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Plan aéro : le gouvernement promet 1,5 milliard d'euros sur 3 ans pour la R&D sur l'avion bas carbone

Xavier Boivinet
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Plan aéro : le gouvernement promet 1,5 milliard d'euros sur 3 ans pour la R&D sur l'avion bas carbone

Le plan du gouvernement prévoit notamment de préparer le successeur de l'A320 d'ici le début de la décennie 2030.

© © Airbus S.A.S. 2012 - photo by S. Ramadier

Le Ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire, a présenté le 9 juin un plan de soutien au secteur aéronautique. Sur les 15 milliards d'euros prévus, 1,5 milliard sera dédié au développement de l'avion bas carbone. Objectif : réduire la consommation de carburant, électrifier les appareils, et expérimenter des avions neutres en carbone.

Le Ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a annoncé le 9 juin un plan de soutien au secteur aéronautique d’un montant de plus de 15 milliards d’euros, pour faire face à la crise due à la pandémie de Covid-19. Cette aide inclut les 7 milliards accordés précédemment à Air France. Aux côtés de la « sauvegarde de l’emploi » et de la « transformation des PME », la décarbonation du secteur fait partie des trois piliers de ce plan : « Nous nous fixons un objectif très concret et ambitieux : parvenir à un avion neutre en carbone en 2035 au lieu de 2050, a déclaré M. Le Maire. Cet avion doit être produit grâce au moteur à très haut taux de dilution et grâce au recours à l’hydrogène. »

Pour soutenir la recherche et développement (R&D) dans l’aéronautique, les pouvoirs publics vont investir 1,5 milliard d'euros d’ici fin 2022 en augmentant le budget du Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac). Cette somme sera composée de 1,1 milliard d'euros de l’Etat et de 400 millions d'euros de fonds européens, a déclaré la Ministre des transports, Elisabeth Borne, en précisant le calendrier : « Dès 2020, nous passerons de 135 millions d'euros de soutien à la R&D initialement prévus à 300 millions, puis à 600 millions en 2021 et en 2022, en faveur des technologies de rupture vers l’avion zéro carbone. »

Baisse de consommation, électrification et neutralité carbone

Selon Bruno Le Maire, ces aides doivent permettre de développer en France des technologies de réduction de la consommation de carburant, des technologies d’électrification des appareils, et des expérimentations d’avions neutres en carbone. Elles « permettront également de garantir l’emploi des ingénieurs hautement qualifiés », a ajouté le Ministre de l’économie.

La ministre des Transports a précisé que le but était de préparer le successeur de l’A320, en développant « pour le début de la décennie 2030 » un court et moyen-courrier « ultra-sobre » en consommation de carburant, avec « un objectif de -30 % de consommation ». Le plan envisage un passage à l’hydrogène d’ici 2035, avec un premier démonstrateur entre 2026 et 2028. « C’est une accélération de 10 ans par rapport aux objectifs initiaux de la filière qui étaient fixés à 2045 », a-t-elle ajouté. Enfin, l’entrée en service d’un nouvel appareil régional hybride est espérée en 2030, avec un démonstrateur en 2028.

La propulsion hybride-électrique déjà en développement

La propulsion hybride-électrique pour l’aviation est au cœur du projet Imothep, lancé le 20 janvier dernier pour quatre ans. Avec l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (Onéra) en guise de chef d’orchestre et 32 partenaires européens, il a pour but d’évaluer son potentiel et d’établir une feuille de route pour son développement.

Le projet Imothep vise l’étape d’après par rapport aux petits avions hybrides-électriques en cours de développement, comme Ecopulse annoncé par Daher, Safran et Airbus au salon du Bourget en juin 2019. Destiné à accueillir six personnes – quatre passagers et deux pilotes - le premier appareil devrait effectuer un premier vol avant l’été 2022.

Au Salon du Bourget 2019, sept grands noms de l’aéronautique - Airbus, Boeing, Dassault Aviation, GE Aviation, Rolls Royce, Safran, et United Technologies – avait également réaffirmé leur engagement pour atteindre l’objectif du secteur en matière d’empreinte carbone : « Réduire, d’ici à 2050, les émissions de CO2 de moitié par rapport au niveau de 2005, tout en limitant la hausse des émissions nettes de CO2 d’ici à 2020. » Pour y parvenir, trois pistes sont avancées : l’amélioration de l’existant, les biocarburants, et l’électrification.

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