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Plan de relance : le détail de la « Stratégie hydrogène française »

Xavier Boivinet
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Plan de relance : le détail de la « Stratégie hydrogène française »

Présentée par le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, et la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, la stratégie hydrogène française bénéficiera de 3,4 milliards d'euros d'ici 2023.

© Twitter / @BrunoLeMaire

Présentée mardi 8 septembre, la « stratégie hydrogène française » donne la priorité à la décarbonation de l’industrie, la production d’hydrogène par électrolyse, la mobilité professionnelle, et le soutien à la R&D et à la formation. Avec 7,2 milliards d'euros consacrés à l'hydrogène d'ici à 2030, cette stratégie s'inscrit dans le cadre du plan de relance annoncé le 3 septembre pour faire face à la crise due au Covid-19.

La « stratégie hydrogène française » a été présentée le 8 septembre à la Maison de l’Amérique Latine par Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et Bruno Le Maire, ministre de l’Economie. Cette feuille de route détaille l’ambition française en matière d’hydrogène suite à l’annonce du plan de relance français pour faire face à la crise due au Covid-19. Présenté le 3 septembre par le Premier Ministre Jean Castex, celui-ci consacre 7,2 milliards d’euros au développement de la filière hydrogène d'ici 2030, dont 2 milliards dans les deux prochaines années.

La priorité sera donnée d’abord à la décarbonation de l’industrie et à la production d’hydrogène par électrolyse, puis à la mobilité professionnelle, et enfin au soutien à la recherche et développement et la formation. Ces trois volets représenteront respectivement 54 %, 27 % et 19 % des 3,4 milliards d'euros qui seront alloués d’ici 2023.

6,5 GW d'électrolyseurs installés d'ici 2030

Pour décarboner l’industrie et lui offrir un hydrogène décarboné à des prix compétitifs, le gouvernement souhaite faire émerger une filière industrielle française de production d’électrolyseurs. « Nous souhaitons mettre en place une filière compétitive de portée internationale et nous visons 6,5 GW installés d’ici 2030 », a annoncé Barbara Pompili.

Pour développer cette filière industrielle d’électrolyseurs, la France bénéficiera d’une dotation de 1,5 milliard d'euros pour participer à la construction d’un « Projet important d’intérêt européen commun » (IPCEI). Sur le modèle de celui qui permet à Saft et PSA de se lancer dans l’industrialisation de batteries pour véhicules électriques, cet IPCEI dédié à l’hydrogène devrait être mis en œuvre dès 2021. « Ce projet pourra également concerner l’industrialisation d’autres briques technologiques - piles à combustible, réservoirs, matériaux… -, dans une logique d’intégration de la chaîne de valeur au niveau européen », précise le gouvernement.

Deux appels à projets

Le lancement de deux appels à projets a été annoncé d’ici la fin de l’année. Baptisé « Briques technologiques et démonstrateurs », le premier aura pour but de « développer ou améliorer les composants et systèmes liés à la production et au transport d’hydrogène, et à ses usages tels que les applications de transport ou de fourniture d’énergie ». Il sera doté de 350 millions d’euros d’ici 2023.

Un autre appel à projets baptisé « Hub territoriaux d’hydrogène » sera lancé par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) pour déployer des « écosystèmes territoriaux de grande envergure regroupant différents usages liés à l'industrie et la mobilité ». Il sera doté de 275 millions d'euros d’ici à 2023, dont 150 millions pour 2021 précise Arnaud Leroy, président de l’Ademe : « Le but est d’aller plus loin que les appels à projets précédents, avec des projets plus gros pour lesquels nous prêterons attention à l’origine de l’hydrogène. »

Recherche amont et formation

Un programme prioritaire de recherche (PPR) dédié à l’hydrogène sera lancé d’ici fin 2020. Baptisé « Applications de l’hydrogène » et opéré par l’Agence nationale de la recherche (ANR), il sera doté de 65 millions d'euros pour « soutenir la recherche en amont et préparer la future génération des technologies de l’hydrogène (piles, réservoirs, matériaux, électrolyseurs…) ».

Enfin, 30 millions seront dédiés à la formation aux métiers de la filière dans les lycées, universités et grandes écoles d’ingénieurs.

Bruno Le Maire a toutefois indiqué que l’Etat veillerait à l’utilisation de l’argent public : « Sept milliards d’euros représentent beaucoup d’argent et il s’agit de l’argent du contribuable. Nous demanderons des contreparties aux industriels et aux entreprises. Nous les aidons pour qu’il y ait des emplois, des usines et de la relocalisation industrielle. Ne pensez pas que vous en ferez ce que vous voulez. » Pour suivre les investissements publics, le ministre de l’Economie a précisé vouloir mettre en place un comité national de l’hydrogène incluant tous les industriels de la filière.

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