Nous suivre Industrie Techno

Picasso cède à la douceur de la climatisation

Picasso cède à la douceur de la climatisation

Préserver les œuvres tout en respectant un bâtiment du XVIIIe siècle.

© JF Prevéraud

La conversation des œuvres d’un très grand artiste tel Picasso demande de respecter les conditions de température et d’hygrométrie précises pour les préserver d’un vieillissement accéléré. La récente rénovation du Musée national Picasso est un exemple de ce qui se fait de mieux en la matière, avec en plus les contraintes liées à l’installation dans un bâtiment du XVIIIe siècle.

Le Musée national Picasso, installé depuis 1985 dans l’Hôtel Salé situé dans le Marais à Paris, a rouvert ses portes au public le 25 octobre dernier après plusieurs années de rénovation. Le bâtiment, qui date du XVIIIe siècle, a été entièrement remis aux normes, notamment en termes de sécurité, de conditions de conservation des collections et d’accueil des personnes handicapées. Le projet de restauration, modernisation et restructuration architecturale a été confié aux architectes Jean-François Bodin (Bodin & Associés) et Stéphane Thouin, architecte en chef des Monuments Historiques.

Le musée possède actuellement 5 000 œuvres et 200 000 pièces d'archives. Il reçoit quelques 500 000 visiteurs par an. La rénovation a inclus une transformation totale de l’espace d’exposition et de l’offre culturelle du musée. La surface dédiée au public a presque triplé, pour atteindre 6 300 m².

Dans le cadre de cette rénovation complète du Musée national Picasso, il a été décidé d’assurer la gestion et le traitement de l’air du bâtiment, afin de garantir la pureté de l’air, ainsi que la constance de l’hygrométrie et de la température, pour préserver au mieux les œuvres en ralentissant leur vieillissement.

De la cave aux greniers

C’est le bureau d’études Egis qui a assuré la conception et de suivi de réalisation des structures et des lots techniques de cette rénovation. La société SNEF Clim, filiale du groupe SNEF, était en charge de deux lots du chantier, la partie chauffage et ventilation, ainsi que la partie plomberie. Le groupe CIAT a été choisi pour équiper le bâtiment avec l’ensemble des équipements de traitement de l’air. « Nous sommes habitués à travailler avec le groupe CIAT. Ils ont une offre globale, depuis la production de froid jusqu’aux unités de confort, particulièrement adaptée à des projets complexes », souligne M. Fazzutti, responsable des travaux chez SNEF Clim.

Une vingtaine d’équipements CIAT ont été installés dans le musée : 2 groupes de production d’eau glacée Dynaciat Power version Low Noise de 490 kW ; 12 centrales de traitement d’air Airtech et Air Compact avec un débit d’air de 10 000 à 20 000 m3/h ; 2 aéro-réfrigérants extérieurs Opéra ; des armoires de traitement d’air Expair, et une dizaine d’unités de confort Major Line.

Du sur-mesure pour passer par les portes

La première difficulté technique de l’installation a été de respecter les contraintes d’encombrement du bâtiment. « A ce niveau, CIAT a su faire la différence. Leurs ingénieurs ont travaillé avec nous pour configurer des solutions de groupes de froid et de centrales de traitement d’air les plus compacts possibles. A partir de l’offre standard de la société, ils nous ont créé les produits les mieux adaptés, en choisissant les composants optimums. Les groupes ont, par exemple, pu être dimensionnés pour passer dans les portes et les monte-charges. Ils sont installés en sous-sol, et font moins de 2 m de haut et 1 m de large, ce qui est une performance pour ces gammes de puissance proches de 500 kW ». Les centrales de traitement d’air sont, quant à elles, dans des combles techniques du bâtiment, où elles ont dû s’adapter à l’enchevêtrement des poutres en chêne de la charpente séculaire. Tous leurs composants ont également été choisis pour optimiser leur compacité.

Garantir température et hygrométrie

La deuxième difficulté d’une telle installation réside dans les conditions de température et d’hygrométrie à respecter. Pour assurer la bonne conservation des œuvres, un musée doit maintenir les conditions d’ambiance, notamment la température et l’hygrométrie à des niveaux très précis. Dans le cas du Musée national Picasso, le cahier des charges stipulait, en été, une température de 24°C et 50 % d’hygrométrie, et 20°C et 50 % en hiver, avec une tolérance de seulement 3 %. Et ce quel que soit le nombre de visiteurs !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.museepicassoparis.fr & http://www.ciat.fr


Petite promenade en images dans les coulisses du Musée national Picasso

 

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Notre-Dame, Sido, Stratolaunch… les meilleures innovations de la semaine

Notre-Dame, Sido, Stratolaunch… les meilleures innovations de la semaine

Quelles sont les innovations qui vous ont le plus marqués au cours des sept derniers jours ? Cette semaine, vous avez apprécié[…]

Quelles techniques pour reconstruire la « forêt » de la cathédrale Notre-Dame ?

Quelles techniques pour reconstruire la « forêt » de la cathédrale Notre-Dame ?

[Crazy Labs] Au Louvre, un accélérateur dédié à la préservation du patrimoine

[Crazy Labs] Au Louvre, un accélérateur dédié à la préservation du patrimoine

Pile à combustible pour avion, robots explorateurs de ScanPyramids, voiture volante d’Airbus… les meilleures innovations de la semaine

Pile à combustible pour avion, robots explorateurs de ScanPyramids, voiture volante d’Airbus… les meilleures innovations de la semaine

Plus d'articles