7 octobre pour être présenté au public. Il s’agit de la dernière escale de la tournée de présentation du bateau démonstrateur – baptisé Ulysse - qui est déjà passé par Annecy, Monaco, Marseille, les Sables d’Olonne ou encore La Rochelle depuis le 15 juin 2018. « L'idée était de faire connaître le projet et de fédérer du monde », indique Simon Bernard, chef d’expédition. La semaine prochaine, il retournera à Marseille avec les trois autres co-fondateurs de l’aventure pour préparer la prochaine étape : construire un bateau de 25 mètres pour sensibiliser à la pollution plastique lors d’un tour du monde de 3 ans à partir de 2020.

Pour l’instant, Ulysse fait 6 mètres de long et repose sur un socle de Tornado, un ancien modèle de catamaran olympique. « Ce sont les coques du champion olympique Jean-Yves Le Déroff, note Simon Bernard. Il nous les a données. Nous avons mis un petit coup de peinture, et c’est reparti. » Mais la voile a été remplacée par une unité de pyrolyse. Celle-ci fabrique du carburant à partir de plastique. Un kilogramme est nécessaire pour produire environ un litre de carburant : 2/3 de diesel et 1/3 d’essence. Le diesel alimente le groupe électrogène à bord pour faire fonctionner le moteur électrique du bateau. A ce stade, l’essence n’est pas encore valorisée. « Nous y travaillons avec Sarpi, précise Simon Bernard. Cette filiale de Veolia a mis en place des groupes de travail collaboratifs dans lesquels des salariés donnent un petit peu de leur temps. »

Low-tech et open-innovation

L’unité de pyrolyse accepte tous les plastiques, sauf le polychlorure de vinyle (PVC) et le polytéréphtalate d'éthylène (PET). « Le PVC fait du chlore et de l’acide chlorhydrique donc il pollue et dégrade la machine, précise Simon Bernard. Et avec le PET, cela ne fonctionne pas bien. » Réduit en paillettes dans un broyeur, le plastique est chauffé une première fois et arrive sous forme liquide dans un réacteur. La température monte à 450°C dans un milieu dépourvu d’oxygène. Des vapeurs se forment et arrivent dans un condenseur. Deux bacs successifs recueillent le diesel et l’essence qui se condensent à des températures différentes. A terme, l’objectif est aussi de récupérer certains gaz non condensables qui contiennent suffisamment d'énergie pour chauffer le plastique.

Démarré en janvier 2018, la première phase du projet se termine. L’aventure se poursuivra dans une deuxième phase si les fonds nécessaires – sous forme de mécénat -  sont rassemblés. L’objectif est de construire l’année prochaine le navire à l’échelle 1 avec toute la chaîne de recyclage du plastique à bord. Ramassé à quai, et non en mer, le plastique sera soit recyclé, soit réutilisé, soit envoyé vers l’unité de pyrolyse à bord du bateau. « L’idée est d'adopter une démarche d'open-innovation pour faire une sorte d’usine à petite échelle, locale, et low-tech avec des technologies connues mais adaptées », résume Simon Bernard. Car au delà de l'idée insolite de faire avancer un bateau avec du plastique, l'objectif est bel et bien de présenter et de diffuser des moyens simples à mettre en oeuvre pour recycler et réutiliser du plastique tout en sensibilisant à cette pollution, qui ne pourra être contrée que par une réduction à la source.

Le broyeur réduit le plastique en paillettes qui alimentent l'unité de pyrolyse.

 

Les paillettes de plastique (1) passent dans un conduit (2) calorifugé et chauffé avec des colliers chauffants. Elles se transforment en liquide qui arrive dans le réacteur de pyrolyse (3). Un chauffage à 450°C crée des vapeurs qui passent dans un premier condenseur (4). Il permet aux molécules trop grosses de se condenser et de retourner dans le réacteur de pyrolyse. Les molécules plus légères continuent leur chemin vers deux autres bacs. Ils recueillent successivement le diesel (5) et l’essence (6) qui se condensent à des températures différentes.

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