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Peugeot Sport torture ses amortisseurs

Youssef Belgnaoui

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- Son banc de test vérifie le comportement des amortisseurs de la 307 WRC dans des conditions extrêmes.

Peugeot Sport s'est fixé un objectif ambitieux. Engagé dans le championnat du monde des rallyes avec la 307 WRC, il vise cette année le titre après avoir terminé la précédente saison au pied du podium. Après trois courses, son pilote Markko Märtin pointe déjà à la seconde place du classement. La quête du titre de champion sera certainement pleine de surprises et de rebondissements. Rebondissements intempestifs que doivent absorber les amortisseurs pour que la 307 WRC conserve son adhérence sur toutes les pistes.

Gagner dépend aussi de l'amortisseur

Pour mieux comprendre le comportement des amortisseurs en course Peugeot Sport a investi dans un banc d'essai spécifique. « Un amortisseur peut faire gagner quelques dixièmes de seconde au kilomètre. S'il est adapté au style de conduite du pilote, celui-ci peut gagner la course. Sinon, il peut arriver cinquième », explique Jean Camier, responsable du service organes et productions WRC chez Peugeot Sport.

Les bancs d'essais dont dispose le groupe, à Sochaux (Doubs), sont utilisés pour le test des amortisseurs des véhicules de série. Rien à voir avec les conditions difficiles que rencontre la voiture sur les pistes du championnat du monde des rallyes qui se court sur de la terre, de l'asphalte dur, des pierres, etc. Ils ne permettent pas de vérifier le comportement de la tige d'amortissement à haute vitesse. « Nous étions donc amenés à réaliser des tests grandeur nature sur des terrains très cassants dans le sud de la France ou en Grèce pour retrouver les conditions rencontrées en course », indique Jean Camier. La solution n'est pas idéale. Les déplacements pour des essais sur le terrain sont longs et coûteux sans pour autant offrir l'assurance de trouver sur place les conditions d'essais attendues. De plus, sur piste, quel que soit le talent du pilote, impossible de reproduire les mêmes chocs.

Créer des conditions proches du réel

Peugeot Sport a donc opté pour la construction d'un banc d'essai d'amortisseurs qui reproduit l'inertie de l'automobile et l'absorption des pneumatiques tout en s'affranchissant du style de conduite du pilote. Sa réalisation a été confiée à Sereme qui a conçu un puits de chute de 8 m de hauteur duquel un chariot lesté d'une masse de 200 à 500 kg est lâché. « L'amortisseur, monté sur la roue et son pneumatique, est embarqué sous le chariot de chute. C'est ce qui fait la spécificité de ce banc qui tient compte de la cinématique du véhicule. On se rapproche ainsi au mieux de la configuration d'utilisation des amortisseurs », précise Patrick Dugast de Sereme.

Les efforts à l'impact sont mesurés au sol par trois capteurs de force et par un autre au point d'ancrage de l'amortisseur sur le chariot. Il s'agit de capteurs à jauges de contrainte, conçus par le français FGP Sensors & Instrumentation. « C'est la première fois que cette technologie est utilisée pour un puits de chute. Les capteurs piézo-électriques leur étaient jusqu'à présent préférés pour leur raideur alors que les deux technologies présentent des caractéristiques similaires », assure Luc Migeon de FGP Sensors & Instrumentation.

Pendant l'essai, l'amortisseur est instrumenté. Les valeurs mesurées par différents capteurs sont enregistrées sur le boîtier d'acquisition d'une dizaine de centimètres cubes, identique à celui embarqué dans le véhicule pendant la course. Le dépouillement des informations est ensuite réalisé par le bureau d'études.

« Grâce à ce banc, nous pouvons apporter d'éventuelles modifications à l'amortisseur pendant la campagne d'essais. Cela permet de réaliser moins d'essais sur piste et de mieux les préparer. Lors de la phase finale de test sur route, nous arrivons avec une gamme d'amortisseurs à finaliser avec le pilote », conclut Jean Camier.

EN BREF

L'objectif - Reproduire les chocs exercés sur les amortisseurs dans les conditions de course. La solution - Un puits de chute de 8 m de hauteur réalisé par Sereme avec FGP Sensors & Instrumentation. - L'amortisseur sous test subit une accélération de 10 g et un effort de 5 t à une vitesse de 10 m/s.

HUIT MÈTRES DE CHUTE !

- Pour reproduire les chocs subis en course, l'amortisseur est hissé dans le puits de chute sous un chariot lesté avant d'être lâché d'une hauteur atteignant 8 mètres. Ce banc d'essai se rapproche de la configuration réelle en embarquant l'amortisseur monté sur sa roue sous le chariot de chute.

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