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La semaine de Jean-François Prevéraud

PC2M rend le travail collaboratif encore plus accessible aux PME

Industrie et  Technologies
Le comité mécanique Ile-de-France a initialisé une action pour aider les PME à se lancer dans l'utilisation d'une plate-forme de travail collaboratif. Rencontre avec Dominique Humblot qui est chargé de projet au Cetim.



« Dans le cadre des grandes actions nationales telle Acamas, le Comité Mécanique IDF a constaté que nombre de PME mécaniciennes tardaient à utiliser efficacement les TIC pour développer ou faciliter leurs travaux. Moins de 10 % sont utilisatrices, même si plus de 60 % déclarent être intéressées selon une étude annuelle du Cetim. Un constat inquiétant alors qu'elles doivent souvent faire face à une mondialisation de leurs activités, à la réduction des panels des donneurs d'ordres et à la montée rapide du co-développement des projets », constate Dominique Humblot, chef de projet au Cetim (Centre Technique des Industries Mécaniques), pour l'action collective PC2M Ile-de-France.

Le Comité Mécanique IDF, avec l'aide de l'Etat et de la Région Ile-de-France, a donc décidé d'inciter financièrement ces PME à se lancer dans l'utilisation d'une plate-forme de travail collaboratif, compatible avec les principales applications de CAO, de gestion de projet et de bureautique, pour suivre leurs travaux. C'est l'objet de l'action collective PC2M Ile-de-France, qui a débuté en septembre 2008 pour une durée de 30 mois avec un budget de 255 k€.

Outre le fait d'être des PME (250 personnes maxi, CA<50 M€), les candidats doivent présenter un réel projet de travail collaboratif entre plusieurs de leurs entités distantes ou avec des donneurs d'ordres ou des sous-traitants. Ce projet pilote doit être lié au développement de produits nouveaux et la direction générale de l'entreprise doit s'engager à mettre à disposition des ressources spécifiques, avec au minimum un chef de projet. De plus, les PME doivent présenter à mi-parcours et en fin d'action un bilan quantitatif et qualitatif de l'action. « La partie qualitative s'attache à montrer les changements d'organisation ainsi que de relations entre les partenaires, alors que la partie quantitative se base sur des critères définis au coup par coup en fonction du projet : réduction des frais de déplacement ; gains sur les délais, sur la qualité... ».

A la recherche de candidats

L'action se déroule en trois vagues visant à épauler 5 à 7 entreprises à chaque fois. « La première vient de se terminer, les participants de la deuxième sont en cours de formation et nous sommes en phase de recrutement de candidats pour la troisième qui sera lancée à la rentrée », précise Dominique Humblot.

A partir des dossiers de candidatures, le Comité Mécanique IDF sélectionne les participants en fonction de la qualité de leurs projets. L'action proposée porte essentiellement sur l'accompagnement des entreprises et de leurs partenaires pour l'amélioration de leurs méthodes de travail en réseau, quel que soit le système informatique utilisé.

Cet accompagnement peut se faire de deux manières :

 

  • ? si l'entreprise dispose déjà d'une plate-forme collaborative, il se fera avec les outils en place dans l'entreprise ;
  • ? si l'entreprise ne dispose pas de tels outils, l'action collective mettra à disposition les moyens techniques nécessaires pour l'apprentissage de ces méthodes de travail. Une simple connexion Internet suffira alors à l'entreprise et à ses partenaires pour utiliser un logiciel de travail collaboratif. De fait, il s'agit de la plate-forme de Pi3C, basée sur Windchill ProjectLink, dont les coûts sont réduits, grâce à la mutualisation entreprise par le Cetim.


Après un audit de trois jours destiné à analyser les besoins réels de l'entreprise et à définir des indicateurs d'évolution, une formation collective générale d'une journée, puis une formation spécifique à leurs besoins d'une autre journée, sont proposées à chacune des PME retenues. Des spécialistes de Pi3C et du Cetim accompagnent ensuite durant six mois les PME dans la mise en place et l'utilisation de la plate-forme collaborative.

« Il s'agit réellement d'aider les PME de la mécanique à changer de culture et à s'approprier les méthodologies du travail collaboratif, en leur apportant un support pragmatique et en leur prouvant des gains de performances chiffrables rapidement », constate Dominique Humblot.

Et cette ouverture au travail collaboratif pour les PME devient urgente. « La RATP vient dans un récent appel d'offre, portant sur des prestations d'ingénierie des transports, de spécifier de manière formelle que cette fourniture devra se faire via des outils de travail collaboratif. Une première ! ».

Parmi les premières entreprises ayant bénéficié de PC2M Ile-de-France citons les sous-traitants mécaniques Le Piston Français ou STAE, le fabricant de composants hydrauliques et pneumatiques Etna Industries, le bureau d'études IMP2 CAO, ainsi que le prestataire de calcul Medysys. « Toutes ces entreprises ont "formé" leurs donneurs d'ordres à l'utilisation de la plate-forme collaborative. Elles ont ainsi pu souvent prouver leur dynamisme et conforter leur position chez leurs donneurs d'ordres »

Le coût pour l'entreprise

Le coût global de l'opération PC2M Ile-de-France se monte à 255 k€, qui est financé à hauteur de 65 % par la DRIRE et le Conseil Régional Ile de France ; 19 % par le Cetim qui assure aussi la gestion et l'organisation de l'opération. Les 16 % restants sont financés par les entreprises qui bénéficient de l'action, soit 2 100 € par entreprise.

Cette opération limitée à l'Ile-de-France pourrait maintenant s'étendre à d'autres régions. « Plusieurs études de faisabilité sont en cours, mais il faut à chaque fois retrouver de nouveaux partenaires locaux acceptant d'apporter des financements », confie Dominique Humblot.

Une autre piste de développement de cette action pourrait être de l'étendre à la gestion des données techniques, voire à du "PLM on Demand", mais on rentre là dans des technologies beaucoup plus structurantes et invasives, à la fois pour les donneurs d'ordres et leurs partenaires.

Elles devront être le fait de branches professionnelles tel le projet de Supply Chain Management Seine dans le domaine aéronautique. Notons d'ailleurs que celui-ci, qui s'est terminé fin 2008, devrait maintenant se fondre dans un European Aerospace Digital Hub, traitant à la fois de SCM, de PLM, de CRM, de sécurité... véritable pendant européen du projet américain Exostar. Mais il s'agit là d'une autre histoire.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : Une présentation de l'action collective PC2M Ile-de-France aura lieu le 18 juin à la CCIV de Pontoise (78). Pour vous inscrire, cliquez ici.

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 27 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

 

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